Mardi 1er novembre au Tondreau. Pas question de congé de Toussaint mais bien deux entraînements au programme. Entre les deux séances, rencontre avec Maël Lépicier et Jérémy Sapina, deux membres de la diaspora française présente à Mons, forte de 10 représentants. Du haut de ses trois saisons de D1, Sapina fait figure d'ancien dans le noyau tandis que Lépicier, fraîchement nommé capitaine, découvre l'élite belge.
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Mardi 1er novembre au Tondreau. Pas question de congé de Toussaint mais bien deux entraînements au programme. Entre les deux séances, rencontre avec Maël Lépicier et Jérémy Sapina, deux membres de la diaspora française présente à Mons, forte de 10 représentants. Du haut de ses trois saisons de D1, Sapina fait figure d'ancien dans le noyau tandis que Lépicier, fraîchement nommé capitaine, découvre l'élite belge. Maël Lépicier : Non c'est toujours le maintien. Là, on a trois matches vraiment importants à disputer contre le Lierse, Westerlo et Saint-Trond. On sait que si on enchaîne 3-4 mauvais résultats, ça va vite revenir derrière. Jérémy Sapina : Le maintien, c'est l'objectif à long terme. L'objectif à court terme c'est gagner le match suivant. Que ce soit Anderlecht, le Standard ou Saint-Trond. Lépicier : Ah ouais ? Je ne savais pas. Je savais qu'on était invaincu à domicile depuis le début de cette année mais sept mois c'est énorme. Lépicier : Quand on joue à domicile, on se sent bien. Sapina : Oui et il ne faut pas oublier qu'on vient de D2. On garde inconsciemment un manque de confiance. Quand on arrive à Genk avec ses 20.000 supporters, on se sous-estime peut-être un peu. Lépicier : C'est vrai. On joue un peu moins offensivement en déplacement. Ca ne nous réussit pas trop. Quand on vise un point, on ne s'en sort pas. Il faut qu'on aille de l'avant, quitte à prendre des buts. On préfère essayer de ramener des points de cette manière. Lépicier : L'objectif, c'est de passer le prochain tour. On rencontre une équipe de D3 ; donc, on doit passer. Mais rien n'est joué, Anderlecht a bien perdu. C'est sur le terrain que ça se joue. Lépicier : Oui mais on n'y songe pas. Si on passe le prochain tour, on y pensera un peu plus mais on se concentre d'abord sur le championnat parce que c'est difficile tous les week-ends. Sapina : C'est sûr. Surtout pour une équipe promue. Sapina : Maël, il a marqué deux fois contre Lokeren mais c'est parce que la balle tape son tibia par hasard ( rires). Lépicier : C'est vrai que j'ai eu un peu de chance sur ce coup-là. En général, je ne marque pas beaucoup. Moins que Jérémy en tout cas. Lépicier : Non, ce n'est pas mon job. Sapina : Moi non plus, j'essaye juste d'être concentré à fond, sur les phases arrêtées par exemple. Sapina : Ouais je me débrouille pas mal. Il y a plein de petits paramètres qui jouent. On ne s'en rend pas compte mais on peut faire beaucoup de choses : se démarquer de son adversaire, essayer d'avoir le bon timing, observer, avoir un peu de vice. Lépicier : L'envie joue beaucoup sur les coups de pied arrêtés. Que ce soit offensif ou défensif... Il ne faut pas attendre le ballon sinon il y aura toujours quelqu'un pour te l'enlever. Il faut avoir envie de bouffer le ballon. Même en n'étant pas un grand joueur de tête, la base c'est l'envie. Lépicier : Il y a longtemps. Je devais avoir 14 ou 15 ans la dernière fois où j'ai joué dans l'entrejeu au Mans. J'ai un peu appréhendé au début mais le coach m'a positionné là parce qu'il n'y avait personne de disponible à ce poste. Pour l'instant il m'y laisse et je fais le travail pour l'équipe mais ce n'est pas le rôle que j'apprécie le plus. Je me sens mieux derrière. Sapina : Non, j'ai confiance en mes qualités, confiance en moi. Je sais ce que je vaux et je sais que je travaille à l'entraînement. Je ne calcule pas mes efforts donc je n'ai pas vraiment douté. Lépicier : J'espère que Jérémy va rester. Maintenant, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer. Quand un joueur marche bien, il attire les regards. J'espère qu'il restera en tout cas. Sapina : On est footballeur pro, on ne fait pas du bénévolat. Bien sûr qu'on y pense. Quel footballeur ne souhaite pas grimper des échelons dans sa carrière ? Mais c'est à travers l'équipe qu'on pourra peut-être obtenir quelque chose. Ce n'est pas individuellement qu'on sort du lot. Il faut que les résultats suivent. Sapina : L'objectif ? C'est le top 3 en Premier League ! ! ! (rires) Lépicier : Je ne me donne pas d'objectifs. Je vais essayer d'aller le plus haut possible mais la Ligue 1 c'est difficile. Je ne suis pas un joueur rapide et en Ligue 1, on mise sur la rapidité, la vivacité : pour moi, c'est compliqué. Enfin sait-on jamais ? Si quelqu'un veut venir nous chercher. On est là ! Sapina : Oui, je suis arrivé au Maritimo Funchal par le biais d'un agent en Belgique. Il y a eu contact, je suis allé sur place et ça m'a plu. Lépicier : Qu'est-ce qui t'as plu ? La mer ? Sapina : Ouais c'est joli mais j'y allais aussi pour jouer parce que je n'ai pas pu le faire pendant près de trois mois après la faillite de Mouscron. Sapina : C'est géré très très bizarrement. Ce n'est pas du tout comme en Belgique ou en France. Le coach change tous les mois. J'y suis resté deux ans, je dois en avoir connu cinq. Il n'y a aucune stabilité. Les joueurs partent, d'autres arrivent, t'es versé dans le noyau B. Tu ne sais rien construire de cette manière. Même sur une saison, ça bouge trop. Si la qualité individuelle des joueurs est présente, l'équipe n'existe pas. Quand je rentrais dans le vestiaire, c'est à peine si on se disait bonjour. Il n'y a pas de cohésion, pas d'esprit d'équipe. Sapina : Non. Ca faisait un moment que je ne jouais plus et pourtant il me restait encore deux ans et demi de contrat à Funchal avec un bon salaire. Sapina : C'est pas mon genre. Surtout à 25 ans, t'as pas envie de ça. Et puis je ne voulais plus me lever le matin en sachant que je n'allais pas jouer le week-end puisqu'on m'avait versé dans le noyau B. J'aurais pu rester deux ans et demi, prendre mon chèque et aller à la plage tous les jours mais après on t'oublie. Je ne voulais pas de ça et j'ai signé à Mons. Sapina : Oui un petit peu. Je savais que je ne débarquais pas n'importe où. Que le club avait une stabilité avec des mecs que je connaissais plus ou moins. Lépicier : Quand je suis arrivé, tout avait changé puisque Mons venait de descendre et l'équipe était en construction. Maintenant, arriver dans un club où tout le monde parle français, ça joue. Il n'y avait pas le problème de la langue qui aurait pu se présenter si j'étais parti dans un club flamand. Lépicier : Non, tout le monde parle ensemble. Il y a vraiment une bonne ambiance. Même les joueurs qui ne jouent pas ne créent pas de conflits. Sapina : J'ai rarement connu une ambiance pareille. A part peut être à Mouscron où c'était très chouette aussi. Sapina : Il y a 2-3 clowns comme Berthelin ou Zola. Lépicier : Nicaise aussi. Il a la grande bouche, il aime bien parler, chambrer. Sapina : Mais ça reste toujours bon enfant. Sapina : Quentin Pottiez n'est pas bavard. Pieterjan Monteyne non plus. Lépicier : Pieterjan, c'est impossible de se prendre la tête avec lui. Sapina : Par contre sur le terrain, il est là. C'est un joueur super concentré. Sapina : Moi c'est Philippe Vande Walle ! (rires) Il met des frappes de balle du milieu de terrain incroyables. Lépicier : Quentin Pottiez. Il me fait un peu penser à Eden Hazard. C'est lui qui a le plus la capacité de faire la différence dans l'équipe. Il faudrait juste qu'il prenne conscience que le foot c'est vraiment un métier, qu'il faut travailler, se donner à l'entraînement parce qu'il est un peu nonchalant. Sapina : Il devrait aussi penser un peu plus en termes d'équipe dans son jeu. Sapina : Ouais, très exigeant. C'est pas un coach qui va te mettre des amendes parce que t'es arrivé une minute en retard mais il demande de la concentration à l'entraînement, sur des phases de jeu qu'on retrouve dans les matches. Il est très pointilleux là-dessus. Lépicier : Ca veut dire qu'il me fait confiance. J'essaie de le rendre sur le terrain. Normalement, ça aurait dû être Berthelin mais il voulait un joueur de champ. Le fait que ce soit moi, c'est vraiment un gage de confiance et ça ne peut que me faire plaisir, c'est sûr. Lépicier : Pas tellement. C'est grâce au coach, il nous remet tout le temps en question. Impossible de plâner. Sapina : C'est un pit-bull, il ne lâche rien. Lépicier : C'est vrai, même quand c'est très bien, il nous le dit mais deux jours plus tard si ça doit gueuler, ça gueule. C'est important, personne ne peut se relâcher. On a moins de qualités que certaines équipes et il faut quand même faire des résultats... Lépicier : Non, il y a une bonne mentalité et puis le coach dit toujours que rien n'est arrêté. Il faut prouver à l'entraînement. Sapina : Et il y a quand même eu des changements. Il a fait tourner en Coupe par exemple. Van Wijk n'est pas fixé sur son équipe-type et il essaie constamment de garder en haleine ceux qui ne jouent pas trop. Sapina : Il est intelligent. Il voit clair : il sait que ça viendra en travaillant. Je le trouve humble par rapport à sa carrière. C'est aussi avec des gars comme ça, qui ont la maturité, qu'une équipe avance. Chacun a un rôle à jouer dans l'équipe. PAR JULES MONNIER