La saison passée, Sclessin a été le rock stadium le plus chaud de Belgique. Ce n'est pas un scoop car cette enceinte est le plus gros amplificateur belge des émotions que dégage le foot. Un gars au physique aussi émacié que celui de Mick Jagger a emmené son groupe vers le top du hit-parade : Michel Preud'homme. Après 25 ans de I Can't Get No Satisfaction, le temps d'un jeu bien orchestré mais un peu fou est revenu.
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La saison passée, Sclessin a été le rock stadium le plus chaud de Belgique. Ce n'est pas un scoop car cette enceinte est le plus gros amplificateur belge des émotions que dégage le foot. Un gars au physique aussi émacié que celui de Mick Jagger a emmené son groupe vers le top du hit-parade : Michel Preud'homme. Après 25 ans de I Can't Get No Satisfaction, le temps d'un jeu bien orchestré mais un peu fou est revenu. Le décor n'a guère changé : les mêmes artistes, Steven Defour à la basse pour donner le rythme, Oguchi Onyewu comme garde du corps pour vider la scène, etc. Ah, MilanJovanovic, le soliste, a exprimé le désir de s'en aller en été. Luciano D'Onofrio, le BrianEpstein de Sclessin, connaît d'autres grands guitaristes. Mais les Stones auraient-ils digéré le départ de Jagger ? Le Standard risque de se poser cette question à propos de MPH. Les Rouches seront-ils aussi saignants sans leur ancien gourou ? En choisissant Lazslo Bölöni, plus réservé mais aussi connaisseur que son prédécesseur, le Standard opte pour un style plus classique rodé dans le meilleur studio d'enregistrement de la D1 : l'Académie Robert Louis-Dreyfus. Ce QG fut une des clefs de leur conquête du titre en 2007-2008 : en sera-t-il de même cette saison ? Il n'y a pas de belle équipe sans grande défense et ce secteur, efficace la saison passée, n'a pas subi de rajeunissement des cadres. Après le coup de gueule automnal d' Olivier Renard à Mons (il ne supporta pas sa présence sur le banc), Andres Espinoza prit place dans la cage liégeoise. Pas évident. Le style était différent et cela sauta aux yeux comme l'aurait été la présence d'un danseur de tango au festival de Werchter. Mais, avec le temps, il s'est installé dans son rôle, bien soutenu par une solide ligne Maginot. Jérémie De Vriendt, jeune et travailleur, s'est promis de lui mener la vie dure. L'expérimenté Jean-François Lecomte a succédé au méritant Jorge Veloso pour gérer la préparation des gardiens. Au niveau du quatre arrière, les tendances resteront les mêmes. Le back droit Marcos fut la révélation de ce secteur la saison passée. Plus précis dans ses centres, il piqua la place de Frédéric Dupré. La venue de Tomislav Mikulic multipliera les solutions dans l'axe où l'absence d'Onyewu ou de Mohamed Sarr constituait une source de migraine tactique. La saison passée, les bambins ont fait la loi au centre de la pelouse avec des complémentarités intéressantes. Même si Steven Defour a mérité son Soulier d'Or, la dynamo centrale n'est autre que Marouane Fellaini, efficace à la récupération et dangereux du caillou dans le rectangle adverse. Quand ce radar n'est pas là, la défense est moins sûre dans les airs. A lui maintenant de développer son jeu au pied, un atout que sa doublure, Benjamin Nicaise, possède. Defour garde toute son importance mais il ne peut pas être qu'un relais. Axel Witsel devra rester à gauche jusqu'au moment où le staff lui trouvera une place dans l'axe. Wilfried Dalmat apporte sa vitesse à droite où il y a des rustines en cas de crevaisons : Greg Dufer, Réginal Goreux. Cette division d'élite a régulièrement ensorcelé les oppositions tout au long du championnat précédent. Le couple à trois mariait la vitesse et les inventions surprenantes de Jovanovic à la brillante technique de Dieumerci Mbokani et au jeu de tête d' Igorde Camargo. Et si ce dernier, le plus effacé des trois la saison passée, devenait indispensable ? Mesurer l'importance de Jova sacré Professionnel de l'Année : c'est un des grands thèmes de réflexion de la saison Le départ de MPH a certainement secoué les esprits dans le camp liégeois. Des portes ont été claquées. Un bon divorce est souvent plus intéressant qu'un mariage qui s'effiloche sans espoir de renouveau. Le Standard aborde un nouveau défi après avoir dégusté le nectar du champion. Il y a pris goût et a tout fait pour garder son grand cru. par pierre bilic