La RTBF ne met pas les petits plats dans les grands pour la F1. Quand il couvre un GP, Gaëtan Vigneron se retrouve bien souvent livré à lui-même.
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La RTBF ne met pas les petits plats dans les grands pour la F1. Quand il couvre un GP, Gaëtan Vigneron se retrouve bien souvent livré à lui-même. Le mercredi, je rassemble ma documentation et je rédige des fiches. Je fixe le programme de Warm up. Puis, je prends l'avion. Si le GP a lieu en Europe, je décolle le jeudi matin. Si c'est au Brésil ou au Bahreïn, c'est un jour plus tôt. Pour l'Australie, je pars le lundi à cause du décalage horaire. Le jeudi est une journée importante : les coureurs ne roulent pas et sont plus abordables. Sur place, je quitte le paddock vers 19 h et je rejoins mon hôtel. Le vendredi, lors des essais libres, je reste dans ma cabine de commentateur pour suivre les chronos et prendre mes marques. Je note un maximum d'informations et passe le reste du temps dans le paddock. En soirée, je complète mon carnet magique. C'est un répertoire classé par thèmes où je rassemble les statistiques par écurie, pilotes... Il m'aide à retrouver rapidement une information ou un chiffre. Non. Parfois, je suis accompagné par un cameraman. Le programme est alors différent. Le jeudi, je réalise des interviews. Le lendemain, le caméraman est à l'affût des images intéressantes. Le vendredi soir, nous montons les reportages. C'est un exercice difficile pour deux raisons. On est obligé de faire appel à un monteur étranger avec qui il faut négocier. Puis, on travaille à l'envers : je rédige mon texte avant d'effectuer le montage. Ce qui n'est pas évident car je dois veiller à être en adéquation avec des images... que je n'ai pas vues. Il n'est pas rare que j'appelle le caméraman vers une heure et demie du matin pour discuter du montage. Une partie de la nuit est ensuite dédiée à compléter mon carnet. Le samedi, rebelote : essais, collecte de l'information et montage en soirée si le caméraman est du voyage. Loin de là. Comme je suis seul, je dois préparer et démonter le matériel de ma cabine : connecter les prises, etc. J'ai aussi un billet radio à rédiger. A chaque fois, on se dit qu'on prendra du bon temps le dimanche soir. Mais on est tellement fatigué qu'on a envie de rien. C'est un boulot usant. Rien n'est dit dans ta langue, les voitures produisent un boucan qui te met les nerfs à bout après quatre jours et il faut toujours négocier avec les écuries pour obtenir ce que tu veux. Mais je ne me plains pas car cela me passionne toujours.