Tu es un ancien footballeur et le fils de Robert Waseige. Tu es le journaliste sportif le plus atypique du pays ?

Ce n'est pas à moi de répondre. Je me sens déjà flatté quand on dit que je suis journaliste ! Je ne me pose pas ce genre de question. Depuis que j'ai été pensionné à l'âge de 36 ans, j'ai décidé de ne plus m'emmerder. La vie est une grande farce qu'il faut prendre avec un peu au sérieux. Quand j'étais footballeur, je ne voyais pas le foot comme 95 % de mes collègues. Je me suis vite détaché du milieu.
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Ce n'est pas à moi de répondre. Je me sens déjà flatté quand on dit que je suis journaliste ! Je ne me pose pas ce genre de question. Depuis que j'ai été pensionné à l'âge de 36 ans, j'ai décidé de ne plus m'emmerder. La vie est une grande farce qu'il faut prendre avec un peu au sérieux. Quand j'étais footballeur, je ne voyais pas le foot comme 95 % de mes collègues. Je me suis vite détaché du milieu. A l'école, le seul truc que j'adorais, c'était les rédactions ! A 14 ans, j'écrivais pour le journal du RFC Liège. J'ai suivi des matches de Promotion pour Le Soir et même un match de D1, Seraing-Lierse. J'ai participé à des cours de journalisme à l'unif comme élève libre. Pendant une période, j'ai travaillé pour Popular 1, une publication sur le rock. Puis, je suis devenu footballeur. Par après, les médias m'ont sollicité comme consultant. A la RTBF, j'ai analysé des matches de l'équipe nationale, j'ai suivi le championnat belge et plusieurs Coupes du Monde... Après le mondial 2002, j'ai reçu un appel de Canal+. J'ai commencé comme consultant et la direction m'a demandé d'être journaliste. Je suis passé de guide touristique à organisateur de voyages ! Mbo Mpenza et moi avons vécu un grand moment à Kiev. L'avion avait du retard et Mbo a été le seul gars contrôlé avec profondeur à la douane en raison de sa couleur de peau ! J'ai exigé que le chauffeur de taxi nous emmène au stade en une demi-heure chrono et il a commencé à prendre des sens uniques ! Nous sommes arrivés à l'heure mais, à cinq minutes du direct, un autre problème est survenu. Nous étions au bord du terrain et l'ingénieur du son avait oublié l'oreillette. Il est parti la chercher sans se presser et je me suis mis à l'engueuler pour qu'il se dépêche. Mbo s'est alors planqué dans mon dos et j'ai entendu une rumeur dans le stade : la scène avait été filmée et diffusée sur l'écran géant du stade ! J'ai réussi à interviewer Samuel Eto'o en pistant Paul le Guen, consultant pour Canal+ et sélectionneur du Cameroun. Je savais que Le Guen cherchait à saluer Eto'o. J'ai vu juste et j'ai réussi à attirer l'attention du joueur en lui disant : " Hé Samuel, je sais que tu viens souvent à Matonge, un petit mot pour la télévision belge ? " Je ne supporte pas spécialement Mourinho mais il est spécial. Un jour, il a donné cinq interviews dans cinq langues différentes ! Une fois, après une victoire, j'attendais qu'il termine de lire ses sms pour le questionner. Je lui ai dit : " Quand on gagne, on a beaucoup d'amis. " Il m'a répondu : " Même quand je perds, j'ai beaucoup d'amis ! " Certains collègues étrangers sont des rapaces. Les grosses chaînes internationales ont plus de moyens alors que les représentants des plus petits pays doivent se partager une caméra. J'ai dû un jour éjecter et sortir un journaliste italien. Il avait questionné Alex Ferguson sans nous laisser une miette et il allait répéter son cinéma avec Didier Deschamps.