Par Bruno Govers
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Par Bruno GoversL'espace de 11 ans, entre 1990 et 2001, Peter Maes a fait partie de l'élite de notre football. Mais sans compter, toutefois, parmi ses valeurs sûres. Durant ce laps de temps, en effet, il n'aura disputé qu'une toute petite centaine de rencontres à peine, la plupart d'ailleurs de façon très fragmentaire. Car en sa qualité de gardien, il fit surtout office de substitut pour les plus grands : Filip De Wilde à Anderlecht et Gilbert Bodart au Standard. Ce n'est qu'à Beveren qu'il fut un titulaire indiscutable, disputant lors de sa seule saison au Freethiel l'intégralité des 34 matches de la saison. Formé à Lutlommel, dans le fin fond du Limbourg, il avait 16 ans à peine lorsqu'il fut appelé à préserver les filets de ce modeste club de P3. Un statut qui lui valut d'être appelé en sélection nationale des jeunes où, déjà, il dut s'effacer face à plus fort que lui. Son rival s'appelait alors PatrickRondags, coming-man au SK Tongres. Il allait d'ailleurs s'illustrer par la suite, au plus haut biveau, au Lierse, au FC Malines et à Westerlo. Maes, de son côté, mit le cap sur Lommel où il devait rester huit ans, dont deux passées dans l'antichambre de l'élite. C'est là qu'il fut remarqué par le Racing Malines qui l'embrigada à la fin des années 80. Bizarrement, il n'allait toutefois jamais défendre les couleurs des Rats. Lors d'un match amical d'avant-saison face aux voisins du Kavé, il fut effectivement victime d'une collision frontale avec Philippe Albert, nouveau venu également, mais chez les Sang et Or. Verdict : une fracture du péroné qui nécessita la pose de neuf vis. Le solide keeper était toujours en revalidation lorsque, contre toute attente, le RSCA vint frapper à sa porte en 1990. La cohabitation n'y avait guère été heureuse entre le titulaire, Filip De Wilde et l'ambitieux Ranko Stojic. Du coup, les Anderlechtois étaient en quête d'un portier fiable, mais surtout animé d'un bon esprit, pour faire office de doublure. Et, dans cette optique, ils tapèrent réellement dans le mille car Maes se révéla un maître choix. " J'ai connu pas mal de concurrents en 23 ans de carrière " observe De Wilde. " Mais c'est avec Peter que j'ai eu le plus d'atomes crochus. Depuis le premier jour, la complicité fut totale. Il s'est toujours montré loyal, même s'il n'a guère eu l'occasion de s'illustrer à cause de moi. Le jour où, devenu entraîneur au Verbroedering Geel, il s'est trouvé confronté à un problème de gardien, je n'ai pas hésité un seul instant à me porter à son secours pour une ultime pige, après mon passage à Lokeren en 2003-04. C'était la moindre des choses après tout ce qu'il avait fait pour moi ". Hormis une courte parenthèse à Beveren, où il fut enfin le numéro 1 l'espace d'une saison, Maes retrouva le banc chez les Rouches, puis au Germinal Beerschot, où Jan Moons se dressa une toute dernière fois sur sa route. Depuis, il est toujours abonné au dug-out. Mais dans le rôle de coach.