Danijel Milicevic et Stefan Mitrovic sont amis. Ils se retrouvent plusieurs fois par semaine au centre, où habite Milicevic, célibataire, pour bavarder autour d'un café ou pour faire du shopping, quand Kristina accompagne Mitrovic.
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Danijel Milicevic et Stefan Mitrovic sont amis. Ils se retrouvent plusieurs fois par semaine au centre, où habite Milicevic, célibataire, pour bavarder autour d'un café ou pour faire du shopping, quand Kristina accompagne Mitrovic. " Mili est un médian intelligent. Sa technique de frappe lui permet de plier un match et il est notre guide, par son âge ", raconte Mitrovic. " Il est aussi un bon vivant. " Milicevic enchaîne : " Stef est notre leader derrière. Un roc, le professionnel le plus accompli que je connaisse. Il a neutralisé Lukasz Teodorczyk sans tacle méchant. Il est correct. La guerre l'a marqué mais il apprend à appréhender la vie avec optimisme. " DANIJEL MILICEVIC : Pas cette année car nous avons dû nous battre pour atteindre les PO1. Notre 4/6 contre le Club et Anderlecht nous emplit d'espoir. Mais ce qui me frappe, c'est la maturité croissante du groupe. Il a adapté son style aux nouveaux et gère bien les attentes. STEFAN MITROVIC : La barre a été relevée. Chacun rêve d'un nouveau trophée. Quand on a goûté à la LC, on en redemande. Nous avons montré notre vrai visage ces deux derniers mois, à l'heure de vérité. Gand progresse et est un des trois grands de Belgique. MILICEVIC : Nous ne faisons plus de bêtes erreurs, nous sommes plus concentrés. Plus solidaires, aussi, depuis Tottenham. Nous y avons forcé le respect en concédant peu de brèches et en étant efficaces. MILICEVIC : Nous avons longtemps manqué de stabilité mais aussi de patience et de créativité face à des équipes très défensives. Nous n'avons pas été assez réguliers en déplacement. En début d'année, dos au mur, nous avons dû réagir. Le mercato hivernal est tombé à pic. Une action de Yuya Kubo nous a permis de gagner 2-3 à Waasland-Beveren et à Lokeren (0-0), Lovre Kalinic a sauvé le point. Nous avions besoin de renforts. MITROVIC : Mili, Nana Asare et Renato Neto ont été blessés. Or, ils ne sont pas faciles à remplacer. MILICEVIC : Nous pensions bien qu'il resterait. Il est un excellent architecte, en plus, puisque c'est lui qui a dessiné les plans du nouveau complexe d'entraînement. Il est un homme d'action. C'est ce qu'il faut. MITROVIC : Il est idéal pour les projets à long terme et il est très inventif. Il me donne régulièrement des conseils pour mieux défendre. MILICEVIC : Son perfectionnisme est un plus. Il prépare tout avec maniaquerie. MITROVIC : En Europe, nous avons battu des formations meilleures que la nôtre sur le plan individuel grâce à son savoir. Il nous a insufflé beaucoup d'assurance en nous montrant les faiblesses de nos adversaires. MILICEVIC : Tête haute, audace, c'est ça Gand. MITROVIC : On n'arrive à rien sans ambition. Il faut repousser ses limites. Ne sous-estimez pas cette assurance. Peur ? De qui donc ? MILICEVIC : A notre hôtel de Saint-Pétersbourg, il nous a prévenus que le Zenit frapperait à un moment inattendu. Hulk a confirmé son pressentiment. MILICEVIC : Elle est notre bouée de sauvetage quand nous sommes blessés ou en méforme. Les PO1 sont l'examen de la saison. Elle nous apporte un plus au bon moment. MITROVIC : Elle est utile, même si j'ai déjà encaissé assez de coups pour ne plus me laisser déstabiliser. Je ne doute jamais de moi. C'est indispensable dans le sport de haut niveau. MILICEVIC : Je ne connais pas le montant des différentes primes : nous n'en avons pas encore discuté. C'est d'ailleurs la direction qui décide. Nous sommes réalistes. Pour que nous soyons champions, il faut vraiment que tout joue en notre faveur. Anderlecht gagne généralement 17 à 19 points sur 30 et nous avons au moins six points à reprendre. Faites le calcul. MITROVIC : La troisième place reste notre objectif, pour l'Europe. Mais ce que nous voulons, c'est un prix, pas une prime. MILICEVIC : Nous essayons de convaincre les jeunes que la LC est le summum, avec l'EURO et le Mondial. MITROVIC : On a la chair de poule. L'hymne, les terrains parfaits, des adversaires plus forts, c'est tout simplement exceptionnel. MILICEVIC : Nos plus grandes possibilités de remplacement. La saison passée, nous avions entre 13 et 15 éléments de même valeur, contre vingt maintenant. Le meilleur est à venir car nous sommes en plein développement et nous pouvons créer la surprise par notre équipe de base comme par nos remplacements. Et la deuxième place, c'est la porte aux tours préliminaires de la LC, hein ! Si ce n'est pas une source de motivation... MITROVIC : Anderlecht est la meilleure équipe, le Club la plus difficile à appréhender. Mais nous avons osé relever le défi, en hommes, contre Bruges. Nous avons montré que nous pouvions gérer ce style de jeu. C'est un signal important. MILICEVIC : YuyaKubo et ses infiltrations, Moses Simon et Samuel Kalu avec leur vitesse sur les flancs. Jérémy Perbet marque à partir de rien dans le rectangle, Kalifa Coulibaly est imparable de la tête. Nous pouvons varier notre jeu : longs ballons, combinaisons, passes des flancs, passages par l'axe... MITROVIC : Notre fighting spirit peut être un facteur décisif. Défensivement, nous avons déjà formé un mur à plusieurs reprises. Nous sommes plus sûrs. Samuel Gigot est une bête, difficile à battre. Il s'est intégré sans problème, ce qui prouve qu'il est un grand talent. Kalinic a la classe internationale. Bref, nous avons le droit de rêver. PAR FRÉDÉRIC VANHEULE - PHOTO BELGAIMAGE