Ces 9 et 13 novembre, à Helsingborg et à Gand, les Espoirs disputeront "leurs" matches de barrage: un double affrontement avec la Suède dont l'enjeu est une place au Championnat d'Europe. Il reste actuellement 16 équipes en lice. Les 8 vainqueurs devraient en principe se retrouver en mai dans l'un des pays qualifiés, mais il n'y a actuellement aucun candidat à l'organisation du tournoi et l'UEFA envisage de faire disputer les quarts de finale, demi-finales et finale par aller-retour.
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Ces 9 et 13 novembre, à Helsingborg et à Gand, les Espoirs disputeront "leurs" matches de barrage: un double affrontement avec la Suède dont l'enjeu est une place au Championnat d'Europe. Il reste actuellement 16 équipes en lice. Les 8 vainqueurs devraient en principe se retrouver en mai dans l'un des pays qualifiés, mais il n'y a actuellement aucun candidat à l'organisation du tournoi et l'UEFA envisage de faire disputer les quarts de finale, demi-finales et finale par aller-retour.On en est, en fait, au même stade que lors du double affrontement avec les Pays-Bas, à Heerenveen et à Mouscron, voici deux ans. Sauf qu'à l'époque, il y avait en plus une qualification pour les Jeux Olympiques de Sydney en jeu pour les cinq premiers. Jean-François de Sart sait peu de choses de l'équipe suédoise des -21 ans. Si ce n'est qu'en principe, elle devrait comporter quelques joueurs appartenant à des grands clubs européens comme Pontus Farnerud (Monaco), Zlatko Ibrahimovic (Ajax) et Johan Elmander (Feyenoord). Et que le football présenté devrait être à dominante physique. "Au vu du tirage au sort, on pourrait penser que nous avons été gâtés. Je ne suis pas persuadé que la Suède soit moins forte que l'étaient les Pays-Bas voici deux ans. Il y avait surtout une équipe à éviter parmi les deuxièmes de leur groupe: l'Espagne, qui est championne du monde en titre avec cette génération-ci. Pour le reste, toutes les équipes se valent", estime-t-il. L'équipe actuelle des Espoirs est peu connue. Il s'agit, pour la plupart, de joueurs évoluant dans des clubs moyens du championnat de Belgique ou qui sont partis très jeunes à l'étranger. "Ce manque de médiatisation est caractéristique chez les Espoirs", relativise Philippe Saint-Jean. "C'est seulement après que le grand public apprend à connaître ces joueurs, lorsqu'ils atteignent l'équipe A ou des clubs plus huppés. Daniel Van Buyten et Wesley Sonck, qui faisaient partie de la génération précédente, n'étaient pas encore très connus non plus à l'époque où ils jouaient dans notre équipe. Je dois toutefois avouer que les joueurs de la génération actuelle ont encore tous un sérieux palier à franchir avant de pouvoir frapper à la porte des Diables Rouges. En classe intrinsèque, c'est Jean-François Gillet qui en est le plus proche. Mais, si l'équipe actuelle n'est pas composée d'individualités, elle forme en revanche un véritable bloc. Et ce sont des joueurs animés d'une mentalité de gagneurs. Comme ils sont habitués, dans leur club, à lutter pour le maintien, ils savent qu'ils doivent se battre sur chaque ballon. Mais on a un problème en création et en concrétisation. Il n'y a plus, comme dans la génération précédente, un Wesley Sonck ou un Cédric Roussel capable de planter un but à chaque match. On est solide derrière, mais on manque de gabarit devant". "J'ai relevé un point positif", souligne Jean-François de Sart. "Le week-end dernier, 40 joueurs pouvant entrer en considération pour une place en équipe Espoirs ont foulé les pelouses de la D1. Plus ceux qui évoluent en Italie ou aux Pays-Bas. Ce n'est pas mal. Des clubs comme St-Trond, mais aussi le GBA et Genk, intègrent plusieurs jeunes à leur effectif".Tests de personnalitéNous vous proposons, pour quelques-uns des Espoirs, de découvrir une facette de leur personnalité.Si, par malheur, la Belgique était éliminée par la Suède, ce seraient vos derniers matches avec les Espoirs. Que retiendriez-vous de cette période de six ans, durant laquelle vous avez côtoyé trois générations?Jean-François Gillet (Bari): J'ai toujours été très heureux de venir jouer en Espoirs. J'ai entretenu d'excellents rapports avec M. Jacobs autrefois, avec MM. de Sart et Saint-Jean actuellement. Idem avec le médecin de l'équipe, Damien Garitte. Ces liens se sont encore soudés davantage avec les petits problèmes que j'ai connus. Il ne s'est pas passé une semaine sans que l'un d'eux ne m'appelle pour voir s'il pouvait m'être d'un quelconque secours. Aujourd'hui, lorsque je me rends chez les Espoirs, je ressens davantage que des rapports de coach à joueur. Avec mes coéquipiers également, le courant est toujours très bien passé. Y compris avec l'équipe actuelle, qui forme un véritable bloc. Cela peut paraître curieux, car rien, au départ, ne me destine à avoir des affinités avec des joueurs de Beveren, de St-Trond ou de Roda, mais lorsqu'on sort après un match, on le fait à 18 et pas par petits groupes. On avait prétendu que la génération actuelle était le moins talentueuse de toutes. Cela ne nous a pas empêchés de terminer premiers du groupe, devant la Croatie et l'Ecosse. Cela vous dérange-t-il si l'on parle d'une équipe d'Espoirs constituée de footballeurs anonymes?Stijn Vlaminck (Beveren): C'est la vérité. On ne nous connaît pas parce que nous évoluons, pour la plupart, dans des équipes moyennes. Le seul joueur connu du grand public est sans doute Tom Soetaers, parce qu'il a porté jadis le maillot d'Anderlecht. L'avantage d'évoluer dans des équipes moyennes, c'est que nous avons régulièrement la chance de participer à des rencontres de D1 et d'emmagasiner de l'expérience. Que ce soit en Belgique ou aux Pays-Bas. Par rapport aux générations précédentes, nous sommes peut-être en déficit au niveau des qualités individuelles. Nous compensons cependant cela par notre engagement et notre sens collectif. La notion de groupe est très importante, mais il y a tout de même des joueurs comme Grégory Dufer et Thomas Chatelle qui sont capables de forcer la décision. Nous respectons chacun de nos adversaires, mais nous ne devons craindre personne. Pourquoi y a-t-il autant de joueurs de St-Trond dans l'effectif des Espoirs?Wouter Vrancken (St-Trond): Avec Peter Delorge, Nicky Hayen, Kris Buvens, parfois Bram Vangeel et moi-même, nous sommes plusieurs, effectivement. Je crois que la raison principale de cette présence massive est que le club accorde une chance réelle aux jeunes. Plusieurs joueurs qui intègrent aujourd'hui l'équipe A de St-Trond ont été champions ensemble chez les jeunes. Jouer régulièrement en D1, c'est très important quand on a 20 ans. Quel lien existe-t-il entre Laurent Delorge et vous?Peter Delorge (St-Trond): S'il existe un lien de parenté, il est très lointain. J'ai entendu dire que nous pourrions avoir des ancêtres communs. A vrai dire, je n'en suis pas très sûr. Mes grands-parents ne m'en ont jamais parlé. Laurent habitait Overijse avant de partir pour La Gantoise et Coventry. Pour ma part, j'ai débuté à Opheers, puis je suis parti à Wellen et à Zepperen. J'ai presque fait le tour du Limbourg des petits clubs avant d'arriver à St-Trond en Juniors UEFA. C'était pour moi une opportunité à saisir: un club de D1 réputé pour son travail de formation des jeunes. Au-delà de la qualité de l'encadrement, la réussite des jeunes de St-Trond est également le fruit d'un bon recrutement régional. Atteindre le noyau des Diables Rouges, est-ce un objectif, un rêve ou une utopie?Grégory Dufer (Charleroi): Un objectif. Des joueurs comme Walter Baseggio ou Wesley Sonck, qui faisaient partie de la génération précédente des Espoirs, l'ont atteint. C'est la preuve que c'est possible. Mais actuellement, je ne me focalise pas du tout sur les Diables Rouges. Je me concentre exclusivement sur Charleroi et sur l'équipe des Espoirs, au sein de laquelle je suis très heureux d'évoluer. Un jour viendra, peut-être, où Robert Waseige décidera de m'appeler. Citez-nous un domaine dans lequel les Belges sont meilleurs que les Italiens et les Néerlandais.Kevin Van Dessel (Roda): L'esprit collectif. Nous n'avons pas autant de qualités individuelles que d'autres équipes, mais nous compensons cette faiblesse par une grande solidarité. Lorsque je vois l'équipe des Pays-Bas A qui s'est inclinée en Irlande, je me dis qu'elle comprenait peut-être les joueurs les plus talentueux de la planète mais qu'elle ne formait pas un bloc. Par rapport aux Italiens, je dirais que la qualité des terrains est meilleure en Belgique. A Gênes, les jeunes devaient souvent s'entraîner sur un terrain en gravier. Mais ils bénéficiaient de tout un système de foot-études en internat qui n'est pas encore très développé en Belgique. Je ne regrette pas d'avoir quitté mon pays aussi tôt. J'ai appris partout. Je regrette un peu de devoir jouer comme arrière gauche actuellement à Roda, mais si cela peut aider l'équipe, je le fais volontiers. Et puis: même si ce n'est pas à ma place habituelle, je joue régulièrement et c'est le principal. Pouvoir jouer régulièrement en D1, est-ce le principal problème auquel est confronté un jeune de 20 ans?Alexandre Di Gregorio (Genk): Personnellement, je suis en tout cas confronté à ce problème. Voici deux ans, Genk m'avait même prêté à Visé pour me permettre d'accumuler du temps de jeu. J'étais revenu au stade Fenix et j'avais fait quelques apparitions en équipe A en fin de saison dernière. Aujourd'hui, je dois faire face à la concurrence de Wesley Sonck et de Moumouni Dagano. Pas une mince affaire! Ce serait sans doute plus simple si j'évoluais dans un club comme Lommel ou Beveren. Je n'envisage toutefois plus de redescendre d'un échelon pour l'instant. Je suis trop heureux de faire partie d'une équipe comme Genk. J'en ai déjà discuté avec Wesley Sonck. Il m'a confié qu'au GBA, il avait connu le même problème: il jouait très peu. Quand je vois où il est arrivé, je ne peux que rêver de suivre ses traces. Comment expliquez-vous qu'il n'y ait qu'un seul joueur appartenant à l'un des trois grands clubs?Gonzague Vandooren (Standard): Il y a aussi Tim Smolders, de Bruges, mais il est blessé. C'est peut-être plus dur de percer dans un grand club qu'ailleurs. Je ne veux pas être considéré comme l'exception qui confirme la règle, mais je me demande si, en dehors de Tim et moi, il y a au sein des effectifs des trois "grands" d'autres joueurs susceptibles d'entrer en considération pour les Espoirs. En général, les jeunes dans les grands clubs sont des étrangers, comme Alin Stoica. Trouvez-vous normal qu'un club comme Anderlecht ne délègue aucun représentant?Tom Soetaers (Roda): Il ne m'appartient pas de juger. On connaît la difficulté pour un jeune d'évoluer en équipe-fanion à Anderlecht. Le seul qui, récemment, y soit parvenu est Walter Baseggio. Pourtant, il y a du talent dans les équipes d'âge du Sporting. Malheureusement, ils ne reçoivent pas leur chance. Cela peut se comprendre car la concurrence est rude et on exige du rendement tout de suite. J'ai quitté le Sporting le coeur lourd, mais j'ai trouvé mon bonheur à Roda. Ici, on accorde une chance réelle aux jeunes Belges. Mieux: on mise sur eux. Il est symptomatique de constater qu'à 22 ans, Kevin Van Dessel est le capitaine d'une équipe néerlandaise. Comment voyez-vous l'évolution du football au cours des dix ou quinze prochaines années?Thomas Chatelle (Genk): On ne tardera pas à assister à la naissance d'une véritable ligue européenne, constituée de grandes équipes qui pourraient éventuellement quitter les championnats nationaux. Personnellement, je le regrette, mais c'est la loi du plus fort et surtout du plus riche. Le football deviendra de plus en plus athlétique. La préparation deviendra de plus en plus "scientifique". Tout devra être prévu. Heureusement, il y a un aspect que l'on ne pourra jamais prévoir, c'est la versatilité de l'être humain. L'organisme d'un footballeur, ce n'est pas le moteur d'une F1. Et le footballeur le mieux entraîné ne sera jamais à l'abri d'un mauvais contrôle ou d'un penalty raté. Aura-t-on recours à la vidéo en matière d'arbitrage? Je n'en suis pas partisan à 100%. D'une part, on ne peut pas interrompre un match à chaque fois qu'il y a une phase litigieuse. Et d'autre part, il faut toujours laisser une place à la sensibilité humaine d'un arbitre. Là où la vidéo serait utile, ce serait pour déterminer si un ballon a oui ou non franchi la ligne de but. Ou pour sanctionner un joueur dont le geste aurait échappé à l'arbitre. Mais pour le reste, je serais plutôt partisan de l'introduction d'un quatrième arbitre. Gardiens de butDaniel Devos