Samedi, Bree reçoit Louvain. Dimanche, Tournai accueille Wevelgem. Rien de spécial à première vue, sauf que ces affrontements seront le théâtre de duels fratricides.
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Samedi, Bree reçoit Louvain. Dimanche, Tournai accueille Wevelgem. Rien de spécial à première vue, sauf que ces affrontements seront le théâtre de duels fratricides.De Blankenberghe aux Etats-UnisLes jumeaux Wim et TomVandeKeere (10.08.78) sont originaires de Blankenberghe, comme un certain LucienVanKersschaever. Ils firent leurs classes dans le club local avant de partir deux années aux Etats-Unis, au collège de Fairleigh Dickinson. De retour en Belgique, leurs chemins se séparèrent. Wim rejoignit le coach Van Kers à Ostende, mais joua très peu. Depuis deux ans, il évolue à Tournai où il est devenu le joueur belge emblématique du club. Tom a d'emblée opté pour Wevelgem où il s'affirma la première saison sous la houlette du coach RajkoToroman. On pensait alors qu'il était meilleur que son frère. Depuis un an et demi, cependant, il plonge. Au point qu'il n'est même plus appelé chez les A' alors que Wim est international A. Tom: "Je ne suis pas jaloux de Wim, mais je mentirais en affirmant que je n'ai pas mal au coeur en le voyant partir en équipe nationale alors que je dois rester à la maison. Voici deux ans, c'était le contraire: j'avais directement explosé à Wevelgem alors que mon frère rongeait son frein sur le banc à Ostende. Pourquoi ai-je plongé, depuis lors? La physionomie de l'équipe a changé. La saison dernière, Wevelgem disposait avec OmarSneed et GregHarris de deux Américains au tempérament très offensif, qui accumulaient les minutes de jeu et les tentatives à l'anneau. J'ai eu de moins en moins voix au chapitre. Cette saison, AnteKapov a aussi la gâchette facile. Cela ne fait pas mon affaire". Wim: "Tom n'a pas la confiance du coach à Wevelgem. D'autres joueurs jouissent de bien plus de crédit que lui. Cela me fait mal de le voir dans le creux de la vague. J'essaye de l'aider. De lui redonner confiance, surtout. Nous habitons encore tous les deux chez nos parents, nous nous voyons donc tous les soirs. Je l'exhorte à jouer son jeu, sans complexe. Nous avons tous les deux le même défaut -un manque de vitesse dans les premiers mètres- et des qualités similaires. Beaucoup de gens pensent que Tom est uniquement un tireur, mais son registre est plus étendu. Avant notre départ pour les Etats-Unis, il avait évolué comme meneur de jeu. Il est capable de pénétrer et de manier le ballon. Depuis quelques semaines, cela va mieux. Tom joue davantage. Le match de dimanche prochain? A force de répéter ce genre de confrontations, c'est devenu une habitude. Nous n'en parlons guère entre nous. Je dois toutefois avouer que les matches entre Tournai et Wevelgem ne sont pas ceux que je préfère. Je suis pris entre deux sentiments. J'ai envie que Tom sorte une prestation 18 carats, mais je ne veux pas que Tournai soit battu et que mon frère soit meilleur que moi".LucienVanKersschaever, témoinprivilégié: "A l'époque où j'étais le coach d'Ostende, je n'avais pas eu l'occasion d'offrir un grand temps de jeu à Wim. C'est difficile de jouer la carte des jeunes lorsqu'on vise le titre. En fin de saison, je lui avais moi-même conseillé de tenter sa chance dans un club moins ambitieux. A Tournai, il a trouvé en la personne de WernerRotsaert un coach qui croit en lui. A Wevelgem, Tom se trouve actuellement confronté à la difficulté d'évoluer à un bon niveau dans une équipe qui ne tourne pas. Dans ces conditions, on devient nerveux, frustré et on ne fait pas ce qu'il faut. Pourtant, il a des qualités, lui aussi". Du football au basketPieter (08.06.78) et JanVanHoecke (25.01.80), natifs du Pays de Waes, ont joué au football à Beveren avant d'opter pour le basket. Pieter fit partie de l'équipe d'Anvers championne de Belgique en 2000 avant de suivre le coach EddyCasteels à Ypres. Depuis deux ans, il évolue à Louvain. Jan, plus jeune de 18 mois, a opté pour Bree lorsque le noyau d'Anvers se dissémina. Il dispute sa troisième saison dans le Limbourg. Pieter: "Papa fut footballeur à Menin et en équipe nationale militaire, mais il a arrêté sa carrière pour poursuivre ses études. Logiquement, mon frère et moi avons donc été attirés par le football. D'autant que nous habitions à Beveren et que la petite ville vibrait aux exploits des Jaune et Bleu. Mais, comme j'avais un trop plein d'énergie et que le football ne me suffisait pas, je me suis aussi essayé au basket vers l'âge de huit ans. A un moment donné, il a fallu faire un choix. C'est maman qui nous a orientés, Jan et moi en nous suggérant: - Jouezplutôtaubasket,il yauramoinsdetachesdeboue àlaversurvoséquipements! Cela n'a pas été un mauvais choix, même si j'aimais bien le football aussi. Jan et moi, nous nous sommes déjà affrontés à maintes reprises sur un terrain de basket, mais cela reste spécial. D'abord, parce que toute la famille assiste à l'événement. Ensuite, parce qu'on a toujours envie de gagner contre son frère. Jan et moi, nous nous entendons bien dans la vie. Chaque dimanche, nous nous retrouvons chez nos parents pour un repas en famille. En semaine, nous nous téléphonons régulièrement pour nous donner des tuyaux sur nos adversaires respectifs. Mais, lorsque approche le duel entre Bree et Louvain, l'adrénaline monte. Nous sommes un peu différents. Jan est davantage un shooting guard alors que je suis un véritable distributeur. Je suis sans doute un peu plus fort sur le plan défensif et dans l'organisation du jeu. Sur le plan caractériel, nous avons tous les deux hérité des qualités de Papa: persévérant et parfois un peu têtu. Jan est encore plus têtu que moi. Mais, notre grande fierté, c'est d'avoir tous les deux atteint la D1".Jan: "Effectivement, c'était un rêve au départ. Nous l'avons réalisé. Au début de ma carrière, j'avais pris Pieter comme modèle. Comme il est un peu plus âgé, il était toujours un peu en avance. S'il atteignait un objectif, je relevais le défi d'y parvenir à mon tour. En équipe de jeunes, nous avons parfois évolué ensemble. Je jouais au n°2 et Pieter au n°1. Il pénétrait et ressortait le ballon pour moi et je tirais. Au football, Pieter jouait gardien de but et moi attaquant. Cela reflète nos caractères respectifs: je suis plus orienté vers le but adverse. Nous ne devions pas être de mauvais footballeurs, car un jour Beveren a rappelé pour voir si nous ne voulions pas revenir, mais nous avions déjà accompli trop de chemin dans le basket. En arrivant en D1, j'ai dû me reconvertir comme distributeur. Durant les deux premières saisons, j'ai beaucoup appris au contact d'un joueur comme MelvinWatson. Gamins, Pieter et moi ne pouvions pas jouer l'un contre l'autre sans nous disputer. Nous étions très fanatiques. Et cela n'a pas complètement disparu. Depuis que nous évoluons en D1, je tiens d'ailleurs la... comptabilité de nos victoires respectives. Actuellement, je mène 4-1". EddyCasteels, témoinprivilégié: "Je constate avec plaisir que Pieter a saisi à pleines mains la chance qui lui a été offerte à Louvain. Je lui prédis un brillant avenir. Je suis aussi très heureux de la tournure positive qu'a prise la carrière de Jan. Ces derniers mois, il s'affirme de plus en plus sous le maillot de Bree. Au départ, je croyais plus en Pieter parce qu'il avait plus de caractère. Jan avait un peu plus de talent intrinsèque, mais il avait parfois tendance à tomber dans la facilité. Si je dois les comparer, je dirais que Pieter est le travailleur et Jan le talent. Je regrette qu'aucun des deux n'ait été repris en équipe nationale A'. Sur base de leur mentalité et de leur jeune âge, ils l'auraient davantage mérité". Daniel Devos