"La chose qui m'importait le plus pour mon après-carrière, c'était d'éviter les réveils au bord du lit à me dire : 'Putain, mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire aujourd'hui ? ' " Stabilisé tout au long de sa carrière par les conseils des cinq mêmes personnes - un comptable, un avocat fiscaliste, un notaire, un agent et un assureur - Frédéric Herpoel a toujours pris soin de préparer sa retraite sportive tout en profitant bien entendu de son statut de professionnel pour disputer plus de 350 matchs en D1 et participer à l'Euro 2000 et à la Coupe du Monde 2002.
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"La chose qui m'importait le plus pour mon après-carrière, c'était d'éviter les réveils au bord du lit à me dire : 'Putain, mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire aujourd'hui ? ' " Stabilisé tout au long de sa carrière par les conseils des cinq mêmes personnes - un comptable, un avocat fiscaliste, un notaire, un agent et un assureur - Frédéric Herpoel a toujours pris soin de préparer sa retraite sportive tout en profitant bien entendu de son statut de professionnel pour disputer plus de 350 matchs en D1 et participer à l'Euro 2000 et à la Coupe du Monde 2002. Avec ses dix saisons passées entre les perches des Buffalos, ce serait un euphémisme de dire que Fred est un vrai fidèle. Entre 1997 et 2007, le Montois participe ainsi à l'évolution progressive du club gantois, dispute la Coupe d'Europe et est surtout considéré comme un des meilleurs portiers du pays. Reconnu pour son fair-play extrême, il profite aussi de cette période de réussite sportive pour lancer sa propre marque de gants, FH Sport, et proposer ainsi des produits destinés aux enfants et aux adultes. Né à exactement 500 mètres du Stade Tondreau, Frédéric a forcément toujours eu la Cité du Doudou dans le sang, au point de se taper 2h30 de voiture tous les jours pendant dix ans pour rejoindre le centre d'entraînement gantois. En 2007, quand il apprend que son contrat chez les Buffalos ne sera pas renouvelé, c'est donc tout naturellement qu'il accepte de faire une dernière pige au RAEC Mons. C'est à cette même époque que son projet du FC Havré est en plein essor. Devenu président du club de son village au début du millénaire, Fred a alors fait en sorte de sauver un matricule qui s'apprêtait à fermer ses portes et donc laisser 150 jeunes sans occupation. " En tant que footballeur, j'estimais que je devais avoir un rôle social ", glisse l'ancien keeper. " Avec quelques amis, on a donc relancé le club, pour les enfants d'abord, mais on a aussi pensé à certaines mamans en créant une société de titres-services pour les aider dans leurs tâches quotidiennes... ou leur offrir du boulot. " Herpoel et ses associés affirment ne prendre aucune rémunération et jusqu'en 2012, la seule utilisation qu'ils ont faite des bénéfices était destinée à acheter du matériel pour le FCHavré. Herpoel a stoppé toutes activités avec le club il y a cinq ans, mais sa société tourne toujours, elle emploie actuellement 25 personnes. " En tant que gérant, je suis averti tous les jours au cas où il y a des décisions importantes à prendre. Vérification des comptes, paiements, discussions avec le comptable... ça prend vite du temps à gérer. Mais ça me plaît beaucoup ! " C'est à l'âge de 13 ans que Frédéric Herpoel a quitté son Hainaut natal pour tenter sa chance au plus haut niveau en rejoignant l'école des jeunes du Sporting d'Anderlecht. Débarqué en équipe première au début des années 90, il a eu l'occasion de connaître une autre ère en matière d'ambiance entre joueurs. " À notre époque, si on avait envie de se voir et qu'on mettait une bière entre nous deux, il n'y avait pas de souci. Maintenant, il y aura toujours bien un supporter qui prendra une photo, la postera sur les réseaux sociaux, et paf on dira que je ne suis pas professionnel. C'est plus compliqué d'être joueur de foot aujourd'hui. " De fait, en côtoyant les LucNilis, PhilippeAlbert, MarcDegryse, GillesDe Bilde et autres GraemeRutjes, le Montois a eu l'occasion de vivre quelques moments d'anthologie qui ne sortiront jamais (complètement) des vestiaires. " C'est sûr qu'on s'est parfois crêpé le chignon, qu'on s'est même battu : on s'empoignait un bon coup puis l'affaire était réglée. Mais il n'y avait pas de scandale car personne n'était au courant. Dans le même ordre d'idées, on pouvait facilement aller boire un verre avec les supporters, c'était peut-être ça le plus beau, d'ailleurs. On a connu des fêtes qui se terminaient tellement tard que quand on quittait le café, c'était pour aller directement à l'entraînement (sourire). L'entraîneur (Johan Boskamp, ndlr) était au courant, mais il ne s'en faisait pas, vu qu'on n'était pas plus mauvais le samedi suivant. " On devine à peine une remise en question de l'évolution des réseaux sociaux et des médias à travers les propos de Fred. Pourtant, peu de temps après avoir remisé ses crampons en 2010, le gaillard est passé de l'autre côté du micro et bosse toujours en tant que consultant pour RTL. " Je ne me considère pas comme journaliste mais plutôt comme consultant parce que j'ai toujours cette envie de rester du côté des joueurs. J'ai beaucoup écouté et analysé moi-même des matchs pour me préparer. " Au niveau de ses inspirations, Fred cite Christophe Dugarry pour ses capacités de consultant en direct et Bixente Lizarazu pour ses analyses à froid sur le plateau. Mais l'ancien Gantois n'est pas du genre à travestir sa manière d'être pour faire plaisir. " Ça ne sert à rien d'employer des termes soutenus, il faut parler "foot", que les gens aient l'impression qu'on est assis à côté d'eux dans le divan et qu'on discute avec eux. Mais je ne sortirai jamais du terrain dans mes commentaires : je ne m'intéresse absolument pas à leur vie privée. " La quarantaine à peine entamée, Herpoel s'est construit un quotidien autant chargé que varié. Entre ses gestions de FH Sports, de sa société de titres-services et ses commentaires pour RTL, il n'est même pas impossible que parfois, au moment du réveil sur le bord de son lit, Fred se dise : " Putain, qu'est-ce que je dois encore faire aujourd'hui ? "par Émilien Hofman - photo pg" Je ne me considère pas comme journaliste mais plutôt comme consultant parce que j'ai toujours cette envie de rester du côté des joueurs. " - Frédéric Herpoel