P hilippe Dehaes aura quitté le tournoi de Wimbledon qui vient de s'achever sur un sentiment mitigé. D'une part, son nouveau poulain Xavier Malisse est en amélioration constante. On l'a encore vu dans la banlieue londonienne avec trois victoires de très haute facture. De l'autre, l'entraîneur brabançon regrettera comme tout le monde l'abandon du leader belge au stade des huitièmes de finale. Touché au dos, Malisse fut contraint de jeter l'éponge face au jeune Croate Mario Ancic. Il s'agit d'une blessure qu'il traîne de manière visible depuis le dernier Roland Garros mais en réalité, il fut depuis son adolescence puisqu'il fut victime d'une hernie à l'âge de 14 ans.
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P hilippe Dehaes aura quitté le tournoi de Wimbledon qui vient de s'achever sur un sentiment mitigé. D'une part, son nouveau poulain Xavier Malisse est en amélioration constante. On l'a encore vu dans la banlieue londonienne avec trois victoires de très haute facture. De l'autre, l'entraîneur brabançon regrettera comme tout le monde l'abandon du leader belge au stade des huitièmes de finale. Touché au dos, Malisse fut contraint de jeter l'éponge face au jeune Croate Mario Ancic. Il s'agit d'une blessure qu'il traîne de manière visible depuis le dernier Roland Garros mais en réalité, il fut depuis son adolescence puisqu'il fut victime d'une hernie à l'âge de 14 ans. Tandis qu'il s'apprêtait à faire ses valises, Philippe Dehaes ne voulait toutefois pas verser dans le catastrophisme ambiant : " On ne le saura jamais, mais peut-être que Xavier a été capable de se hisser en huitièmes de finale grâce à sa blessure. C'est peut-être parce qu'il savait qu'il était atteint physiquement, et qu'il avait donc peu d'espoirs d'aller très loin, qu'il put jouer sans pression ". Concernant la blessure de son nouveau protégé, l'entraîneur se voulait également optimiste : " Après deux semaines de repos complet, Xavier pourra revenir en bonne forme. La douleur n'est pas insupportable. Il n'a mal qu'en servant ou lorsqu'il doit frapper un coup droit haut ou un smash. Après Wimbledon, il rentrera aux Etats-Unis pour effectuer une série de radios qu'il n'a pas pu encore faire et, à moins d'une fracture de fatigue possible mais peu envisageable, il sera d'attaque pour la tournée américaine. Bien sûr, il devra faire quotidiennement ses exercices de stretching pour prévenir le mal... " Parce qu'il vient d'entamer une collaboration qu'il espère longue et fructueuse, Dehaes ne voulait voir que les points positifs du parcours londonien : " J'ai remarqué un Malisse convaincant, jouant un tennis solide sans jamais s'énerver. A part un lancement de raquette lors de son match du deuxième tour face à Tommy Haas, Xavier est resté d'un calme olympien. Il a compris qu'il ne servait plus à rien de perdre ses moyens. Je l'avais déjà dit à Roland Garros : il a pris conscience de ses capacités et il veut à tout prix rejoindre le top 20 ". Depuis que Dehaes a commencé sa collaboration avec lui au tournoi de Hambourg, début mai, Xavier Malisse n'a plus cessé de retrouver la confiance et de grimper les échelons. Classé 87e joueur mondial au moment du tournoi allemand, il atteignit dans la foulée la finale au tournoi de St-Pölten, en Autriche, avant de débarquer à Roland Garros dans la peau d'un 58e mondial. 51e à l'ATP en posant ses valises à Wimbledon, le Courtraisien avait la certitude de figurer dans le top 40 après son abandon (les premiers calculs lui prédisaient une 37e ou une 38e place). " C'est évidemment une énorme satisfaction ", exposait Dehaes. " Xavier était en panne sèche de résultats. Ce qui m'a le plus frappé, c'est son manque de confiance en lui alors qu'il est un des joueurs les plus doués de sa génération ". Comment le coach s'y est-il pris ? A-t-il une recette miracle pour transformer un chien boiteux en lévrier de compétition ? Avant de s'engager aux côtés de Malisse, Philippe Dehaes a travaillé plusieurs années avec Kristof Vliegen, un autre joueur dont les performances sont trop sujettes à son humeur du moment. " Je ne cherche pas à contrôler Xavier ", dit-il au sujet de Malisse. " C'est le type de joueur qui va glisser comme une savonnette si l'on veut avoir trop d'emprise sur lui. Il va vous filer entre les doigts parce qu'il n'aime pas ça. Il faut lui laisser une liberté d'action tout en fixant les limites à ne pas franchir. Pour utiliser une image, je dirais que j'ai construit un enclos dans lequel il se sent bien ". On se souviendra que c'est d'ailleurs cette volonté de contrôle qu'il avait fini par fuir du temps où il usait ses semelles au centre d'entraînement néerlandophone de Wilrijk. Affichant il est vrai un caractère détestable, dont la face la plus visible était le bris répété de raquettes, Malisse avait été prié de voler sous d'autres cieux. Jugeant dans le même temps qu'on n'est jamais mieux dirigé que par soi-même, le Flandrien avait décidé alors d'émigrer aux Etats-Unis pour rejoindre l'académie de Nick Bollettieri qui lui avait proposé, via IMG, un test d'un mois. Le courant avec les entraîneurs américains passa bien. Et pour cause puisque l'une des théories du célèbre gourou floridien est qu'un joueur doit évacuer sa frustration, quitte à casser son outil de travail, pour pouvoir aborder correctement le point suivant. Malisse pouvait donc crier sa rage à la condition qu'il se batte comme un forcené sur le point à jouer. Mais Dehaes sait très bien que le chemin est parsemé d'embûches. Dans le milieu du tennis professionnel, les certitudes d'un jour ne sont pas forcément celles du lendemain et les alliances vont au gré des humeurs du joueur. Mais il veut croire en la volonté de Malisse de lui faire confiance pour enfin profiter pleinement de toute l'étendue de son talent. Sur le plan du caractère, l'entente entre les deux hommes est parfaite. " Contrairement à une idée reçue, Xavier est un garçon absolument adorable ", précise-t-il à ce sujet. " Quand j'ai commencé à travailler avec lui, il m'a dit que la presse le qualifiait souvent d'enfant terrible mais il ne comprend pas cette dénomination. Et je peux le comprendre parce que c'est quelqu'un de calme et de très disponible, qui a souvent du mal à dire non. C'est un régal que de travailler à ses côtés même si je veux bien admettre que par moments, il montre trop souvent des signes négatifs sur le court. Mais c'est une façade. Les gens doivent savoir qu'à l'intérieur de lui bout une envie énorme de gagner en jouant bien. Et il peut vraiment faire partie des meilleurs joueurs du monde. Il en est convaincu et je vais l'aider à développer son tennis offensif car c'est dans ce domaine qu'il est le meilleur. Xavier doit continuer à dicter les échanges et venir chercher davantage de points au filet. Sur ce dernier point, le chemin est encore long mais je veux qu'on y arrive parce qu'il en a les moyens ". Reste à voir le joueur afficher une plus grande constance dans ses performances. S'il veut encore monter au classement, Malisse doit cesser de jouer au yo-yo et commencer par ne plus perdre contre les joueurs à sa portée. Dans ce domaine, il est indéniablement sur la bonne voie comme l'ont prouvé ses performances à Roland Garros et à Wimbledon. Et une amélioration de sa condition physique devrait l'y aider. " On l'a particulièrement vu à Roland Garros ", conclut Dehaes. " Même si face à Lleyton Hewitt, Xavier n'a pas bénéficié du facteur chance qui lui avait tant souri contre AlbertCosta au tour précédent, il avait surtout manqué de jus contre l'Australien. En travaillant davantage en dehors des courts, il deviendra plus résistant ". Florient Etienne" On va développer son tennis offensif : SA MEILLEURE ARME " (Philippe Dehaes)