Philippe Saint-Jean est de retour à Tubize en D2. Il remplace André Laus qui avait lui-même, récemment, dû pourvoir à la fonction d'entraîneur. Enzo Scifo s'est effacé et est redevenu directeur technique. C'est une équipe très mal en point que Saint-Jean récupère. En outre, il doit composer avec le fait qu'il n'a pu préparer ses joueurs et obtenir de renfort. Le Brainois a été viré du Futurosport il y a peu et démis de ses fonctions de coach de Mouscron en mars 2005.
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Philippe Saint-Jean est de retour à Tubize en D2. Il remplace André Laus qui avait lui-même, récemment, dû pourvoir à la fonction d'entraîneur. Enzo Scifo s'est effacé et est redevenu directeur technique. C'est une équipe très mal en point que Saint-Jean récupère. En outre, il doit composer avec le fait qu'il n'a pu préparer ses joueurs et obtenir de renfort. Le Brainois a été viré du Futurosport il y a peu et démis de ses fonctions de coach de Mouscron en mars 2005. Avide de challenge, Saint-Jean ne pensait tout de même pas se retrouver au Stade Leburton. Mais il y est extrêmement apprécié et presque tout le monde à Tubize souhaitait son retour, tant le président Raymond Langendries que les supporters. Philippe Saint-Jean : L'accueil a été très chaleureux. C'est d'ailleurs la principale raison qui m'a poussé à reprendre le flambeau. Car, honnêtement, je ne voulais pas revenir à Tubize. Reprendre une équipe à la trêve est une tâche ardue et dangereuse. Mais, j'ai signé en février. C'est vraiment tard. Depuis son fantastique départ, l'équipe n'a presque plus été en mesure de rivaliser avec les autres formations de la série. Les négociations ont débuté il y a deux mois. A chaque fois, les dirigeants se faisaient opposer une fin de non-recevoir. Mais leur engouement à mon égard m'a finalement fait craquer. A Tubize, les gens considèrent que je suis quelqu'un de brave et qui dit beaucoup de bien devant les journalistes. Disons que je ne suis pas hypocrite. Déjà après la cinquième rencontre de championnat, alors que tout fonctionnait encore bien sous l'égide d'Enzo, le club m'avait déjà fait du pied. A cet instant, je leur avais signifié que je voulais bien discuter pour la saison prochaine. J'avais promis aux parents des jeunes joueurs du Futurosport que je les encadrerais. Non ! J'ai été viré avant que celui-ci ne puisse se produire. Si j'ai dû quitter le Futurosport, c'est parce que mon licenciement coûtait moins cher à Mouscron que celui de Broeckaert. Il a un contrat qui court jusqu'en 2009, alors que moi, je n'avais signé que jusqu'en 2007. Franchement, je regrette presque tout ! Et pas uniquement mon expérience à Mouscron. Tout a commencé à Braine. Je suis passé par l'équipe nationale et aussi Tubize. J'ai vécu des moments inoubliables mais je n'aurais voulu connaître qu'un club, comme Guy Roux à Auxerre ! Non, pas du tout. Je suis très concentré sur mon sujet mais, je suis tellement stressé que j'ai très peu dormi ces derniers temps. Pouvoir travailler sur le long terme et la formation de jeunes m'a toujours attiré et je souhaite que l'on développe le centre de formation de Tubize. J'ai également encore des relations avec les formateurs de Braine et de Mouscron. Je dispose de toute une équipe de travail, dispersée un peu partout. Dire je est un peu présomptueux. Je ne suis pas un patron, mais j'oriente. Je remets toujours en question ma méthode. J'ai récemment vu un formateur de Mouscron qui m'a présenté un fantastique travail technique et tactique sur cd-rom. Ce que je tends à faire comprendre, c'est qu'il y a des gens compétents partout et que, bizarrement, ils travaillent presque tous pour très peu d'argent. Car former, c'est quand même aider la jeunesse ! Ce qui relève du politique. On s'étonne du piètre niveau du foot belge mais on n'a rien fait pour l'améliorer, au contraire de la France, l'exemple éternel. J'ai reçu des gens du club chez moi le jeudi 2 février. Ils ont vraiment extrêmement insisté et m'ont averti du fait que je devais rencontrer encore d'autres personnes au club. Je dois coacher des joueurs avec lesquels je n'ai effectué aucune préparation et je les ai incités à se motiver mentalement. A ce niveau là, ils n'étaient vraiment pas prêts ! C'est logique : ils ont pris l'habitude de perdre. De là à critiquer ou à juger le travail d'Enzo, il y a un pas que je ne franchirai pas. Enzo est quelqu'un de charmant, d'honnête et d'ouvert à toute discussion. La preuve en est qu'il m'a dit qu'il n'a pas la science infuse et qu'il veut tout faire pour redresser la situation. Absolument pas ! L'explication se trouve dans ce que je viens de déclarer. En outre, Enzo et moi nous connaissons depuis un petit temps. Il m'avait déjà contacté à l'époque où il officiait en tant que coach à Charleroi. Déjà, on est d'accord sur un point : l'objectif du club ne peut être que le maintien. Auxerre, au début de chaque saison, vise seulement le maintien pour rapidement se mettre à l'aise. Après ce but atteint, on est prêt à, éventuellement, réaliser de grandes choses. Mais mes joueurs peuvent très vite retomber dans leur travers, même si actuellement, les entraînements se déroulent très bien. En résumé, on ne souhaite pas terminer dans le top 3 des derniers. Comme je l'ai dit, le stress est vraiment immense. Heureusement que je connais déjà une petite dizaine de joueurs, que j'ai déjà eus sous mes ordres. Je vais donc pratiquer le même football qu'à l'époque avec quelques nouvelles touches. Le problème tient dans le fait que le système tactique se choisit généralement lors de la préparation. Durant celle-ci, on peut faire des essais et on observe les résultats de ces choix lors des joutes amicales. Là, je dois tout faire en même temps : mes matches tests seront les matches officiels ! Cela m'est complètement égal. J'accorde beaucoup plus d'importance aux relations humaines. Je me suis effacé un peu partout dans le milieu footballistique. J'ai demandé à BeTv de ne plus trop convoiter mes services. Je ne donne plus beaucoup d'interviews et je ne veux attaquer personne. Je ne suis pas du tout rancunier, même envers Mouscron. La vengeance n'est pas pour moi ! Je dois avouer que je fais souvent preuve d'une certaine naïveté. Je suis idéaliste et ne serai jamais du côté des profiteurs. J'ai eu de formidables relations humaines en dehors du foot, lorsque je travaillais pour un agent de change. Lorsque je coachais l'équipe Première de Braine, Jean-Pierre Detremmerie m'avait déjà proposé de réaliser mon rêve : le Futurosport. Comme quoi, il y a des bonnes intentions à tous les échelons. Mais j'ai attendu en vain les terrains, notre outil de travail. Je n'ai finalement pas pu totalement concrétiser ce rêve. Ensuite, les vautours sont arrivés... J'ai eu l'impression d'y être moi-même confronté en tant que coach à Mouscron. Après notre 16e rencontre, on totalisait 21 unités. On allait donc, en toute vraisemblance, se mettre rapidement à l'aise ! En outre, Marcin Zewlakow était très en forme. Mais la 17e journée allait tout démolir. Bien que la veille, le club avait en plus annoncé qu'il n'allait pas être mis en faillite, une demi-douzaine de joueurs en fin de contrat onéreux ne voulait pas re-signer. Et bizarrement, à la 91e minute au Brussels, un de ces joueurs effectue une mauvaise passe ou plutôt un assist au Bruxellois Saïd Makasi. Ce dernier marque et nous achève. Résultat : 2-1. Certains joueurs ont apparemment d'immenses facilités à lever le pied. Mais attention, je ne dis pas que le bonhomme en question a été corrompu... Une chose est sûre : nos structures ne sont pas assez préparées pour contrer la corruption. Non, pas du tout. Je dirais que je suis un formateur de seniors. Je n'ai entraîné que des équipes Premières ces dernières années. Oui, à 100 % ! Je fais tout avec le c£ur. Le reste ne m'intéresse pas. TIM BAETE