Ils ont le même père, la même mère et pourtant leurs carrières respectives ont pris un virage fort différent. Si leur frangin est Diable Rouge, capitaine de l'OM, vainqueur de la Ligue des Champions voire ancien meilleur joueur de Premier League, eux sont loin de démériter d'un point de vue footballistique. Si tous ont appris à vivre dans l'ombre d'un frère enchaînant les succès sportifs, ils s'accordent sur un point : peu importe qui il est ou pour qui il joue, le lien de sang qui les unit prédomine et annihile toute jalousie mal placée.
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Ils ont le même père, la même mère et pourtant leurs carrières respectives ont pris un virage fort différent. Si leur frangin est Diable Rouge, capitaine de l'OM, vainqueur de la Ligue des Champions voire ancien meilleur joueur de Premier League, eux sont loin de démériter d'un point de vue footballistique. Si tous ont appris à vivre dans l'ombre d'un frère enchaînant les succès sportifs, ils s'accordent sur un point : peu importe qui il est ou pour qui il joue, le lien de sang qui les unit prédomine et annihile toute jalousie mal placée. À 23 ans et après de nombreuses années sous les couleurs de Saint-Nicolas, Lode Vertonghen a décidé de signer au KSV Temse (D3). " Il a injustement été mis de côté en fin de saison ", commente son ex-équipier François Kompany. Si l'an passé on pouvait parler de grand saut en évoquant le passage de Jan Vertonghen d'Amsterdam à Tottenham, il ne faudra que 6 petits kilomètres à son cadet pour déménager son sac de foot. " Ce n'est pas facile à gérer de savoir que lorsqu'on dit Vertonghen, on pense à Jan et jamais à moi. Je ne me considère pas comme étant simplement un frère faisant de la figuration. J'ai des ambitions sportives à mon niveau et je trace ma route. Je fais avec les comparaisons, elles ne m'influenceront jamais. Jan est devenu un exemple pour tous les footballeurs et j'en suis très fier. Je ne cache pas que je m'inspire de lui dans ma propre carrière et même si c'est lui l'aîné, il n'hésite pas à discuter avec la famille avant de prendre de lourdes décisions. Se disputer ? Aucune raison. Nous avons un super lien, lui et moi, et nous sommes assez proches pour ne pas nous engueuler sur des détails. On parle de tout et de rien et surtout beaucoup de football. Ça ne changera jamais. Je ne suis absolument pas jaloux de sa réussite, je suis particulièrement fier de voir ce qu'il a accompli. Il le mérite et me fait vibrer à chaque fois lorsqu'il monte sur le terrain. J'ai fait mon chemin et lui le sien, je le respecte et il en fait de même. C'est mon frère avant d'être un Diable Rouge ou un joueur des Spurs. Parfois je me dis que j'aurais aimé avoir la même carrière que lui, tout joueur se le dit certainement. Je suis fier de ce que j'ai réalisé jusqu'à présent. C'est difficile à dire pourquoi lui et pas moi. D'un point de vue professionnalisme, Jan c'est le top. Et puis, il a eu une super formation à l'Ajax. Je n'ai pas eu la chance ou le talent pour être recruté par un tel centre, ça a peut-être fait la différence. " Poussé vers la sortie par Peter Maes, alors coach de Malines, François Kompany a par la suite tenté sa chance à Macclesfield Town en League Two anglaise. L'aventure ne fut pas à la hauteur de ses attentes et après des blessures et une saison sans club, il a trouvé refuge au Brussels (D2) puis à St Nicolas (récemment relégué en D3). À 23 ans, le jeune frère de Vincent Kompany vient de signer à Alost (D2). " Que Vincent soit le capitaine de Manchester City ou un réserviste de Schaerbeek ça ne change strictement rien pour moi, même si je ne cache pas ma joie face à sa réussite. Notre relation n'a pas changé, nous sommes restés proches. Il sait tout de moi, je sais tout de lui. Puis, lui n'a pas été transformé par la célébrité. S'il est plus discret sur le plan public, il est toujours le même dans le cercle familial. Je n'ai jamais été jaloux de sa carrière ! Chacun son chemin. Certains me promettaient un plus bel avenir qu'à Vincent mais je ne regrette rien. Je suis fier de ce que j'ai accompli au vu de tous les pépins que j'ai connus. J'ai eu la chance de profiter des conseils de mon grand frère. Il parle sans pour autant m'écraser et moi je l'écoute. Nous nous sommes disputés, comme tous les frères le font mais jamais il n'a sorti la carte de sa carrière. Les comparaisons sont légion mais ceux qui les avancent sont des imbéciles car nous sommes opposés d'un point de vue footballistique. Vince est un solide joueur axial tandis que je suis un ailier explosif. Être le frère Kompany a beaucoup influencé ma carrière. Certains pensent d'ailleurs que si j'évolue en D2 c'est parce que mon nom m'a ouvert des portes. Alors qu'au contraire, il m'en a fermé à plusieurs reprises. Lorsque j'ai été évincé de Malines, les médias ont évoqué des problèmes comportementaux alors qu'il n'en était rien. Au lieu de se fondre discrètement dans le journal, certains en ont fait des gros titres. Ça serait passé sans faire de bruit si je n'étais pas le " frère de ". Puis certains s'amusent simplement à me saquer. J'ai déjà eu affaire à des gars qui étaient fiers d'avoir taclé le frère Kompany. " Actuellement à la recherche d'un emploi (il possède un graduat en électronique), Alain Van Buyten joue encore au football, à Spy, en P1 namuroise, où il vient de s'engager pour la saison à venir. Toujours passionné par le ballon rond, malgré ses 37 ans, cet ex-Carolo (Sporting et Olympic) a décidé de s'adonner au football pour le plaisir alors que son frère cadet, Daniel, vient d'ajouter la Ligue des Champions à son palmarès. " Jamais je n'aurais voulu être fils unique et pareil pour Daniel. Être à deux a été l'un de nos plus gros avantages car avec une famille sportive comme la nôtre, on ne pouvait que s'améliorer. Tous les jours, nous passions nos soirées, lui et moi, dans le jardin à nous entraîner. La compétition entre nous était énorme et nous poussait à être meilleur que l'autre, à progresser. Ces séances ont provoqué de nombreuses disputes et il ne se passait pas un jour sans qu'on se prenne la tête. Il usait de ses bras pour passer et moi je mettais le pied pour l'en empêcher. Mais après ça, tout allait bien, et comme nous disait mon père : " Vous ne savez pas pisser l'un sans l'autre. " Je pense que la D1 était à ma portée mais je n'ai pas eu ce petit coup de chance au moment adéquat. Je ne serai jamais jaloux de Daniel, je préfère que ce soit lui qui réussisse plutôt qu'un inconnu. Mais je peux peut-être nourrir des regrets d'un point de vue personnel. Je suis plus que fier de Daniel. Il a toujours travaillé dur pour atteindre le niveau auquel il est maintenant. J'étais aux premières loges pour me rendre compte de tout ce qu'il a sacrifié. S'il a réussi et moi non, c'est en partie grâce à son caractère, son calme et sa technique. Je n'ai d'ailleurs jamais dû le conseiller sur sa carrière. Pour ça, il avait notre père. Je me suis souvent fait charrier et les comparaisons avec Daniel étaient régulières. Nous lier est logique et presque automatique. C'était majoritairement de bonne guerre même si certains débordaient parfois dans leur propos. La réflexion qui me faisait le plus fulminer était : " Tu joues aussi mal que ton frère ! " Regardez sa carrière, on en reparlera après. " Après avoir écumé les classes d'âges à Lochristi et Gand, c'est à Lokeren que Xavier Deschacht débarque. Incorporé chez les jeunes avant d'atteindre l'équipe première, il accumulera 15 matchs en D1 pour le club du Daknam. Il ne jouera qu'une courte période dans le même championnat que son grand frère, Olivier. Le cadet de la famille a ensuite écumé la D2 avec le KMSK Deinze, le KV Ostende, Saint-Nicolas pour finalement, à 28 ans, rempiler pour une seconde saison d'affilée à Deinze (D3). " Oli et moi avons un lien très fort depuis toujours. Nous partageons les mêmes hobbys et les mêmes amis. Il n'y a rien de plus à dire, nous nous entendons simplement à merveille. Nous ne nous disputons jamais. Nous sommes souvent d'accord l'un avec l'autre lors de nos discussions. D'ailleurs, il n'hésite pas à me conseiller s'il voit quelque chose que je pourrais améliorer dans mon jeu. J'ai eu la chance d'avoir un frère qui a toujours su garder les pieds sur terre et je suis fier de lui en tant que personne et fier de sa carrière. Comment ne pas l'être, il évoluait déjà à Anderlecht à 16 ans à peine. Je me suis difficilement rendu compte de ce qui se passait lors de ses premières apparitions en mauve. C'était énorme. Je n'ai jamais été jaloux de son parcours, je ne souhaite que du bien pour lui, le reste de ma famille et mes amis. Ma carrière n'est pas aussi clinquante que la sienne et c'est dommage. Ça n'en fait pas une raison de jalouser mon frère, c'est une affaire personnelle. C'est à moi, et à moi seul, de faire de mon mieux à mon niveau. Sa mentalité de gagnant a fait la différence. Je n'ai pas eu la même force de caractère que mon frère. On nous compare d'ailleurs rarement car nous sommes différents, que ce soit sur le terrain où à la vie. Je ne me suis jamais considéré comme étant le frère vivant dans l'ombre. Olivier n'est pas le seul Deschacht, nous sommes deux. " Si Steve Mandanda est une star chez les Bleus et à l'Olympique de Marseille, dont il est le capitaine, son petit frère sort d'une saison plus qu'honorable avec le Sporting Charleroi. À 23 balais, celui qui est passé par Beauvais et Izmir avant d'atterrir en Belgique a aidé le club carolo à se maintenir en Jupiler League. " C'est parfois très lourd pour moi. Deux frères, un seul métier : celui de gardien de but. Comment ne pas nous comparer ? Ça en devient ennuyant mais le pire est que les gens ont raison car on se ressemble énormément d'un point de vue physique et puis nous avons les mêmes points forts lorsque nous défendons nos cages. Quand on pense Mandanda, on pense Steve pas Parfait. En Belgique ça va, les gens me connaissent par contre en France je suis un nobody. Nous ne sommes toutefois pas identiques, chacun a fait son chemin, possède sa propre famille. Je ne nourris aucun regret. Mon frère mérite d'être là et je n'aurais pas pu être à sa place. Je ne fais pas tout un plat du fait qu'il joue un cran au-dessus de moi. Je pense que beaucoup rêveraient d'avoir ma carrière. Steve est une source d'inspiration pour moi. Il n'est pas du style à me coacher et jamais il n'a mis sa carrière en avant pour me casser. Il me rassure d'ailleurs lorsque j'ai besoin de lui, comme le ferait tout frère normal. Nos deux autres frangins sont également footballeurs, donc les jalousies sont mises de côté et laissent plutôt place au respect et à la bonne entente. Nous sommes tous heureux de voir les carrières du reste de la fratrie. Il y a eu un moment étrange avec Steve. Si je ne m'imagine pas jouer dans le même club que lui, je ne m'attendais certainement pas à l'affronter... en équipe nationale. C'était vraiment bizarre de jouer l'un contre l'autre, chacun évoluant pour un pays différent, lui pour la France, moi pour le Congo. Finalement tout s'est bien déroulé et nous nous sommes échangé nos maillots en fin de partie. Je crois qu'au départ j'étais considéré comme un " frère de " mais je me construis doucement un prénom. Je ne regretterai toutefois jamais d'avoir eu un frère aussi talentueux que Steve car quand tu vas mal, que t'as envie de tout lâcher, de claquer la porte, tu n'en parles pas à tes parents mais à ton grand frère. " PAR ROMAIN VAN DER PLUYM" Je suis mon chemin. Les comparaisons avec Jan ne m'influenceront jamais. " " Ceux qui nous comparent, Vincent et moi, sont des imbéciles " " Notre père disait toujours : Vous ne savez pas pisser l'un sans l'autre. " " La mentalité de battant d'Oli a fait la différence. Je n'ai jamais eu sa force de caractère. " " En Belgique, les gens me connaissent. Mais en France, je suis un nobody. "