Le fleuve rouche charriera toujours plus d'alluvions que la Meuse. Certains sont utiles afin de fertiliser le jeu et les ambitions liégeoises rassurées par un premier succès à domicile en championnat contre Lokeren (1-0). D'autres polluent les berges, compliquent le jeu du coach, des dirigeants et des joueurs.
...

Le fleuve rouche charriera toujours plus d'alluvions que la Meuse. Certains sont utiles afin de fertiliser le jeu et les ambitions liégeoises rassurées par un premier succès à domicile en championnat contre Lokeren (1-0). D'autres polluent les berges, compliquent le jeu du coach, des dirigeants et des joueurs. Alexandros Kaklamanons a défrayé la chronique en fin de semaine passée. Un contrôle antidopage, exécuté le 28 août par la Communauté Française, après Standard-Brussels, a révélé la présence de cocaïne dans l'échantillon d'urine du colosse de Rhodes. Kaklamanos a nié l'utilisation de tout produit illicite. Après avoir pris connaissance du dossier, il avait dix jours pour aller en appel et exiger une contre-expertise. Si celle-ci est positive, il sera suspendu pour deux ans par l'Union Belge (ce sont les règles FIFA qui l'exigent) et le Standard mettra fin à son contrat pour faute grave. La direction liégeoise est logiquement adepte de la tolérance zéro. Un sportif est une référence, surtout pour les jeunes. Des faits de cette importance ne peuvent être passées au bleu. Une contre-expertise positive signifierait probablement la fin de la carrière de ce joueur. Sa défense est assurée par Maître Laurent Denis qui gère les récents problèmes du cycliste Christophe Brandt (exclu du Tour de France pour usage de méthadone puis blanchi) et d' Ali Lukunku également positif pour les mêmes raisons. " Brandt a été réhabilité et je sais où je vais en ce qui concerne Lukunku ", a déclaré l'homme de loi. " Le dossier Kaklamanos est le plus difficile des trois. Je veux savoir dans quelles circonstances il aurait pris ce produit ". Acquis afin d'assumer le rôle de tour, il s'est retrouvé dans une équipe jouant en contres, cherchant trop vite la profondeur, dépourvue de centreurs. La venue en 2003-2004 d' Emile Mpenza, spécialiste de la profondeur, ne fit qu'accentuer ce phénomène. Il n'y en avait plus que pour E1000 tandis que Sambegou Bangoura et Kaklamanos s'évaporaient. Un double crash douloureux. La preuve : le Standard se cherche toujours une ligne d'attaque. Les Liégeois ont innové face à Bochum en avançant Gonzague Vandooren aux avant-postes. Le coach de la Ruhr a dû être étonné même si la presse quotidienne évoqua ce stratagème le jour du match. Le back gauche à l'attaque : il fallait le faire même si le grand Gonzague est un ancien attaquant et pouvait perturber le trafic devant le gardien de but allemand. L'absence de Wamberto pour fracture du péroné (face à Genk) accéléra la maturation de cette idée qui ne datait pas d'hier. En août, Michel Preud'homme nous signala que ce serait une option en cas de soucis offensifs Dans sa quête de nouveaux équilibres, Dominique D'Onofrio a noté des progrès intéressants contre Bochum et Lokeren. Mais il se retrouve aussi, paradoxalement, face à des problèmes. Les Liégeois ont peut-être eu tort de ne miser souvent que sur leur 4-3-1-2 et les longs ballons. Cette façon de jouer ne colle pas avec les qualités techniques de quelques éléments du groupe, surtout les Argentins, les Brésiliens et les Portugais : Michel Garbini, Sergio Conceiçao, Juan Ramon Curbelo, Carlos Alberto, Wamberto, etc. Ils représentent une grosse partie du vestiaire. L'osmose n'est pas encore réelle car les joueurs ne relèvent pas tous de la même culture du football. Contre Bochum, Garbini, pas du tout à son affaire, réclama plus d'une fois la balle dans les pieds alors qu'elle décollait vers les cieux. Il était paumé et le fut encore plus contre Lokeren. Par rapport au 4-3-1-2 très (trop) rigide du Standard, Bochum ne cessa de varier son occupation, passant harmonieusement, presque invisiblement, du 4-3-3, au 4-4-2, au 4-2-4 et au 4-5-1. Le Standard était trop prévisible. DD savait qu'il devait tout reprendre à zéro. Son boulot a porté ses fruits au niveau de la défense. Vedran Runje était heureux d'avoir gardé le zéro au niveau du marquoir contre Bochum. Il le fut tout autant face à Lokeren même s'il dut jouer plus d'une mi-temps avec un genou douloureux. Il paya de sa personne en réalisant deux sorties de classe dans des panards allemands. Ivica Dragutinovic et Ogushi Onyewu ont progressé dans leur cohésion au centre de la défense. L'Américain fut même le meilleur Standardman sur le terrain en Coupe d'Europe. Celui-là, il a tout : taille, présence, technique, culot, sens de l'anticipation, remises en jeu à la main d'une puissance diabolique. Les grands clubs européens ne tarderont pas à s'intéresser à lui. A droite, Eric Deflandre a du métier à revendre. Pour le moment, il faut assurer, bâtir une défense, garder la cage inviolée et ses montées sont comptées. L'ex-Lyonnais assure derrière les médians comme ce fut le cas dans la roue de Sergio Conceiçao dimanche. Philippe Léonard espérait régler son retard physique durant deux semaines supplémentaires. Pas le temps et il a dû monter au feu plus tôt que prévu, face à Bochum. Même si sa fin de match fut dure, il a bien géré ses problèmes. Quand il sera à 100 %, cela fera mal. La preuve par la perfection de son centre sur le but de Sambegou Bangoura face à Lokeren. Si la défense a souligné ses progrès et fut invaincue lors de ses deux dernières sorties, la ligne médiane a piétiné. Même s'il est actif, Juan Ramon Curbelo ne sera jamais un autre Roberto Bisconti. Ce dernier était plus athlétique, plus présent dans les duels, plus fort de la tête. Pourquoi ne pas faire plus confiance à Karel Geraerts (excellent remplaçant de Jonathan Walasiak face à Lokeren) ou surtout à Laurent Gomez dont on dit le plus grand bien ? Garbini étudie le football belge. Quand présentera-t-il sa thèse ? Il a échoué à son dernier examen en championnat et son test d'allemand ne fut pas bon. Walasiak cherche ses sensations après sa blessure. Conceiçao a les beaux restes d'une grande vedette : sa deuxième mi-temps contre Lokeren fut de toute beauté et il devient petit à petit un patron. En pointe, Bangoura est parfois obligé de trop jouer dos au but car il n'a pas assez de centres. Mohammed Tchite est dans le creux. Vandooren ne peut être qu'un dépanneur même si DD pense avoir trouvé, avec lui, l'attaquant que le Standard cherchait. Reste la solution Jari Niemi qui mérite plus que 25 minutes de jeu contre Lokeren... Dimanche dernier, le Standard a varié son jeu. Il a entamé les hostilités en 4-3-1-2 sans Vandooren en pointe (blessure aux adducteurs) remplacé par Tchite. La donne tactique glissa de façon intéressante quand Geraerts monta au jeu afin d'aider Juan Ramon Curbelo dans le travail de pare-chocs. Cela permit à Conceiçao de glisser sur le flanc droit et d'y signer une magnifique deuxième mi-temps. Pierre BilicLA DéFENSE çA VA, mais il y a du travail dans l'entrejeu et l'attaque