Le qualificatif de galactique qu'on lui a appliqué à Madrid correspond mal à la personnalité de cet homme sensé, qui garde toujours les pieds sur terre, mais c'est l'évolution du football, un sport pour lequel les journalistes sont sans cesse à la recherche de nouveaux superlatifs, qui a voulu cela.
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Le qualificatif de galactique qu'on lui a appliqué à Madrid correspond mal à la personnalité de cet homme sensé, qui garde toujours les pieds sur terre, mais c'est l'évolution du football, un sport pour lequel les journalistes sont sans cesse à la recherche de nouveaux superlatifs, qui a voulu cela. RaulGonzalezBlanco, que tout le monde connaît dans le milieu du ballon rond par son prénom Raul, était catalogué au début de sa carrière comme un buteur. Après, il est devenu un bon joueur de football, puis un crack. Aujourd'hui, on l'a hissé encore un peu plus haut, tout près des étoiles, dans la galaxie incarnée par les ZinedineZidane, Ronaldo, LuisFigo, DavidBeckham et autres RobertoCarlos. Alors qu'on pouvait craindre que l'arrivée de toutes ces stars lui fasse de l'ombre, il n'en fut rien. Lui, le vrai Madrilène, est considéré comme la figure emblématique du club, celui qui incarne l'esprit merengue. " Il y a toujours eu de grands joueurs au Real Madrid ", constate-t-il. " Je me souviens de HugoSanchez autrefois, je crois que c'était le plus fort dans le rôle de renard des surfaces. Au début de ma carrière, j'ai eu le privilège de côtoyer dans le vestiaire des gens comme EmilioButragueno, Laudrup et Michel. Aujourd'hui, c'est DavidBeckham, LuisFigo et ZinedineZidane. Rien n'a vraiment changé, sauf les noms. C'est avec l'arrivée de Luis Figo que la presse a commencé à attribuer le qualificatif de galactique à toutes ces stars étrangères. Aujourd'hui, on m'a inclus dans le lot, mais je suis demeuré tel que j'étais. Je considère comme un grand honneur le fait de pouvoir jouer avec de tels équipiers ". Dans le vestiaire, rien n'a vraiment changé non plus, affirme-t-il. " On s'entend bien et on se respecte. Mais, après l'entraînement, chacun mène sa vie indépendamment. En ce qui me concerne, je peux parler de réelle amitié avec trois ou quatre de mes coéquipiers. Les autres sont plus des collègues, mais aucun ne rechigne à donner un coup de main si on le lui demande ". Y compris David Beckham : " Il a du mal à apprendre l'espagnol, mais il s'entend bien avec tout le monde. C'est un homme de très agréable compagnie, qui a toujours le sourire aux lèvres ". Il a apporté avec lui un peu de glamour lorsqu'il a débarqué de Manchester United, l'été dernier : " C'est vrai qu'il vit dans un monde un peu particulier. C'est un grand joueur de football, mais il est aussi au centre de toute une campagne de marketing et de publicité. En outre, comme il est marié à une chanteuse célèbre, il est poursuivi non seulement par la presse sportive, mais aussi par la presse people. En ce qui me concerne, j'essaye d'étaler le moins possible ma vie privée au grand jour ". Ronaldo se singularise par ses escapades et son goût pour la fête. " Chacun fait ce qu'il veut de ses temps libres ", estime Raul. " Ce qui porte atteinte à la réputation de Ronaldo, c'est qu'il y a toujours des gens qui ressortent le récit de ses escapades lorsque cela va mal. Mais je peux vous assurer que Ronaldo est un grand professionnel. Il le démontre sur le terrain. Sinon, il n'inscrirait pas autant de buts. C'est l'avant-centre type, il se crée lui-même ses possibilités de buts ". Curieusement, Raul, considéré aujourd'hui comme le symbole de la MaisonBlanche, a débuté chez le voisin de l'Atletico. Lorsque Jesus Gil décida de supprimer des équipes de jeunes pour réduire les coûts de trésorerie, en 1992, il franchit le fleuve Manzanares pour s'affiler au Real, où il explosa. Il n'a joué que sept matches dans l'équipe C du Real Madrid, au cours de la saison 1994-95. Assez pour inscrire 16 buts dans le championnat de SegundaDivision B, l'équivalent de notre D3. Il passa alors dans l'équipe B, en SegundaDivision A (la D2), où son passage fut encore plus bref : un seul match avant que JorgeValdano ne l'invite à rejoindre l'équipe Première. Il y dispute actuellement sa dixième saison. Il a déjà épinglé à son palmarès quatre titres de champion et trois Ligues des Champions, et vient de resigner jusqu'en 2010. " Lorsque mon contrat arrivera à échéance, j'aurai 32 ans ", calcule-t-il. " Je suis très fier de pouvoir défendre les couleurs d'un tel club pendant une aussi longue période. J'y aurai passé 16 années de ma vie, et j'espère pouvoir encore vivre beaucoup de grands moments ". En équipe nationale, Raul a débuté le 9 octobre 1996 lors d'un match entre la République Tchèque et l'Espagne qui se solda par un partage vierge : 0-0. C'est JavierClemente qui lui offrit sa première cape, et depuis lors, il est devenu une valeur sûre de la Seleccion. Il est convoqué lors de chaque rendez-vous. A ce jour, il a atteint le cap des 70 matches et a inscrit 38 buts, le dernier en date contre le Danemark, le 31 mars de cette année à Gijon. Il a toujours joué un rôle en vue lors des phases finales des Championnats d'Europe et des Coupes du Monde. Malheureusement, ses bonnes prestations individuelles n'ont pas suffi à l'Espagne pour remporter ce trophée majeur qu'elle recherche depuis 1964, lorsqu'elle remporta l'EURO organisé chez elle. Au Portugal, Raul espère rompre avec la tradition qui veut que l'équipe nationale espagnole échoue dans les grands tournois. Cet EURO 2004 pourrait-il être celui de Raul ? " C'est fort possible ", estime JoséAntonioCamacho, l'ancien sélectionneur de l'équipe nationale espagnole aujourd'hui en charge de Benfica, à Lisbonne. " Toutes les conditions sont réunies. D'abord, il a l'expérience d'avoir déjà disputé un Championnat d'Europe et une Coupe du Monde. Ensuite, il a 26 ans, l'âge idéal pour un footballeur qui atteint alors sa pleine maturité. Enfin, le Championnat d'Europe se jouera au Portugal, un pays voisin de l'Espagne, et on peut supposer qu'une grande partie du stade sera toute acquise à la cause de la Seleccion. Mais, pour autant, je ne ferai pas de l'Espagne l'un de mes favoris pour le titre. Le passé ne parle pas en sa faveur : elle a toujours échoué dans les grandes compétitions, et aussi longtemps qu'elle n'aura pas vaincu le signe indien, il y aura comme un blocage. Il est clair que l'Espagne figurera toujours parmi les six ou huit meilleures équipes du tournoi, mais après ?" Aujourd'hui, l'équipe nationale espagnole est coachée par InakiSaez, qui s'est longtemps occupé des jeunes. " Il a l'avantage de connaître parfaitement ses joueurs, car il les avait déjà dirigés, pour la plupart d'entre eux, dans la sélection des û21 ans. Il sait que le plus important, pour la Fédération espagnole, est de qualifier l'équipe nationale pour le Championnat d'Europe ou la Coupe du Monde. Puis, de croiser les doigts pour enfin franchir ces maudits quarts de finale ". Et pour ce faire, il faudra, selon José Antonio Camacho, éviter la France. " Le grand favori du tournoi ", estime-t-il. " Ce sera le grand dilemme de l'Espagne et du Portugal, versés dans le même groupe : à quelle place terminer pour ne pas tomber contre la France en quarts de finale ". Daniel Devos, avec ESM" Il a 26 ans, l'âge idéal pour un footballeur qui atteint alors SA PLEINE MATURITé " (José Camacho)