Dans quelques mois, le stade Artevelde, nouveau port d'attache de Gand, commencera à être érigé près de la jonction E40-E17 après la destruction de l'ancien marché. Le club quittera l'Ottenstadion, au soulagement des riverains et la Ville résoudra ainsi un problème épineux. La nouvelle arène sera prête pour la saison 2008-2009 et payée par un montage assuré par la Ville de Gand et Optima, un des sponsors du club, société de conseils fiscaux et financiers.
...

Dans quelques mois, le stade Artevelde, nouveau port d'attache de Gand, commencera à être érigé près de la jonction E40-E17 après la destruction de l'ancien marché. Le club quittera l'Ottenstadion, au soulagement des riverains et la Ville résoudra ainsi un problème épineux. La nouvelle arène sera prête pour la saison 2008-2009 et payée par un montage assuré par la Ville de Gand et Optima, un des sponsors du club, société de conseils fiscaux et financiers. La Ville sera propriétaire du stade à raison de 80 % et elle réalise un bon investissement puisque le marché était désaffecté et qu'on érige à sa place un pôle économique. Car le projet est plus que purement sportif. Des bureaux seront aménagés à côté du stade. En dessous des tribunes, il y aura des boutiques, un bowling, une discothèque, un fitness, des restaurants. Le stade devra être utilisé 300 jours par an pour divers événements et devenir un lieu de rendez-vous. Cela impliquera quelques compromis : les magasins devront fermer au moment des matches. Les parkings devront être vidés deux heures avant les matches. Les magasins ne pouvant fermer à 16 h le samedi, il n'y aura donc pas de match à 18 h. Le club louera le stade, mais Patrick Lips, le directeur commercial, insiste : le football sera prioritaire. " Ce nouveau stade sera attractif, confortable, favorable au business. Une nouvelle enceinte attire l'attention et tout sera propre et fonctionnel. Une allée pédestre permettra de faire le tour du stade, de rencontrer les autres spectateurs et d'accéder aux restaurants. On aménagera aussi une loge de 1.000 personnes. Nous aurons des skyboxes, une primeur en Belgique. Ce sont des loges dont les sièges sont à l'air libre afin que leurs détenteurs profitent de l'ambiance tout en profitant du chauffage. Loges et seats ne représentent que 10 % de la capacité mais 50 % des rentrées. Dans un Boeing, c'est pareil : c'est grâce à la business class que les places économiques sont aussi abordables ". Le club exploitera un café à thème, comme le RC Genk, et un restaurant démocratique : " Les supporters ne devront plus se fixer rendez-vous dans un autre endroit. Ils pourront se retrouver ici en toute convivialité. Et en dehors des matches, en faisant leurs achats, les gens auront vue sur la pelouse. C'est quand même spécial, non ? Et tous les espaces non commerciaux seront ornés de nos couleurs et nous y aurons nos bureaux, ce qui constitue un avantage par rapport à la situation actuelle ". Bref, Gand offrira plus de confort à ses supporters et espère en attirer davantage. Le club a actuellement une assistance moyenne de 7.500 spectateurs, or le stade Artevelde aura une capacité de 20.000 spectateurs, une folie aux yeux de beaucoup. Lips rétorque que Gand ne jouera pas toujours dans un stade comble mais qu'il peut attirer 4.000 personnes de plus : " Il devra être complet pour les affiches, par contre, et nous espérons qu'au fil du temps, ce phénomène se reproduira de plus en plus souvent. Ainsi, notre budget, de 8,2 millions d'euros, passera à 11 millions, puis à 14, ce qui nous permettra d'embaucher des joueurs de talent et de nous qualifier pour la Ligue des Champions ou au moins la Coupe UEFA ". Les Gantois ont effectué moult visites aux Pays-Bas, qui ont rénové leurs stades depuis belle lurette alors que la Belgique n'a guère mis à profit l'EURO 2000. Là-bas, on a constaté, en dix ans, une augmentation assez nette de l'assistance, grâce au meilleur confort. Elle est passée de 12.000 personnes par match à plus de 16.000. En Hollande, femmes et enfants se rendent au stade. Les anciens regretteront l'Ottenstadion mais la jeune génération raffolera de la nouvelle arène. Lips : " Nos vieilles pierres sont témoins de beaucoup d'événements. Moi-même, je me sentirai sans doute mal au moment de déménager mais nous n'avons pas le choix, même si ce départ clora un important chapitre de l'histoire des Buffalos ". PETER MANGELSCHOT