Les Belges qui ont du succès à l'étranger ne courent pas les rues. Gaby Mudingayi (23 ans) est pourtant en bonne voie au Torino, en Série B. Le médian défensif, transféré de Gand durant la saison 2003-2004, est concerné par la montée, même si une blessure à la cuisse le tracasse.
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Les Belges qui ont du succès à l'étranger ne courent pas les rues. Gaby Mudingayi (23 ans) est pourtant en bonne voie au Torino, en Série B. Le médian défensif, transféré de Gand durant la saison 2003-2004, est concerné par la montée, même si une blessure à la cuisse le tracasse. Gaby Mudingayi : Pas du tout. Je suis indisponible pour un mois. Le club a insisté pour que je me fasse soigner ici. Il veut me récupérer le plus vite possible. Pour le moment, je suis incontournable comme aspirateur dans l'entrejeu. L'entraîneur, la direction et les supporters espèrent un retour rapide. Je reçois même des réductions au supermarché local, tant les gens apprécient ma combativité. Cela va mieux de semaine en semaine. Je me suis rapidement intégré. A plusieurs reprises, comme contre Ascoli, je me suis distingué. Je progresse à tous points de vue. J'ai beaucoup évolué tactiquement et en matière de condition. Mon jeu de tête s'est amélioré, mon passing est devenu plus précis. Mentalement aussi, je suis plus fort. Je marque mon but de temps en temps, comme récemment contre Catanzaro. Par contre, je dois encore affiner ma technique. La continuité. Cette saison, nous avons perdu des points contre des adversaires qui étaient abordables, sur papier. Il n'y a pas de différence de qualité. Le titre demeure notre ambition mais pour y arriver, nous devons arrêter de gaspiller des points, comme contre Trévise. Ce que nous n'avons pas réussi la saison passée doit être accompli cette fois. Nous ne manquons d'ailleurs pas de joueurs qui ont évolué au plus haut niveau. Je regrette notre élimination en Coupe, des £uvres de la Sampdoria. Nous pouvions l'éviter. J'entends les supporters spéculer sur un éventuel départ. Concrètement, je n'en sais encore rien du tout, y compris d'Arsenal, même si la presse m'a appris son intérêt. Le foot de combat de la PremierLeague me conviendrait bien. Brescia et Chievo seraient également intéressés. J'attends tranquillement, sans exclure de rester au Torino. Il y a deux mois, il était question de quatre millions. Le club m'a acheté pour 250.000 euros à Gand. La conclusion est vite tirée, non ? Pas beaucoup pour le moment, pour être franc. J'ai d'autres choses en tête, comme ma prochaine paternité. Je me concentre sur le Torino. Les connaisseurs italiens m'adressent des signaux positifs de toutes parts. Cette confiance me comble. J'ai l'impression que la Belgique ne compte pas vraiment sur moi. On me respecte davantage ici. Peut-être est-ce pour cela que je n'entretiens plus guère de contacts avec la Belgique. J'ai perdu mon temps à Gand. Ici, je suis le chouchou du public. A Gand, personne ne me reconnaissait en rue. Je n'ai joué qu'un match contre la Pologne et depuis, je n'ai plus eu de contact avec le sélectionneur. Si Aimé Anthuenis préfère Yves Vanderhaeghe, c'est son problème mais je me demande si la Fédération effectue du scouting. On me pare du titre de révélation de la Série B. Cela doit bien arriver en Belgique ? Par ailleurs, je n'ai rien à dire de négatif à propos du sélectionneur. Il m'a aidé à percer en me retenant alors que je n'avais rien fait. Je dois beaucoup à Jean-François de Sart également. Maintenant, en Italie, j'ai l'occasion de prendre une revanche sportive. Nul ne croyait en moi à Gand, hormis Herman Vermeulen, l'entraîneur adjoint. Mais ne me comprenez pas de travers. J'ai choisi la nationalité belge. Si on m'appelle, je répondrai présent. par Fréderic Vanheule et Bert Boonen