J'ai déjà eu le bonheur de vivre pas mal de choses. Un joueur se souvient toujours du club de ses premiers pas, du stade où il célébra ses débuts en D1. Mon aventure sportive a débuté à Tilleur-Liège en D3 et en D2. Ce fut une époque intéressante mais la D1 ne faisait pas encore partie de mon univers. Je l'ai découverte à Saint-Trond dont je garde un souvenir attendri. C'était la transition idéale avant de passer à Bruges. Au Club, les ambitions étaient décuplées par rapport à ailleurs. J'y suis arrivé en 1999. Paradoxalement, mon année déclic ne date de mes premières expériences en D1. Avec le recul, je préfère 2002-2003. Autant que tout le groupe, j'ai gravi plusieurs échelons en quelques mois. J'intégrais le noyau de l'équipe nationale, Bruges faisait jeu égal avec Anderlecht en championnat mais il manquait une grande confirmation sur le plan international. Elle est venue via la Ligue des Champions.

Bruges y a souvent signé des exploits, des retournements de situation. La Ligue des Champions est devenue un must, l'événement que les grands clubs ne veulent plus manquer. C'est à la fois du prestige et une manne financière. Un joueur ambitieux peut y tester ses potentialités. Nous avons beaucoup travaillé afin d'y arriver. Mais ce n'était pas qu'une récompense. En poule, nous avons hérité de Galatasaray, du FC Barcelone et du Lokomotiv Moscou. Bruges avait son système en championnat. Trond Sollied avait évidemment opté pour le 4-3-3. Les mécanismes étaient parfaitement mis au point. Bruges écartait bien son jeu sur les ailes. Bien que droitier, je me suis le plus souvent retrouvé à gauche cette année-là. A droite, il y avait Sergiy Serebrennikov et NastjaCeh oeuvrait au centre de la pelouse. La double confrontation face au FC Barcelone fit le plus de bruit. J'avais déjà joué au Camp Nou en 2000 lors d'un match de Coupe de l'UEFA. Cela m'avait marqué même si cela se termina sur un nul. Ce stade est immense. Tout y est hors mesure : l'enceinte, la pelouse, la ferveur des supporters, la qualité de l'opposition, etc.

Quand on revient, c'est différent. Nous avions déjà pris de la bouteille. J'avais progressé au fil de ces campagnes européennes. Je m'impliquais plus dans le jeu, je marquais de temps en temps mon petit but. Bruges n'a pas franchi le cap de son groupe. Il ne s'en est pas fallu de beaucoup. A Barcelone, nous avons forgé un beau 3-2. Chez nous, certains de la qualification, hautains, les Catalans déplacèrent leur équipe B et émergèrent sur un contre. Au Lokomotiv Moscou, nous avons été surpris par les attaques de l'hiver russe. Puis, Stuttgart nous élimina en Coupe de l'UEFA. Le plus important résidait dans la découverte de nos potentialités.

Bruges était taillé pour l'Europe. Mais il faut encore plus soigner les détails, être réaliste. A ce niveau-là, il suffit d'une erreur pour faire basculer le cours des choses. La concentration ne peut pas être relâchée. Les joueurs s'engagent plus que dans leur championnat. Ce sont de grandes batailles tactiques. Je me suis régalé en jouant contre des grands noms du football européen. C'est motivant et j'attendais ces rendez-vous avec impatience. En 2002-2003, je me suis rendu compte que le travail payait aussi cash en Ligue des Champions. Tout y atteint une autre dimension.

Je me suis régalé en Ligue des Champions

Beaucoup estiment, à tort, qu'on perd de l'influx et qu'une campagne européenne se paye dans le championnat de son pays. Je ne suis pas d'accord. Les joueurs préfèrent multiplier les matches. Entre une affiche européenne et un match de D1, on s'entraînait à peine. Il fallait bien sûr faire le nécessaire mais tout s'enchaînait très vite. Le plus beau des laboratoires, c'est quand même le terrain. Bruges avait l'avantage d'avoir une conception tactique précise, presque immuable. Elle s'est perfectionnée en Ligue des Champions et ce fut important pour le... championnat. Si cela tournait bien en Ligue des Champions, il n'y avait pas de raisons pour que cela se complique en championnat.

Cette campagne européenne a renforcé Bruges qui, cette saison-là, émergea en fin de championnat. Une présence en Ligue des Champions, le titre : c'était intéressant. Bruges y a évidemment pris goût. Tout le monde est de plus en plus ambitieux. La venue de Michel D'Hooghe à la présidence et de Marc Degryse au poste de directeur sportif a accentué ce sentiment. La Ligue des Champions est désormais un must.

Il n'y a pas de secrets brugeois. Ici, tout passe d'abord par le travail. En 2002-2003, Bruges avait déjà 80 % de l'équipe actuelle. Danny Verlinden était là depuis longtemps. Dejan Nemec ne dépassa jamais le statut de doublure. Danny a signé tant de grands matches. C'était un roc. La défense ressemblait largement à celle d'aujourd'hui : Birger Maertens, Marek Spilar, PhilippeClement, Peter Van der Heyden, Olivier De Cock. Timmy Simons jouait derrière ou dans l'entrejeu. Nastja s'installait à la manoeuvre. Gert Verheyen était tellement solide en pointe. Son vécu était extraordinairement utile. Sandy Martens impressionnait parfois. Puis, il y avait Andrés Mendoza. Le Péruvien était un grand joueur. Personne n'en doute. Sa classe nous aurait encore été utile. Son pied gauche a souvent fait la différence. Personne n'a oublié le magnifique but que le Péruvien marqua à l'AC Milan. Il a conclu avec classe une action collective. Andrés aurait dû multiplier de tels coups d'éclat. Mais il était mal entouré. A la longue, cela l'a complètement isolé. Il était devenu ingérable. Je regrette son départ mais c'est d'abord son problème.

Tout le monde doit s'adapter en débarquant dans un nouveau club. Je n'ai jamais eu de problèmes à Bruges. Cette saison, la stabilité constituera, une fois de plus, un de nos plus grands atouts. Comme en 2002-2003, Bruges doit prendre part à la Ligue des Champions. Nous avons acquis un bon bonus face à Plovdiv. Il s'agira d'être attentif en Bulgarie. Bosko Balaban a fait la différence avec ses deux débuts. J'ai l'impression que ce bon joueur peut devenir le nouveau Mario Stanic de Bruges. Il ne faudra pas relever le nez du guidon si Bruges veut vivre les mêmes joies qu'en 2002-2003, la plus importante saison de ma carrière.

Il n'y a pas de SECRETS BRUGEOIS

J'ai déjà eu le bonheur de vivre pas mal de choses. Un joueur se souvient toujours du club de ses premiers pas, du stade où il célébra ses débuts en D1. Mon aventure sportive a débuté à Tilleur-Liège en D3 et en D2. Ce fut une époque intéressante mais la D1 ne faisait pas encore partie de mon univers. Je l'ai découverte à Saint-Trond dont je garde un souvenir attendri. C'était la transition idéale avant de passer à Bruges. Au Club, les ambitions étaient décuplées par rapport à ailleurs. J'y suis arrivé en 1999. Paradoxalement, mon année déclic ne date de mes premières expériences en D1. Avec le recul, je préfère 2002-2003. Autant que tout le groupe, j'ai gravi plusieurs échelons en quelques mois. J'intégrais le noyau de l'équipe nationale, Bruges faisait jeu égal avec Anderlecht en championnat mais il manquait une grande confirmation sur le plan international. Elle est venue via la Ligue des Champions. Bruges y a souvent signé des exploits, des retournements de situation. La Ligue des Champions est devenue un must, l'événement que les grands clubs ne veulent plus manquer. C'est à la fois du prestige et une manne financière. Un joueur ambitieux peut y tester ses potentialités. Nous avons beaucoup travaillé afin d'y arriver. Mais ce n'était pas qu'une récompense. En poule, nous avons hérité de Galatasaray, du FC Barcelone et du Lokomotiv Moscou. Bruges avait son système en championnat. Trond Sollied avait évidemment opté pour le 4-3-3. Les mécanismes étaient parfaitement mis au point. Bruges écartait bien son jeu sur les ailes. Bien que droitier, je me suis le plus souvent retrouvé à gauche cette année-là. A droite, il y avait Sergiy Serebrennikov et NastjaCeh oeuvrait au centre de la pelouse. La double confrontation face au FC Barcelone fit le plus de bruit. J'avais déjà joué au Camp Nou en 2000 lors d'un match de Coupe de l'UEFA. Cela m'avait marqué même si cela se termina sur un nul. Ce stade est immense. Tout y est hors mesure : l'enceinte, la pelouse, la ferveur des supporters, la qualité de l'opposition, etc. Quand on revient, c'est différent. Nous avions déjà pris de la bouteille. J'avais progressé au fil de ces campagnes européennes. Je m'impliquais plus dans le jeu, je marquais de temps en temps mon petit but. Bruges n'a pas franchi le cap de son groupe. Il ne s'en est pas fallu de beaucoup. A Barcelone, nous avons forgé un beau 3-2. Chez nous, certains de la qualification, hautains, les Catalans déplacèrent leur équipe B et émergèrent sur un contre. Au Lokomotiv Moscou, nous avons été surpris par les attaques de l'hiver russe. Puis, Stuttgart nous élimina en Coupe de l'UEFA. Le plus important résidait dans la découverte de nos potentialités. Bruges était taillé pour l'Europe. Mais il faut encore plus soigner les détails, être réaliste. A ce niveau-là, il suffit d'une erreur pour faire basculer le cours des choses. La concentration ne peut pas être relâchée. Les joueurs s'engagent plus que dans leur championnat. Ce sont de grandes batailles tactiques. Je me suis régalé en jouant contre des grands noms du football européen. C'est motivant et j'attendais ces rendez-vous avec impatience. En 2002-2003, je me suis rendu compte que le travail payait aussi cash en Ligue des Champions. Tout y atteint une autre dimension. Beaucoup estiment, à tort, qu'on perd de l'influx et qu'une campagne européenne se paye dans le championnat de son pays. Je ne suis pas d'accord. Les joueurs préfèrent multiplier les matches. Entre une affiche européenne et un match de D1, on s'entraînait à peine. Il fallait bien sûr faire le nécessaire mais tout s'enchaînait très vite. Le plus beau des laboratoires, c'est quand même le terrain. Bruges avait l'avantage d'avoir une conception tactique précise, presque immuable. Elle s'est perfectionnée en Ligue des Champions et ce fut important pour le... championnat. Si cela tournait bien en Ligue des Champions, il n'y avait pas de raisons pour que cela se complique en championnat. Cette campagne européenne a renforcé Bruges qui, cette saison-là, émergea en fin de championnat. Une présence en Ligue des Champions, le titre : c'était intéressant. Bruges y a évidemment pris goût. Tout le monde est de plus en plus ambitieux. La venue de Michel D'Hooghe à la présidence et de Marc Degryse au poste de directeur sportif a accentué ce sentiment. La Ligue des Champions est désormais un must. Il n'y a pas de secrets brugeois. Ici, tout passe d'abord par le travail. En 2002-2003, Bruges avait déjà 80 % de l'équipe actuelle. Danny Verlinden était là depuis longtemps. Dejan Nemec ne dépassa jamais le statut de doublure. Danny a signé tant de grands matches. C'était un roc. La défense ressemblait largement à celle d'aujourd'hui : Birger Maertens, Marek Spilar, PhilippeClement, Peter Van der Heyden, Olivier De Cock. Timmy Simons jouait derrière ou dans l'entrejeu. Nastja s'installait à la manoeuvre. Gert Verheyen était tellement solide en pointe. Son vécu était extraordinairement utile. Sandy Martens impressionnait parfois. Puis, il y avait Andrés Mendoza. Le Péruvien était un grand joueur. Personne n'en doute. Sa classe nous aurait encore été utile. Son pied gauche a souvent fait la différence. Personne n'a oublié le magnifique but que le Péruvien marqua à l'AC Milan. Il a conclu avec classe une action collective. Andrés aurait dû multiplier de tels coups d'éclat. Mais il était mal entouré. A la longue, cela l'a complètement isolé. Il était devenu ingérable. Je regrette son départ mais c'est d'abord son problème. Tout le monde doit s'adapter en débarquant dans un nouveau club. Je n'ai jamais eu de problèmes à Bruges. Cette saison, la stabilité constituera, une fois de plus, un de nos plus grands atouts. Comme en 2002-2003, Bruges doit prendre part à la Ligue des Champions. Nous avons acquis un bon bonus face à Plovdiv. Il s'agira d'être attentif en Bulgarie. Bosko Balaban a fait la différence avec ses deux débuts. J'ai l'impression que ce bon joueur peut devenir le nouveau Mario Stanic de Bruges. Il ne faudra pas relever le nez du guidon si Bruges veut vivre les mêmes joies qu'en 2002-2003, la plus importante saison de ma carrière. Il n'y a pas de SECRETS BRUGEOIS