Retour à Sclessin, il y a dix jours, lors de Standard-Courtrai. Banderoles envers la direction et communiqué en huit points, soulignant du doigt le travail de Dominique D'Onofrio, le manque d'ambition de la direction, le manque de respect vis-à-vis des supporters avec des entraînements à huis clos et des déclarations jugées dénigrantes de Pierre François et de Sergio Conceiçao, la façon dont le club traite ses joueurs, le discours ambigu de la direction, les transferts, le comportement sur le terrain des joueurs mais également le manque d'objectivité de la presse.
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Retour à Sclessin, il y a dix jours, lors de Standard-Courtrai. Banderoles envers la direction et communiqué en huit points, soulignant du doigt le travail de Dominique D'Onofrio, le manque d'ambition de la direction, le manque de respect vis-à-vis des supporters avec des entraînements à huis clos et des déclarations jugées dénigrantes de Pierre François et de Sergio Conceiçao, la façon dont le club traite ses joueurs, le discours ambigu de la direction, les transferts, le comportement sur le terrain des joueurs mais également le manque d'objectivité de la presse. Ce qui aurait pu se limiter à un mouvement de contestation a tourné à un affrontement entre les supporters et la direction qui a immédiatement répliqué par un communiqué qui sentait la colère : " Personne n'admet ce climat détestable, installé après quatre journées de championnat, par quelques agitateurs. (...) Hier, le mot ensemble avait, semble-t-il, perdu de son sens pour quelques individus dont l'action nous semble totalement injuste. Notre équipe a besoin d'encouragements, pas de revendications déplacées. Croire que dépenser des millions arrangera les choses démontre bien une méconnaissance du football. Le Standard de Liège est un club sain financièrement. Il entend le rester. Notre club vient d'ailleurs d'être félicité par les dirigeants du Real Madrid pour la gestion de son budget et de ses finances. "Derrière le fait cocasse que le Standard est félicité pour sa gestion par un club aux dettes abyssales (c'est un peu comme si la Libye félicitait la Norvège pour sa gestion des droits de l'homme), le communiqué met l'accent sur la disponibilité et l'allégeance des supporters envers leur club. " Ils ont une idée basique des supporters ", explique Max, responsable des Ultras. " Ils le prennent au sens propre : quelqu'un qui doit supporter et tout accepter. C'est un peu caricaturer le supporter qui est limité et qui n'est pas capable de réfléchir par lui-même. Or, j'estime qu'il a le droit et le devoir de le faire. Le club arrive à ce que tout le monde se taise, notamment les médias en les menaçant de boycott. Du coup, certains journaux hésitent à relayer nos messages ou le font en se positionnant clairement du côté de la direction et en discréditant nos actions. Même si on n'a pas mis des millions de notre poche, on estime qu'on est un peu actionnaire du club. Ne fût-ce que par l'argent qu'on y dépense toute l'année ! " Le communiqué du Standard et la réaction d'après-match de Dominique D'Onofrio qui relevait que les supporters étaient bien contents d'avoir pu compter sur quelqu'un qui avait dépensé 20 millions d'euros pour reprendre le club, n'ont mis que de l'huile sur le feu. " L'argument de Dominique D'Onofrio est un peu facile et simpliste ", continue Max. " Tout le monde est d'accord sur ce point-là. Il se trompe de problème. La question n'est pas là. De plus, il sort complètement de son rôle puisqu'il est l'entraîneur de l'équipe. Nous n'avons jamais remis en question le fait qu'ils avaient sauvé le club et qu'ils l'avaient amené au sommet. Mais alors qu'on avait une longueur d'avance, il y a eu une cassure qui relève de mauvais choix et d'une gestion inappropriée durant deux ans. Tout d'un coup, on nous parle de reconstruction et on ne comprend pas. On revient toujours avec ce mot et on ne nous explique pas pourquoi il faut reconstruire. "" Que ce soit clair, nous ne sommes pas des anti- Lucien D'Onofrio ", dit un responsable du Hell Side. " On demande simplement une transparence vis-à-vis de supporters qui dépensent beaucoup de pognon. On comprend qu'ils doivent vendre un joueur ou l'autre pour survivre. Quand un club offre 20 millions d'euros pour Marouane Fellaini, c'est normal de le laisser partir mais à un moment, il faut réinvestir. Quand pour se défendre, ils évoquent le payement par traites, on se dit que cela va dans les deux sens. Si les clubs payent le Standard en plusieurs tranches, le Standard peut agir de la même façon. Or, depuis deux ans, on ne prend que des joueurs à bas prix. " Les arrivées de trois attaquants lors du dernier jour du mercato n'ont pas calmé les esprits. " Cela répond à un point de nos revendications mais on attend de voir si ces transferts étaient judicieux ", explique un membre du RSCL Fans. " Cependant, je ne pense pas que c'est de la poudre aux yeux lancée à la tête des supporters pour les calmer ", tempère Max. " J'ose espérer que ces transferts étaient réfléchis. Je le pense puisque les dirigeants planchaient sur le dossier Mémé Tchitéavant le match de Courtrai. " Le courroux des supporters n'est donc pas un mouvement de colère unique. Il dure. " C'est petit qu'ils se servent des joueurs pour contre-attaquer dans leur communiqué ", ajoute le membre du Hell Side. " Mais cela montre que la publicité faite autour du mouvement d'humeur des supporters leur déplait fortement et cela prouve qu'ils ont été surpris et choqués par nos actions, par le fait que leurs propres supporters osent les critiquer. " Ce mouvement est appelé à durer car contrairement à ce que la direction prétend, il n'est pas l'apanage d'une minorité. " Tout le monde est à 200 % derrière nos revendications. Même si c'est une minorité qui ose l'ouvrir, elle reflète ce que la majorité pense ". Le fait que les plus grands groupes de supporters ( Ultra Infernos, Hell Side, PHK, RSCL Fans) soient associés à ce mouvement le démontre. Les actions, différentes et sans doute moins spectaculaires, vont donc se poursuivre contre le Cercle Bruges. Pour calmer la colère des fans, le dialogue devra être renoué entre la direction et ses supporters. Une première approche a eu lieu et les deux parties devraient, prochainement, se retrouver autour de la table. Preuve que le Standard prend les revendications des supporters au sérieux. Pourtant, un total apaisement ne sera possible que si le club enchaîne les victoires. En effet, l'entraîneur reste au centre de toutes les critiques. " Je pense qu'il ne s'agit pas de la bonne personne pour le poste ", argumente Max. " On parle de reconstruction mais on garde celui qui n'a pas eu des résultats transcendants la saison dernière. "" Il n'est accepté de personne ", renchérit le responsable du Hell Side. " Et tant qu'il sera en place, je crains que cela ne s'apaise pas. Dès la première défaite, les sifflets vont repartir. " Reste que le supporter a pu s'exprimer. Pourra-t-il encore le faire ? " C'est vrai qu'il fut un temps pas si lointain où ce genre de banderoles n'aurait pas pu rentrer ", reconnaît Max. " Mais il a fallu lutter et démontrer que cela ne servait pas le Standard qu'on dise qu'il y a censure dans son stade. Cela a porté ses fruits puisque depuis trois ans, les banderoles sont admises mais quand j'entends que notre droit d'expression a été bafoué par les débordements de certains, je me demande si ce n'est pas une manière de justifier une prochaine suppression des banderoles... "par stéphane vande velde - photos: belga"Alors qu'on avait une longueur d'avance, il y a eu une cassure qui relève de mauvais choix et d'une gestion inappropriée durant deux ans."