Quand Florentino Perez a lancé son opération Galactique 2.0, peu de gens misaient sur Gonzalo Higuain. Face aux arrivées de Cristiano Ronaldo, Kaká, Karim Benzema et Xabi Alonso, certains prédisaient à l'Argentin un séjour sur le banc chauffé du Real, voire un exil, solution prônée par Wesley Sneijder ou Ruud Van Nistelrooy. " Il y a footballeur plus racé au Real mais Higuain est devenu incontournable ", écrivait récemment Pablo Polo, journaliste à Marca. " Sa technique est adaptée au dernier geste et presque exclusivement à cela. Vif sans être rapide, technique sans être virtuose, fort sans être surpuissant, mais un compas dans l'£il au moment de conclure ", renchérissait le site de Sofoot.
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Quand Florentino Perez a lancé son opération Galactique 2.0, peu de gens misaient sur Gonzalo Higuain. Face aux arrivées de Cristiano Ronaldo, Kaká, Karim Benzema et Xabi Alonso, certains prédisaient à l'Argentin un séjour sur le banc chauffé du Real, voire un exil, solution prônée par Wesley Sneijder ou Ruud Van Nistelrooy. " Il y a footballeur plus racé au Real mais Higuain est devenu incontournable ", écrivait récemment Pablo Polo, journaliste à Marca. " Sa technique est adaptée au dernier geste et presque exclusivement à cela. Vif sans être rapide, technique sans être virtuose, fort sans être surpuissant, mais un compas dans l'£il au moment de conclure ", renchérissait le site de Sofoot. Aujourd'hui, Higuain est l'attaquant le plus efficace et prolifique du Real. 14 buts en 13 titularisations, soit un toutes les 77 minutes. Même Ronaldo, pourtant revenu à une efficacité enviable, est battu. En quatre ans, Higuain dont le destin familial était tout tracé a fait du chemin. Fils de footballeur pro, frère d'un footballeur pro ( Federico qui évolue à Independiente), neveu de footballeur pro et petit-fils de boxeur, il avait fait parler de lui une première fois en novembre 2006. Las de se faire piquer les joueurs africains possédant la double nationalité mais préférant finalement le pays de leurs ancêtres, Raymond Domenech avait frappé un grand coup en le sélectionnant, sans le superviser. Mais le sélectionneur de la France avait été attiré par les deux buts inscrits lors du Clasico opposant la formation de l'avant, River Plate, à Boca Junior. L'illustre inconnu possédait la double nationalité : il était né à Brest, lorsque son père, Jorge Higuain, un rugueux défenseur, avait fait une halte de deux saisons au Stade Brestois. C'était en 1987. Après un feuilleton de quelques jours, Higuain avait refusé la sélection, optant pour sa patrie argentine. Oui, mais presque trois ans plus tard, la question n'était toujours pas tranchée : Diego Maradona, qui avait pourtant ratissé large et a fait appel à plus de 100 joueurs, n'avait toujours pas retenu l'attaquant du Real. Ce n'est qu'en octobre 2009, pour les deux derniers matches de qualification et alors que la sélection albiceleste est au bord de l'élimination que le Pibe de Oro répara cette injustice en lui offrant sa première sélection. C'est bien connu, nul n'est prophète en son pays : malgré 22 buts en Liga la saison dernière, Higuain continuait à attendre une invitation à se placer dans l'ombre des Carlos Tevez, Lionel Messi, Diego Milito ou Martin Palermo. Cette marginalisation provient de ce que la Fédération ne lui pardonna pas d'avoir refusé de participer au Mondial des -20 ans au Canada " afin d'effectuer la préparation avec le Real ". En plus, l'opinion publique avait mal digéré sa longue hésitation lorsqu'il dut choisir la sélection nationale pour laquelle il désirait évoluer. Higuain pâtit également de l'inimitié de certains joueurs de la sélection, dont FernandoGago ou Sergio Agüero, gendre de Maradona, qui lors d'un passage à Madrid n'avait pas hésité à inviter à dîner tous les meilleurs joueurs argentins... sauf Higuain. A 23 ans, El Pipita (en référence à son père que l'on appelait El Pipa, la pipe, à cause de son nez imposant) a donc réussi son pari. Celui que les journalistes argentins ne voyaient pas réussir au Real malgré les 13 millions d'euros payés en janvier 2007, a donc confirmé son statut de titulaire forgé la saison passée avec Juande Ramos à une époque où la division offensive madrilène se réduisait à peau de chagrin. Cette saison, en pleine concurrence, il a repoussé Benzema sur le banc, faisant dire à son entraîneur chilien, Manuel Pellegrini : " Higuain n'a rien à prouver. Dans mon esprit, il a toujours été titulaire. " Il est donc bien loin le temps des premiers balbutiements (2 buts en 21 matches) pour la Maison Blanche. Il ne lui manquait plus que la reconnaissance nationale. Elle est venue de son illustre prédécesseur à la pointe de la sélection argentine, Hernan Crespo : " Il y a longtemps que je n'avais pas vu un Argentin avec ces caractéristiques, cette rapidité de mouvement, son sens du but et autant de caractère. " Vibrant hommage décoché dans la foulée d'une victoire du Real à Malaga. Ce soir-là, Higuain avait signé les quatre buts. Prolifique en Liga, reconnu par ses pairs, enfin retenu en sélection, il ne lui reste plus qu'à convaincre en Ligue des Champions. En n'ayant trouvé le chemin des filets qu'à deux reprises dans cette compétition, il est bien loin de sa moyenne en championnat. Et ce n'est pas mercredi passé à Lyon qu'il a résolu le problème... par stéphane vande velde- photo: belgaÀ Madrid, Maradona avait invité tous les meilleurs Argentins à dîner... sauf Higuain !