Il reste vingt bonnes minutes avant le coup d'envoi et la pression se ressent du côté des supporters andennais. " Faut qu'on quitte cette spirale négative ", lance un spectateur sexagénaire. " On est en train de galvauder des points contre des équipes largement à notre portée ", répond un autre d'une dizaine d'années son aîné.

" Pourtant ça ne date pas d'aujourd'hui : c'est en bas du classement qu'on va chercher les points, pas au dessus. " " Moi, si on perd cet après-midi, je ne bois plus que de la Floreffe ! ", ponctue un membre de la troupe, qui craint l'adversaire du jour... Floreffe.

Philippe Rasquin dissimule plutôt bien sa nervosité. Ce dimanche, le président est de corvée " entrées ". " Je reste jusqu'à la moitié de la deuxième mi-temps, sinon il y a des resquilleurs ", lance-t-il très sérieusement.

Ce pur Andennais était capitaine du club durant les fameuses années 70, passées au sommet de la Division 3. " On jouait devant 1900 personnes ", se souvient-il. " À l'époque, on avait d'anciens internationaux portugais, Jacinto et Figueiredo, qui ont disputé la finale de la Coupe du monde ( le Portugal n'a jamais disputé la finale, ndlr). Ils étaient ici sous contrat, et ils allaient souvent dans un restaurant portugais de la ville. " Le président stoppe son discours. Le match débute, le stress aussi.

Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir., EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir. © EMILIEN HOFMAN

Les VIP du Pappa

Andenne évolue cette année en P2 namuroise. La faute à une saison 2017-18 catastrophique ponctuée à l'avant-dernière place de la P1. Après avoir mis les petits plats dans les grands à l'intersaison, les dirigeants espèrent donc un retour rapide au sein de l'élite namuroise.

Dans les superbes gradins du Stade Pappa, un petit espace confortable est réservé aux journalistes. Chauffé, à l'abri, avec connexion wifi et vue idéale sur le terrain, il est toutefois bien vide.

Pas de quoi préoccuper Bernard Hody, le directeur technique, qui râle surtout de ne pas avoir plus des points d'avance sur la concurrence en tête du classement. " On se crée les occasions, mais on ne marque pas ! "

De l'autre côté de la tribune principale, forte d'une bonne centaine de spectateurs, quatre individus profitent du calme ambiant sur une plate-forme installée sous les plus anciens gradins de l'enceinte.

" Ici, c'est réservé aux VIP ", énonce Philippe. " Les Vieux Ingérables Pensionnés. " Dans l'hilarité générale, Raimondo précise. " On est là par habitude... mais aussi pour la rigolade. "

Ville de foot

Dans la foulée, les quatre comparses se mettent à énumérer tous les grands noms de l'histoire du club. Tous des Oursons. Un surnom hérité de l'héroïsme supposé de Charles Martel. À neuf ans, le futur duc des Francs aurait ainsi libéré Andenne en venant à bout d'un ours, devenu par la suite l'emblème de la ville.

Une légende qui fait la fierté des Andennais et de Philippe, qui affirme être un héritier de Martel... avant de mettre fin à la plaisanterie d'un clin d'oeil. Automatiquement, les quatre VIP reprennent ensuite leurs cris d'encouragement.

Si les locaux se défont assez facilement de Floreffe, certains supporters restent sur leur faim. La P2 est trop petite pour eux. " Une ville comme Andenne devrait au moins être en D3 amateurs ", entend-on dans les tribunes. " Même si un gars débarque des Émirats Arabes Unis pour mettre du fric ici, il faut prendre ! "

Fierté du club, le Stade Pappa en est également l'épine dans le pied du développement. Situé en plein centre-ville, il ne dispose pas d'un parking spacieux et ne peut être agrandi. " Nos infrastructures sont agréables mais pas suffisantes si on veut avoir de l'ambition ", commente Philippe Rasquin.

Rouge et Noir

" Peut-être que si on réintègre le niveau national, ça incitera les autorités à bouger. Andenne est une ville de foot. Et moi, à 70 piges, je n'en ai plus pour vingt ans ! "

Dans le dos du président, une hôtesse s'applique à tenir sa cigarette loin des fanzines qu'elle propose aux spectateurs. " Rouge et Noir existait déjà dans les années 70... même si c'était en noir et blanc ", glisse-t-elle. " On continue à sortir un journal du club deux fois par mois. Par tradition. " Même sans Portugais...

Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir., EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir. © EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir., EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir. © EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir., EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir. © EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir., EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir. © EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir., EMILIEN HOFMAN
Andenne est une ville de foot. La preuve par son stade Pappa, situé au coeur de la cité et véritable fierté de ceux qui vibrent ou jouent en Rouge et Noir. © EMILIEN HOFMAN
Il reste vingt bonnes minutes avant le coup d'envoi et la pression se ressent du côté des supporters andennais. " Faut qu'on quitte cette spirale négative ", lance un spectateur sexagénaire. " On est en train de galvauder des points contre des équipes largement à notre portée ", répond un autre d'une dizaine d'années son aîné. " Pourtant ça ne date pas d'aujourd'hui : c'est en bas du classement qu'on va chercher les points, pas au dessus. " " Moi, si on perd cet après-midi, je ne bois plus que de la Floreffe ! ", ponctue un membre de la troupe, qui craint l'adversaire du jour... Floreffe. Philippe Rasquin dissimule plutôt bien sa nervosité. Ce dimanche, le président est de corvée " entrées ". " Je reste jusqu'à la moitié de la deuxième mi-temps, sinon il y a des resquilleurs ", lance-t-il très sérieusement. Ce pur Andennais était capitaine du club durant les fameuses années 70, passées au sommet de la Division 3. " On jouait devant 1900 personnes ", se souvient-il. " À l'époque, on avait d'anciens internationaux portugais, Jacinto et Figueiredo, qui ont disputé la finale de la Coupe du monde ( le Portugal n'a jamais disputé la finale, ndlr). Ils étaient ici sous contrat, et ils allaient souvent dans un restaurant portugais de la ville. " Le président stoppe son discours. Le match débute, le stress aussi. Andenne évolue cette année en P2 namuroise. La faute à une saison 2017-18 catastrophique ponctuée à l'avant-dernière place de la P1. Après avoir mis les petits plats dans les grands à l'intersaison, les dirigeants espèrent donc un retour rapide au sein de l'élite namuroise. Dans les superbes gradins du Stade Pappa, un petit espace confortable est réservé aux journalistes. Chauffé, à l'abri, avec connexion wifi et vue idéale sur le terrain, il est toutefois bien vide. Pas de quoi préoccuper Bernard Hody, le directeur technique, qui râle surtout de ne pas avoir plus des points d'avance sur la concurrence en tête du classement. " On se crée les occasions, mais on ne marque pas ! " De l'autre côté de la tribune principale, forte d'une bonne centaine de spectateurs, quatre individus profitent du calme ambiant sur une plate-forme installée sous les plus anciens gradins de l'enceinte. " Ici, c'est réservé aux VIP ", énonce Philippe. " Les Vieux Ingérables Pensionnés. " Dans l'hilarité générale, Raimondo précise. " On est là par habitude... mais aussi pour la rigolade. " Dans la foulée, les quatre comparses se mettent à énumérer tous les grands noms de l'histoire du club. Tous des Oursons. Un surnom hérité de l'héroïsme supposé de Charles Martel. À neuf ans, le futur duc des Francs aurait ainsi libéré Andenne en venant à bout d'un ours, devenu par la suite l'emblème de la ville. Une légende qui fait la fierté des Andennais et de Philippe, qui affirme être un héritier de Martel... avant de mettre fin à la plaisanterie d'un clin d'oeil. Automatiquement, les quatre VIP reprennent ensuite leurs cris d'encouragement. Si les locaux se défont assez facilement de Floreffe, certains supporters restent sur leur faim. La P2 est trop petite pour eux. " Une ville comme Andenne devrait au moins être en D3 amateurs ", entend-on dans les tribunes. " Même si un gars débarque des Émirats Arabes Unis pour mettre du fric ici, il faut prendre ! " Fierté du club, le Stade Pappa en est également l'épine dans le pied du développement. Situé en plein centre-ville, il ne dispose pas d'un parking spacieux et ne peut être agrandi. " Nos infrastructures sont agréables mais pas suffisantes si on veut avoir de l'ambition ", commente Philippe Rasquin. " Peut-être que si on réintègre le niveau national, ça incitera les autorités à bouger. Andenne est une ville de foot. Et moi, à 70 piges, je n'en ai plus pour vingt ans ! " Dans le dos du président, une hôtesse s'applique à tenir sa cigarette loin des fanzines qu'elle propose aux spectateurs. " Rouge et Noir existait déjà dans les années 70... même si c'était en noir et blanc ", glisse-t-elle. " On continue à sortir un journal du club deux fois par mois. Par tradition. " Même sans Portugais...