Désormais, les terrains d'entraînement de Gand sont bordés par une terrasse. C'est là que Jordan Remacle, qui a animé la saga des transferts tout au long de l'été, nous attend. En tenue sportive, juste avant l'entraînement, tous tatouages dehors (il en a une dizaine). Détendu et content de pouvoir parler de son nouvel environnement, de ses nouveaux objectifs et de sa déception d'avoir quitté Louvain sur une fausse note.
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Désormais, les terrains d'entraînement de Gand sont bordés par une terrasse. C'est là que Jordan Remacle, qui a animé la saga des transferts tout au long de l'été, nous attend. En tenue sportive, juste avant l'entraînement, tous tatouages dehors (il en a une dizaine). Détendu et content de pouvoir parler de son nouvel environnement, de ses nouveaux objectifs et de sa déception d'avoir quitté Louvain sur une fausse note. Maintenant, je me dis que tout est rentré dans l'ordre. Le transfert s'est réalisé et c'est la seule chose qui compte. Comme j'étais un des meilleurs joueurs d'OHL la saison passée, les dirigeants n'ont voulu me laisser partir qu'à certaines conditions et Gand, comme acheteur, n'a voulu débourser que le minimum. J'ai vécu cela comme une partie d'échec. J'ai eu des promesses, oui. Tout le monde sait que j'ai accepté de revenir en Belgique, en D2, pour me servir d'OHL comme tremplin. J'ai déjà eu la possibilité de partir après la montée mais j'ai décidé de rester pour confirmer avec Louvain. En juin, après mes 16 buts, j'ai reçu plusieurs propositions. J'ai jugé le moment opportun pour passer un palier sportif. A partir du moment où on demande 1,6 millions d'euros pour un joueur qui a 25 ans et 35 matches de D1 au compteur, cela s'appelle bloquer un transfert. Aucun club belge ne va mettre cette somme. J'ai été très déçu car j'ai donné beaucoup à Louvain, en D2 et la saison dernière. Et voilà comment j'ai été remercié par certains. Heureusement que j'ai toujours eu les supporters derrière moi. Non. Je n'ai jamais prévu cela dans mon schéma de carrière. J'ai reçu une proposition minime de Louvain juste après la fin du championnat. Je l'ai examinée mais si je vaux vraiment 1,6 millions d'euros, qu'on me propose alors un contrat digne d'un joueur de ce prix-là. Mais cela n'a pas été du tout le cas. J'ai parlé de cette offre à ma famille et à mon agent et on a pris cela comme un manque de respect. À partir de ce moment-là, j'ai exclu la possibilité de rester à Louvain. Bien sûr. J'ai bientôt 26 ans. Plus 19. Le temps s'écoule et un attaquant atteint son sommet vers 30-31 ans. Les dirigeants doivent comprendre qu'un joueur n'a qu'une seule carrière. Dans le foot, comme dans la vie, vous pouvez être déçu par certaines personnes. Mais je n'en dirai pas plus. Oui car quand vous mettez 40 goals et une cinquantaine d'assists en deux ans, il y a moyen de partir autrement. Personne ne m'en a voulu. Ils ont tous été derrière moi et m'ont dit que je devais passer un palier. En tant que joueur de foot professionnel, ils ont compris. J'ai fait l'erreur de partir au RKC Waalwijk pour l'argent. J'ai perdu des années là-bas et je n'ai pas voulu revivre cette situation. J'ai préféré privilégier le côté sportif. J'aurais pu aller à Heerenveen où j'aurais reçu trois fois plus d'argent mais cela ne m'intéresse pas. Je n'ai pas voulu partir à l'étranger pour des raisons familiales et privées. Oui, il a pris contact avec mes agents. Cela me fait plaisir. Je vais m'en servir pour continuer à aller de l'avant. Si Van Basten me trouve des qualités, il n'y a aucune raison que je ne réussisse pas à Gand, à condition de travailler à fond, bien sûr. Non, car je n'ai eu des problèmes qu'avec deux-trois dirigeants. Je n'ai fait aucune déclaration dans la presse. Ce sont les meilleures années de ma carrière. A Louvain, j'ai acquis de la maturité, mon statut a évolué, j'ai reçu des responsabilités. C'est pour cette raison que je suis d'autant plus déçu de partir de cette manière. Je ne sais pas et, personnellement, ce n'est pas mon problème. Je ne suis plus à Louvain et ce qui me préoccupe, c'est ce que Gand va faire. Je serais déçu si OHL descend car cela voudrait dire qu'on a travaillé deux ans pour rien mais pour le reste, ce qui se passe à Louvain, c'est le moindre de mes tracas. Oui, on en a beaucoup parlé et je pense que les dirigeants liégeois ont été intéressés. Mes managers ont parlé avec Pierre François et José Riga mais je n'ai jamais reçu d'offre concrète. Comme je suis liégeois et wallon, les médias ont vite cru que j'irais au Standard. Je crois sincèrement qu'ils ont pensé à moi. C'est normal : j'ai fait mes classes au Standard et j'ai marqué 16 goals la saison passée. Mais entre un intérêt et finaliser un transfert, il y a du chemin. La possibilité de passer un palier sportif. Comme Gand. Rien de plus, rien de moins. Je n'ai jamais fait du Standard une obsession. Enfant, oui. Mais j'ai 25 ans, maintenant. J'ai fait ma vie. Je vois les choses différemment. Non, avec Gand, on a mis sur pied un plan sur plusieurs saisons et on sait que Gand ne constitue qu'une étape avant d'aller voir plus haut. Mais je ne suis pas le seul à être parti ! Il y a eu Poco, Legear, Mirallas, Bailly. Il y a des raisons à nos départs ! Actuellement, le Standard est plus intelligent dans sa gestion des jeunes. Je n'en ai jamais voulu au club. Finalement, j'ai bien fait de partir. A l'époque, il n'y avait pas la possibilité de percer en A. Ma famille a lu ce qu'il a dit. Il nous a bien fait rigoler. C'est facile quand un joueur inscrit 16 buts de lui jeter des fleurs. Je préfère ne pas polémiquer. Moi, je lui ai fourni ma réponse sur le terrain. Sans doute parce que j'ai formé un très bon duo avec Harbaoui. Je l'ai eu au téléphone et il aurait bien voulu que je le rejoigne. J'aurais pu signer là-bas. Le pas en avant était peut-être moins net mais Lokeren dispute quand même l'Europa League. Oui, c'est un club qui grandit et qui connaît la D1 depuis des années. Il y a une maturité et un professionnalisme. On va bientôt jouer dans un grand stade, peut-être le plus beau de Belgique. Cela fait quelques matches que je suis titulaire et les échos sont positifs. Oui, mon arrivée n'était pas liée à son départ. Cela aurait ajouté davantage de concurrence mais quand tu viens dans un grand club, tu sais que tu vas devoir composer avec la concurrence. Aujourd'hui, un attaquant doit être polyvalent et pouvoir évoluer aux trois positions offensives. Oui, parfaitement. Aux Pays-Bas, j'étais déjà habitué au 4-3-3. Et la saison passée, avec OHL, j'ai également joué en 4-3-3. La différence, c'est qu'ici, on a des backs qui se retrouvent pratiquement à ta hauteur. On peut se permettre d'être plus offensif car on a davantage le ballon, contrairement à Louvain. Je dois donc fournir beaucoup moins de travail défensif. Que je développe mon jeu. Ce n'est pas un entraîneur qui parle beaucoup mais je sais ce qu'il attend de moi. A partir d'un certain âge, tu sais ce que tu peux faire et ne pas faire. Ce n'est pas parce que vous mettez un règlement sur papier que cela va changer quelque chose dans un groupe. A Louvain, j'ai connu un entraîneur beaucoup plus strict. Il choisissait même la couleur de nos chaussures. Quand vous avez un sponsor qui vous donne de l'argent, vous livre des chaussures et que vous devez vous engueuler toutes les semaines parce que vous ne pouvez pas choisir vos chaussures, cela a un côté aberrant. On n'est pas à l'armée, hein ! C'est sûr. L'élimination de l'Europa League contre Videoton a été compliquée à vivre. Les occasions, on les a mais on ne les met pas au fond. Je pense qu'une nouvelle page s'ouvre à Gand. Beaucoup de joueurs sont partis, il y a beaucoup de jeunes et on ne peut pas demander à ces jeunes d'être immédiatement aussi percutants qu'une équipe qui avait évolué ensemble pendant quatre ans. Ceci dit, on n'a disputé que quatre matches de championnat : il n'y a pas le feu au lac. Mais les journalistes aiment bien le mot crise. Cela les excite. Quand vous écrivez un mauvais reportage, c'est la crise aussi dans votre rédaction ? L'expérience, cela s'acquiert avec le temps. Si on ne laisse pas un joueur accumuler les matches, il n'y aura jamais d'expérience dans l'équipe. Il ne faut pas oublier que Bernd Thijs est blessé. Pour le moment, ce n'est pas un problème d'expérience mais d'efficacité ! Oui, c'est vrai. Même si ce n'est pas Maradona, il a une présence sur un terrain. Cela ne s'explique pas. Certains joueurs ont cette présence, d'autres pas. Bjorn Ruytinx l'a également. Ce n'est pas un grand talent mais tout le monde a peur de jouer contre lui. Je pense que Ronny Van Geneugden veut faire avec lui ce qu'il a fait avec moi : le relancer. Bailly a besoin d'être simplement entouré car les qualités, il a prouvé qu'il les avait. Non, moi, j'ai eu une vie dissolue. J'ai commencé à enchaîner les bonnes prestations à partir du moment où j'ai acquis une stabilité dans ma vie privée. Il y a aussi une question de maturité. La génération 1987 du Standard a toujours été placée sur un piédestal. Quand je suis parti aux Pays-Bas, j'ai donc dû apprendre à perdre. A cela s'ajoute un peu de malchance : des blessures ou la faillite de RBC. C'est un objectif mais je n'en fais pas une obsession. Surtout que par rapport aux sélectionnés qui jouent à ma place, il n'y a pas photo ! Tout Belge qui marque 16 goals est suivi, c'est normal. Mon objectif prioritaire est de continuer sur ma lancée. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Je n'ai jamais fait du Standard une obsession "