Stoffel Vandoorne est resté votre consultant alors que ce n'était pas gagné d'avance. Comment avez-vous convaincu McLaren ?

Avec le temps, j'ai noué une belle relation avec l'écurie. Les responsables, notamment Eric Boullier, me connaissent et savent que je ne vais pas leur jouer un sale coup ou placer Stoffel dans une situation difficile. Je leur ai expliqué que c'était aussi une manière de le mettre en valeur. Le rôle de consultant lui apporte de la visibilité et lui permet de se former dans ses relations avec les médias. S'il arrive dans la cabine 10 minutes avant le Grand Prix, je ne demande pas pl...

Avec le temps, j'ai noué une belle relation avec l'écurie. Les responsables, notamment Eric Boullier, me connaissent et savent que je ne vais pas leur jouer un sale coup ou placer Stoffel dans une situation difficile. Je leur ai expliqué que c'était aussi une manière de le mettre en valeur. Le rôle de consultant lui apporte de la visibilité et lui permet de se former dans ses relations avec les médias. S'il arrive dans la cabine 10 minutes avant le Grand Prix, je ne demande pas plus ! Stoffel est le meilleur consultant que nous pourrions trouver. Il assiste au briefing des pilotes, il roule en essais, il comprend la course... Les autres télévisions n'ont pas cette chance. Ce sera le cas 12 fois sur l'année, notamment à Bahreïn. Humainement et physiquement, travailler à trois (un caméraman, un réalisateur et moi) devenait impossible. Je suis rentré plusieurs fois dans des états au bord de la rupture. Les autres télés ont plusieurs équipes : ceux qui commentent la course, ceux qui réalisent les interviews, ceux qui montent les sujets,... Sky Grande-Bretagne emmène 85 personnes ! Moi, dès que la course est finie, je dois foncer pour interviewer les coureurs. Les journalistes étrangers me connaissent et je m'arrange pour obtenir la première réaction de Vettel par exemple avant de courir pour questionner Hamilton en essayant de me faufiler parmi la masse de collègues. En nous voyant travailler de la sorte, ils nous prennent pour des fous ! Autre exemple : les conditions font que je suis amené à commenter des reportages sans voir les images. Je rédige alors mes textes via les indications du réalisateur : à telle seconde, Vettel avance dans le paddock, etc. On travaillait de cette manière-là il y a 15 ans ! Je dois gérer plusieurs activités. Pendant le GP2, j'écoute les interviews des coureurs en triple vitesse. Pendant les essais libres, j'écris mes commentaires avec les indications du réalisateur, etc. Bref, le but est de faire évoluer le produit en évitant de réaliser de la télé d'arrière-garde. Par contre, on ne dispose toujours que d'une caméra et on ne pourra pas se couper en deux. Michel Lecomte ne me l'a pas demandé... Il y a deux ans, ma 5e Coupe du Monde s'était bien passée. Mais je ne suis pas amer. Avec 21 Grand Prix cette saison, le travail ne manque pas. PAR SIMON BARZYCZAK " Je suis déjà rentré de Grands Prix de F1 au bord de la rupture physique et mentale " GAËTAN VIGNERON