Le SC Heerenveen a toujours produit de grands attaquants. D' Abe Lenstra, aux temps héroïques, à Klaas-Jan Huntelaar, en passant par Ruud van Nistelrooy, Jan-Dahl Tomasson ou encore Afonso Alves, le porte-drapeau du football frison a fourni bon nombre de buteurs patentés à l' Eredivisie. Cette saison, il ne devrait pas en aller autrement avec Bas Dost (Deventer, 31 mai 1989), qui a pris le large par rapport à ses concurrents directs, Luuk de Jong du FC Twente et Sanharib Malki de Roda JC.
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Le SC Heerenveen a toujours produit de grands attaquants. D' Abe Lenstra, aux temps héroïques, à Klaas-Jan Huntelaar, en passant par Ruud van Nistelrooy, Jan-Dahl Tomasson ou encore Afonso Alves, le porte-drapeau du football frison a fourni bon nombre de buteurs patentés à l' Eredivisie. Cette saison, il ne devrait pas en aller autrement avec Bas Dost (Deventer, 31 mai 1989), qui a pris le large par rapport à ses concurrents directs, Luuk de Jong du FC Twente et Sanharib Malki de Roda JC. Longtemps, ce trio s'est tenu de très près mais Dost a pris ses distances, il y a une dizaine de jours, à l'occasion du déplacement au NEC Nimègue. Mené 2-0, le coach des Bleu et Blanc, Ron Jans, décida de troquer son 4-3-3 habituel au profit d'un 3-4-3 avec Jeffrey Gouweleeuw en appui de la ligne d'attaque. Avec un élément en surnombre en milieu de terrain, Heerenveen trouva plus facilement ses hommes devant. Au point de renverser complètement la vapeur : 2-4 au final, avec un hat-trick de Dost et une réalisation de son pote-passeur Oussama Assaïdi. Trois goals, ce n'est pas rien. Et pourtant, Dost a encore fait mieux en cours de saison. Le 11 décembre dernier, lors de la visite à l'Excelsior Rotterdam, il en a planté 5 à Wesley de Ruiter. Et si le poteau et la transversale avaient été sympas avec lui ce jour-là, en toute fin de match, il aurait pu carrément égaler le record de 7 pions durant une seule et même rencontre pour le compte du SCH. Un haut fait qui remonte au 7 octobre 2007 quand Alves fit un one man show face à Heracles, battu 9-0. A quelques mois près, Dost aurait pu être le témoin privilégié de cet exploit individuel. C'est que la direction du club d'Almelo l'a dans le viseur alors qu'il fourbit encore ses armes au FC Emmen. Mais au lieu de l'attirer, à l'âge de 18 ans à peine, Dost peut s'épanouir pendant 12 mois encore dans un entourage qui lui est familier, en D2, avant de faire le grand saut vers l'élite du football néerlandais. Deux campagnes et 17 buts plus tard, c'est au tour de Heerenveen de se manifester. Et d'y mettre le prix puisque la valeur marchande de l'attaquant est passée entre-temps à 3,1 millions d'euros. Les Frisons sont toutefois intimement convaincus que le jeu en vaut la chandelle et que l'attaquant brillera de mille feux au centre de la division offensive, entouré d'ailiers comme Roy Beerens et Luciano Narsingh. En plus, le gars est brillant aussi bien des deux pieds que de la tête. Mais les débuts sont compliqués pour tout le monde. Les extérieurs, auxquels il convient aussi d'ajouter Assaïdi, la jouent solo et Dost apparaît isolé, dans toutes les acceptions du terme. A vrai dire, il ne se rend pas très sympathique non plus auprès des autres en multipliant les gestes de dépit lorsqu'il s'estime tout simplement mal servi. Ses relations avec l'entraîneur frisent le zéro absolu. D'autant plus que Ron Jans n'y va pas par quatre chemins dans ses commentaires, comparant la mobilité de son joueur à celle d'un tank à l'arrêt. Le 14 novembre 2010, c'est la brouille entre ces deux-là : Dost, qui a toujours rêvé de fouler l'herbe de la cuvette rotterdamoise, est rétrogradé sur le banc à Feyenoord. A sa place, c'est le médian suédois Viktor Elm qui monte d'un cran. Jusqu'au bout de l'année, le topo ne change pas. Forte tête, Dost décide d'aller au clash avec son employeur et le traîne devant les tribunaux afin d'obtenir sa liberté. En effet, l'Ajax, qui s'est séparé de Luis Suarez, voit en lui un candidat possible pour relayer l'Uruguayen, l'autre solution étant Kolbeinn Sigthorsson, de l'AZ. Les dirigeants d'Heerenveen n'entendent toutefois pas brader leur joueur : c'est 7 millions ou rien. Et comme l'Ajax ne va pas plus haut que 5, l'affaire capote. Mais ce transfert avorté pousse Dost à se remettre en question. Idem pour le duo Aïssadi-Narsingh, conscient de la promotion de Beerens, passé à l'AZ, qui fait subitement preuve de plus d'altruisme aussi. Résultat des courses : Dost est non seulement le meilleur artificier de l' Eredivisie cette saison, mais Narsingh et Aïssadi ont déjà franchi eux aussi la barre des 10 assists en championnat. Comme bien l'on pense, la production de Dost ne laisse pas indifférente que l'Ajax. D'autres clubs sont venus aux nouvelles, Aston Villa et le Bayern Munich notamment. Bizarrement, Dost hésite. Certes, le joli contrat de 5 ans qu'il a paraphé en 2010 est progressif, avec une augmentation de 100.000 euros par saison jouée à la clé mais par-dessus tout, il y a la perspective de travailler avec Marco van Basten, dès 2012-2013, qui le titille. Car, c'est sûr : l'ancien Ballon d'Or relayera alors Jans à la tête du SCH. Et être dirigé par le meilleur attaquant néerlandais depuis Johan Cruijff ne laisse pas notre homme de marbre ! PAR BRUNO GOVERS - PHOTO: IMAGEGLOBE Après avoir traîné son employeur devant les tribunaux afin d'obtenir sa liberté, il hésite aujourd'hui à partir.