Il y a un an et non sans hésitations, Frédéric Herpoel (32 ans) avait prolongé son contrat à La Gantoise jusqu'en 2007. Il voulait des garanties sportives sur le niveau de son équipe et après une saison plus qu'honorable, son club avait dû faire face aux départs de Mbark Boussoufa à Anderlecht et de Wouter Vrancken à Genk.
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Il y a un an et non sans hésitations, Frédéric Herpoel (32 ans) avait prolongé son contrat à La Gantoise jusqu'en 2007. Il voulait des garanties sportives sur le niveau de son équipe et après une saison plus qu'honorable, son club avait dû faire face aux départs de Mbark Boussoufa à Anderlecht et de Wouter Vrancken à Genk. La dernière saison du capitaine des Buffalos avait été marquée par un second tour formidable. " De plus, les quatre grands clubs du championnat ne sont pas parvenus à s'imposer chez nous. Si La Gantoise avait pu garder tout le monde et transférer quelques renforts, on aurait mieux entamé ce championnat-ci. Mais des raisons financières ont fait que les départs étaient inévitables. Je comprends très bien le transfert de Boussoufa car retenir un joueur contre son gré est intenable, tant pour lui que pour le club. Mais pour ce qui est du départ de Vrancken, personne n'a compris. Il apportait énormément au milieu de terrain. Dominic Foley et Mbark formaient un excellent duo d'attaque. Ils étaient très complémentaires. Foley sait très bien garder le ballon et se met fort en avant cette saison. L'avantage avec Vrancken était que le danger pouvait également surgir de la deuxième ligne tant il avait un très gros volume de jeu. Forcément, nos nouveaux joueurs ont dû s'habituer. Il a fallu un peu de temps avant que tout se mette en place. On ne peut pas non plus chercher des excuses... Je suis sûr d'une chose : la suite sera meilleure. Un championnat est long et tout le monde est en mesure de battre tout le monde. Et puis, avec Georges Leekens, on est presque certain que les résultats vont suivre... C'est ma dixième saison chez les Buffalos : assez rare dans le métier, mais mon choix est purement personnel. Je pense que pour quitter un club dans lequel on est bien, il faut s'améliorer tant sur le plan sportif que financier. Or, dans mes nombreux contacts avec d'autres formations, il y avait toujours quelque chose qui ne convenait pas. De plus, lorsque l'on est gardien, on preste toujours mieux quand on se sent bien dans sa formation. Je ne suis pas déçu de n'avoir connu presque qu'un club. J'ai plusieurs fois retourné la question mais jamais je n'ai trouvé chaussure à mon pied. Je ne me mettrai jamais à genoux pour signer dans un grand club. D'autres, par contre, accepteraient n'importe quoi pour y évoluer. Chacun gère sa carrière comme il l'entend ! J'ai 32 ans et j'ai toujours envie de jouer. Jusque quand, je ne sais pas ". " Pour le moment je prépare ce qui va suivre ma carrière. Je me vois très mal rester à la maison à ne rien faire. Pour éviter cela, j'ai créé ma propre marque de gants de gardien : FHSPORT. On l'a lancée sur le marché en été. Je m'occupe entre autre de la prospection. On a un bureau à Mons qui centralise tout et on a même créé un site internet. J'aime cette nouvelle activité. Nos collections sont destinées tant aux pros qu'aux amateurs. Les enfants sont aussi concernés. Je sais plus ou moins de quoi mon avenir sera fait. D'autres sont dans le noir à ce niveau-là. Je n'ai jamais non plus aimé me mettre en avant. Je n'aime pas trop passer à la télé et je ne vais pas en studio tous les mercredis pour commenter un match. Il y a une vie à côté du foot. Si on ne réalise pas ça, ce peut être le drame. Mon caractère fait que je n'ai besoin de personne. Cela est dû à la très bonne éducation reçue de mes parents. En tant que footballeur, c'est aussi difficile de travailler dans autre chose que le foot. Je me vois très mal me lancer dans l'horeca alors que je n'ai aucune expérience dans ce milieu. Pour ce qui est des gants de gardien, je sais évidemment ce que je fais. De plus, je m'occupe aussi du FC Havré. J'ai repris le club il y a cinq ans : il comptait alors 150 jeunes et allait arrêter, on compte désormais 200 affiliés et on évolue en P3. Je pense que j'ai un rôle à jouer au niveau social ". La Gantoise, après un début de championnat difficile, s'est installé dans le ventre mou du classement... même si Herpoel a raté un penalty en bottant sur la barre contre le Cercle ! " Il ne faut pas penser que ce sont toujours les meilleurs joueurs de l'équipe qui les bottent. Personnellement, je n'ai aucun problème avec le fait de prendre mes responsabilités. L'an passé, on en a raté beaucoup. Certains n'osent donc plus les tirer. Le résultat est que l'on a plus de tireurs dans l'équipe. C'est seulement la deuxième fois que j'en rate un. Dans cet exercice, un échec ne s'assimile jamais à un exploit du gardien. Si l'on rate, c'est toujours dû à un mauvais tir... La cage est trop grande pour invoquer un exploit du keeper. Une fois sur la latte et l'autre sur le piquet. Un gardien n'a donc jamais su arrêter mes tirs ". En août 2005, Herpoel claquait la porte de l'équipe nationale. Il était en désaccord avec Aimé Antheunis. Et maintenant, avec René Vandereycken ? " Mon départ de l'équipe nationale est dû à une accumulation de plein de problèmes. Je voulais rester moi-même. Je ne voulais pas être la proie de problèmes. Je ne m'épancherai pas plus sur le sujet. J'en ai déjà assez dit. Pour ce qui est de Vandereycken, je ne suis pas là pour juger son travail ! Je n'ai vraiment plus envie d'être confronté à toutes les questions qui entourent la sélection. Les gens qui me connaissent savent que j'ai une certaine fierté. Pour être honnête, l'idée d'être à nouveau sélectionné ne m'a absolument pas traversé l'esprit. De toute façon, il y a assez de gardiens en Belgique. Et mon rôle n'est pas de critiquer ! Je ne suis pas comme ça... C'est toujours facile de se plaindre sans avoir l'avis de la personne concernée. Qui suis-je pour juger quelqu'un ? D'aucuns se permettent de telles critiques et c'est regrettable. C'est le reflet de notre société, empreinte d'égoïsme. En outre, comme je ne fais pas tout pour me mettre en avant, il est logique que je sois sous-estimé. Je n'ai vais pas faire quatre cumulets après un arrêt pour le spectacle. Le sensationnalisme, ce n'est pas pour moi ! C'est peut-être un désavantage aux yeux de certaines personnes. Je ne cours pas non plus après les articles. Et ce qu'on dit sur moi m'est indifférent. Je reste moi-même ! Je joue au foot pour mon club, mes coéquipiers et moi. Le reste ne m'intéresse pas. Pour d'autres, tomber dans l'anonymat serait la fin du monde. J'ai fait de mon hobby mon métier. Et qui dit métier dit responsabilités. Lorsque j'ai touché mes premiers émoluments, j'ai acheté un véhicule pour me déplacer aux entraînements et ensuite une maison. Aujourd'hui, les jeunes joueurs pensent plus à acheter le portable dernier cri ou la nouvelle console de jeu. Mais c'est la société actuelle : on veut posséder tout, tout de suite ". TIM BAETE