A la mi-août, quand Pierre-Emerick Aubameyang a marqué le but de la victoire contre le Bayern, en Supercoupe, les 23.454 supporters de la Südkurve ont donné libre cours à leur liesse. Comme d'habitude, le stade Signal Iduna, d'une capacité de 80.645 places, était comble. Aucun autre club de Bundesliga n'a fait mieux la saison passée, avec une moyenne de 79.856 spectateurs par match. C'est plus que le Bayern, le champion (71.131) et que Schalke 04, le rival local (61.209), qui possèdent des stades plus petits mais toujours remplis.
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A la mi-août, quand Pierre-Emerick Aubameyang a marqué le but de la victoire contre le Bayern, en Supercoupe, les 23.454 supporters de la Südkurve ont donné libre cours à leur liesse. Comme d'habitude, le stade Signal Iduna, d'une capacité de 80.645 places, était comble. Aucun autre club de Bundesliga n'a fait mieux la saison passée, avec une moyenne de 79.856 spectateurs par match. C'est plus que le Bayern, le champion (71.131) et que Schalke 04, le rival local (61.209), qui possèdent des stades plus petits mais toujours remplis. Interrogé pendant le stage à Bad Ragaz, en Autriche, sur l'intégration de son nouvel attaquant italien venu du Torino, Ciro Immobile, l'entraîneur des Jaune et Noir, Jurgen Klopp a répondu que celui-cine parlait qu'italien et que tout ce qu'il pouvait lui dire, à ce moment-là, c'était : " Avanti ! " Depuis lors, toutefois, les choses ont bougé. Avant le premier match amical contre Chievo Vérone, le milieu de terrain Sebastian Kehl a fourré deux pages de vocabulaire allemand dans les mains de l'Italien. Son interprète, Massimo Mariotti, lui a conseillé de les apprendre par coeur. Immobile a, dès lors, rapidement étendu son vocabulaire, qui se limitait à " Wie geht's ? " (comment ça va ?) et à " Tore schiessen " (marquer des buts). Mais malgré sa bonne volonté dans l'apprentissage de la langue de Goethe, l'Italien a néanmoins rencontré quelques problèmes d'adaptation sur le terrain. Ainsi, l'intensité des entraînements est-elle nouvelle pour lui. Il doit aussi supporter les incessantes comparaisons avec son prédécesseur, Robert Lewandowski, parti au Bayern. Et il doit composer aussi avec son prix : il est, en effet, le troisième transfert le plus cher du club (18,5 millions) après Henrikh Mkhitaryan (26 millions) et Marcio Amoroso (14 millions). En stage, Immobile a distribué des autographes, posé avec les supporters mais il a rarement souri, conscient de l'ampleur de sa tâche. Durant sa présentation, il s'est dépeint comme un joueur " qui se bat pour chaque ballon et donne toujours le meilleur de lui-même. " On n'en a pas vu grand-chose lors de ses premiers matches, quand il se bornait à attendre des ballons dans les 16 mètres. Klopp, champion à deux reprises depuis son arrivée en 2008, l'a prévenu : pas question de se focaliser sur ces seules situations-là. Depuis lors, il a saisi le message. L'Italien n'a pas été transféré sur un coup de tête. Le Borussia a visionné l'avant de Torre Annunciata pendant trois ans, de sa période à la Juventus jusqu'à la saison passée, quand il a été le meilleur buteur de Torino, avec 22 roses, ce qui lui a valu in extremis un billet dans la sélection azzurra de Cesare Prandelli.Le manager Michael Zorc a expliqué que c'est non seulement le sens du but du joueur, mais aussi son engagement, qui avaient fait de lui une priorité. " Immobile n'est pas seulement un buteur, c'est aussi un joueur collectif, qui n'hésite pas à accomplir sa part de travail, défensif comme offensif. " dit-il. " Reste qu'il n'est pas toujours évident de se couler rapidement dans le système de Klopp. Tout le monde ne maîtrise pas le pressing et une transition haute. " Quelques semaines après une entame sur la pointe des pieds, Immobile est, toutefois, subitement devenu un héros. " A la frontière de la perfection ", a titré le Frankfurter Allgemeine Zeitung après la victoire 2-0 de Dortmund contre Arsenal. D'un coup, l'Italien avait assimilé tous les changements de rythme. En opérant un pressing rapide, il avait poussé son adversaire à la faute, de concert avec Aubameyang. Mais quatre jours après sa superbe prestation contre le club londonien, Immobile a compris qu'on pouvait très vite passer du statut de héros à celui de zéro. Quand, entré au jeu contre le FSV Mainz 05, il a raté un penalty, il a été voué aux gémonies. Eh oui, les fans du Borussia peuvent se montrer très exigeants et sévères... Dortmund marque à la fois des points sur le terrain mais aussi en dehors. Il oeuvre notamment à une augmentation de capital de 114 millions. Le club veut d'abord apurer le solde de sa dette, d'un montant de 40 millions, contractée pour financer la rénovation du stade. Hans-Joachim Watzke, le CEO du club, a déclaré que les nouveaux partenaires financiers devaient être prêts à assumer un gros volume de sponsoring de longue durée. " En d'autres termes, nous ne voulons pas de passants, de fonds d'investissements ni de cheiks. Un cheik exige les pleins pouvoirs mais c'est hors de question ici. Nous voulons des partenaires qui ne s'intéressent pas uniquement au succès à court terme ni aux coupons. " Watzke estime qu'il faudra encore du temps au Borussia pour émarger à l'élite européenne absolue. " Il faut dix ans de continuité en Ligue des Champions pour rejoindre le top. Le Real, Barcelone et Manchester United jouent toujours dans une autre catégorie. " Dortmund, qui a le deuxième plus gros budget d'Allemagne, après le Bayern, veut fonctionner avec un budget de 300 millions - sans compter les revenus issus des transferts - d'ici 2018. " La vente d'un joueur comme Mario Götze est ponctuelle, unique. Sur base de son budget de 260 millions, Dortmund doit progresser de dix millions par an. Par tranche de dix millions, nous pouvons augmenter la masse salariale de quatre millions. Ce poste, qui représente actuellement 80 millions, doit augmenter de saison en saison mais uniquement si le budget global est à la hausse. " Watzke ne sait pas si cela suffira à retenir un joueur du niveau de Marco Reus, qu'une clause autorise à partir contre 25 millions d'euros. " Nous voulons que Reus devienne une légende dans sa ville natale. D'un autre côté, nous devons bien constater que nos meilleurs joueurs partent chaque année mais sans que cela ne nous empêche de rester en haut de la pyramide. " ?PAR GEERT FOUTRÉ ET RICHARD LEIPOLD - PHOTOS: BELGAIMAGE" Nos meilleurs joueurs partent chaque année sans que cela ne nous empêche de rester en haut de la pyramide. " Hans-Joachim Watzke, CEO du Borussia Dortmund