Dans le Hainaut, les gardiens français ont la cote. Deux d'entre eux se rencontreront samedi prochain au stade du Pays de Charleroi : Bertrand Laquait (28 ans), au Sporting depuis deux ans et demi, et Patrice Luzi (25 ans), qui vient de débarquer à Mouscron. En avant-première, ils ont fait connaissance la semaine dernière, sur terrain neutre à Mons : le fief de Cédric Berthelin, un autre gardien d'outre-Quiévrain qui a marqué le championnat de Belgique de son empreinte.
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Dans le Hainaut, les gardiens français ont la cote. Deux d'entre eux se rencontreront samedi prochain au stade du Pays de Charleroi : Bertrand Laquait (28 ans), au Sporting depuis deux ans et demi, et Patrice Luzi (25 ans), qui vient de débarquer à Mouscron. En avant-première, ils ont fait connaissance la semaine dernière, sur terrain neutre à Mons : le fief de Cédric Berthelin, un autre gardien d'outre-Quiévrain qui a marqué le championnat de Belgique de son empreinte. Laquait : Effectivement, nous ne nous étions jamais rencontrés. Je connaissais seulement Patrice de nom. Je savais qu'il était un gardien français qui avait tenté sa chance à Liverpool ; c'était à peu près tout. Luzi : Je connais un peu mieux Bertrand que lui ne me connaissait. Je savais qu'il s'était illustré dans le championnat de Belgique et qu'il jouissait d'une très bonne réputation ici. C'est d'ailleurs ce qui m'a incité à signer pour Mouscron. J'ai pris conscience que la Ligue belge pouvait offrir une belle vitrine, à condition de prester. Luzi : Rebondir n'est pas le mot qui convient. Démarrer, plutôt. Car je n'ai jamais vraiment joué. Luzi : J'ai commencé à Bruges, dans l'antre du champion de Belgique. Ce fut un match difficile. J'ai apprécié l'ambiance qui régnait dans le stade, une ambiance assez proche de celle qui règne dans les stades anglais. Sur le terrain, il y avait de l'engagement aussi mais, malgré tout, c'était une autre mentalité : cela jouait plus au ballon. Tout le monde m'a dit que j'avais livré une bonne prestation, mais au bout du compte, on a perdu 2-0. Je ne peux donc pas m'estimer satisfait. Laquait : Le rôle du gardien est le même qu'ailleurs : il faut essayer de ne pas encaisser de but, point à la ligne. Le championnat de France est sans doute plus médiatisé, mieux reconnu au niveau international. Mais des joueurs de qualité, il y en a partout. Y compris en Belgique. Des attaquants comme Bosko Balaban, Rune Lange ou Nenad Jestrovic ne dépareraient ni en France, ni en Angleterre. Les joueurs qui ont quitté la Belgique pour l'Hexagone, comme Aruna Dindane ou N'Dri Koffi Romaric, se débrouillent d'ailleurs très bien. Laquait : C'est une question qu'il faudrait poser aux dirigeants. Peut-être apportons-nous ce que les clubs recherchent, tout simplement. Ce qui nous intéresse à nous, c'est surtout le fait de jouer en D1. Personnellement, je préfère la D1 belge à la D2 française. Et je ne suis pas le seul à partager cet avis. On voit même débarquer des joueurs du calibre de Tony Vairelles, un ancien international. Luzi : Le championnat de Belgique a beaucoup progressé ces dernières années. Les échos qui me sont parvenus étaient tous très élogieux. Les personnes que j'ai consultées, avant de signer, m'ont toutes affirmé qu'opter pour la Ligue belge était un très bon choix. Et les premières semaines passées ici m'ont conforté dans cette idée. Dès les premiers entraînements à Mouscron, je me suis rendu compte que j'avais débarqué dans un très bon club : le niveau est élevé, il y a de bons jeunes et un bon centre de formation. Laquait : Ils ont surtout une meilleure opinion du championnat de Belgique que les Belges eux-mêmes. Ce perpétuel complexe d'infériorité, c'est ce qui m'a le plus frappé depuis que je joue en Belgique. La saison dernière n'a peut-être pas été brillante pour les clubs belges sur le front européen, mais je tire mon chapeau devant ce qu'ont réalisé Anderlecht et Bruges il y a deux ans. Il n'y a que les Belges eux-mêmes qui pensent que leur football ne vaut rien. Laquait : Au travail des joueurs, surtout. Le métier, je l'ai appris... en laissant passer des ballons et en tirant les leçons de mes erreurs. En regardant les grands gardiens de l'époque, aussi. Luzi : Le travail effectué dans les centres de formation a également porté ses fruits, c'est clair. Personnellement, j'ai commencé à 17 ans. C'est tard, selon les normes actuelles. J'ai travaillé pendant quatre ans sous la direction de Jean-Luc Ettori. Fabien Barthez m'a aussi servi de guide. Cela paie. Pourquoi ai-je choisi de devenir gardien de but ? Ce poste correspondait à ma personnalité, je pense. Je suis un solitaire, et en même temps, j'ai un tempérament de battant. Je peux me réaliser entre les perches. J'adore avoir de l'influence sur le jeu, être décisif. Réussir un bel arrêt ou une belle relance procure aussi une certaine jouissance. Mais la plénitude, c'est de garder ses filets inviolés pendant 90 minutes. Laquait : On prétend que les gardiens belges sont un peu dans le creux de la vague, mais peut-être ne leur fait-on pas assez confiance, tout simplement. Tout comme, à nous, on ne nous a pas fait confiance en France. Lorsque j'étais sur le marché, Saint-Etienne a préféré un gardien russe et Strasbourg a engagé José Luis Chilavert, qui a joué sept matches en tout et pour tout. Il n'y a pas qu'en Belgique qu'on croit parfois que tout est meilleur ailleurs. Luzi : Je n'ai jamais vraiment reçu ma chance en France. J'ai signé mon premier contrat professionnel à Monaco, où la concurrence est très rude. Devant moi, il y a eu successivement Fabien Barthez, Stéphane Porato et Toni Silva, qui défend aujourd'hui les buts de Lille. Lorsque Liverpool s'est présenté, j'ai choisi de m'expatrier. Et aujourd'hui, me voici en Belgique. Luzi : Je ne sais pas s'il existe réellement un style français. Chacun est différent, c'est vrai davantage encore pour les gardiens que pour les joueurs de champ. Laquait : Le style de jeu reflète la personnalité du joueur. Celui qui est extravagant dans la vie le sera aussi sur le terrain. Celui qui est sobre à l'extérieur du stade le sera également en captant des ballons. Cela découle de l'éducation qu'on a reçue de ses parents, des événements que l'on a vécus et qui ont façonné la personnalité. Je partage l'avis de Patrice : il n'y a pas véritablement un style français pour les gardiens. Mickaël Landreau n'est pas Fabien Barthez. Il n'y a probablement qu'à Auxerre qu'on essaie d'imprimer le même style à chaque gardien. La façon de plonger est la même chez Lionel Charbonnier que chez Bruno Martini. C'est le seul club où, si l'on coupe la tête au gardien, on ne sait pas qui est dans le but. Ailleurs, le gardien est reconnaissable au premier coup d'£il. Chaque gardien est caractéristique. Laquait : Je ne l'ai encore vu que sur quelques actions à la télé. A première vue, il m'a l'air fort tonique. Luzi : Au fait qu'il est le meilleur gardien de Belgique. Laquait : Sans doute, oui. Cette stabilité de l'effectif résulte d'une volonté de la direction de refaire confiance à des joueurs et à un entraîneur qui ont conquis une cinquième place la saison dernière et qui avaient maintenu l'équipe en D1 lors des trois derniers matches de la saison précédente. On s'est efforcés de continuer dans cette voie et d'améliorer ce qui pouvait encore l'être. On a gardé le même style : on est solide derrière, on se montre patient devant et on saisit sa chance lorsqu'elle se présente. Les automatismes, cela se travaille lors de chaque entraînement. Mais, lorsqu'on parle de saison de la confirmation, je trouve que c'est un cliché dont on abuse un peu. Un joueur doit confirmer à chacune de ses apparitions. La saison dernière, l'équipe devait confirmer après chaque victoire. Au début, on affirmait qu'on gagnait grâce à la chance. Après 33 journées, on a fini par avoir peur de nous. Luzi : Il y a eu, effectivement, beaucoup de changements durant l'intersaison, et cela complique la tâche de tout le monde : du gardien, mais aussi des joueurs de champ. On travaille tous les jours pour acquérir des automatismes. Et je trouve qu'on progresse. L'évolution est même perceptible au cours d'un même match. A Bruges, on était déjà meilleurs en deuxième mi-temps qu'en première. Certains diront que c'était parce que Bruges avait levé le pied, mais on a aussi commis moins d'erreurs. On a beaucoup discuté dans le vestiaire à la mi-temps, et on a essayé de corriger les imperfections qui avaient été décelées. Combien de temps faudra-t-il pour que tout se mette en place ? Le moins possible, je l'espère. Je suis confiant. Je crois qu'on va réaliser une belle saison, car il y a de la qualité dans le groupe. C'est vrai qu'actuellement, il faut faire attention à ce qui se passe à droite, à ce qui se passe à gauche. Rien ne va de soi. Je dois beaucoup parler, plus que d'habitude, afin de donner des directives. Cela fait partie de mon rôle de diriger. J'ai tout le jeu devant moi, je vois donc tout ce qui se passe. Daniel Devos" Il n'y a pas un style caractéristique des gardiens français : SEULS CEUX D'AUXERRE SONT coulés dans le même moule " (Bertrand Laquait)" Je ne viens PAS en Belgique POUR REBONDIR, mais pour DéMARRER " (Patrice Luzi)