Je profite de chaque moment, des petits et des grands bonheurs que m'offre le football. Tout cela en me disant que c'est peut-être la dernière saison de ma carrière alors que je n'ai que 30 ans. Ce milieu a beaucoup changé. Il n'a plus rien de commun avec celui de mes débuts 1997-1998. La seule vérité du terrain ne fait plus la différence. Il faut être un showman, une personnalité de la presse populaire. Si on continue comme cela, le football aura aussi son Francesco Planckaert. Il a décroché un contrat de coureur professionnel dans l'écurie Chocolat Jacques. Pas pour ses qualités sportives mais parce qu'il participe au reality-show de sa famille. Cela lui permet d'avoir une présence dans les journaux. C'est du marketing, pas du sport. Que doivent penser ceux qui ont plus de talent que lui mais pas d'équipe ? A la fin de cette saison, mon contrat sera terminé. Je ne mendierai pas pour trouver un nouvel accord ou un nouveau club.
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Je profite de chaque moment, des petits et des grands bonheurs que m'offre le football. Tout cela en me disant que c'est peut-être la dernière saison de ma carrière alors que je n'ai que 30 ans. Ce milieu a beaucoup changé. Il n'a plus rien de commun avec celui de mes débuts 1997-1998. La seule vérité du terrain ne fait plus la différence. Il faut être un showman, une personnalité de la presse populaire. Si on continue comme cela, le football aura aussi son Francesco Planckaert. Il a décroché un contrat de coureur professionnel dans l'écurie Chocolat Jacques. Pas pour ses qualités sportives mais parce qu'il participe au reality-show de sa famille. Cela lui permet d'avoir une présence dans les journaux. C'est du marketing, pas du sport. Que doivent penser ceux qui ont plus de talent que lui mais pas d'équipe ? A la fin de cette saison, mon contrat sera terminé. Je ne mendierai pas pour trouver un nouvel accord ou un nouveau club. Si c'est nécessaire, j'arrêterai ma carrière alors que j'ai encore de belles années devant moi. Il y a quelques mois, le Standard m'a contacté. J'ai refusé. Certains n'ont pas compris. Il faut tout savoir que les Liégeois me proposaient 30 % de ce que je touche à Gand. Je ne pouvais pas l'admettre alors que mon contrat gantois était une preuve d'estime mutuelle entre les Bufflalos et moi. Je méritais ce salaire. Maintenant, si le retour de Vedran Runje, probablement financé en partie par l'OM, coûte moins cher au Standard que mon contrat gantois, je ne peux blâmer le Standard. A chacun de faire ses comptes. J'aime ce métier. Mais je suis dégoûté par le milieu car le joueur n'est plus respecté. Je ne sais peut-être pas me vendre. Je n'ai pas envie de jouer à celui que je ne suis pas pour épater la galerie. Cela m'a peut-être coûté cher quand j'étais cité à l'étranger, notamment en Turquie. Notre univers est de plus en plus froid. Or, moi, je n'ai pas envie de vivre dans une tour d'ivoire. J'ai besoin de confiance, de chaleur humaine, de contacts avec les supporters. Je suis arrivé à Gand en 1997. J'avais 23 ans et mon but était simple : jouer. A Anderlecht, j'étais la doublure de Geert De Vlieger. J'avais été intégré dans le noyau A par Aad de Mos. A l'époque, on me comparait à Jacky Munaron. J'étais honoré car j'avais toujours eu un faible pour lui. J'ai joué quelques matches de championnat et même en Coupe d'Europe, notamment à l'Inter. Se retrouver dans la cage d'Anderlecht à San Siro, cela marque. Je m'y suis bien débrouillé. Anderlecht avait une grande équipe et je ne garde finalement que de bons souvenirs de cette époque même si ce ne fut pas toujours drôle. C'était fini pour moi quand René Vandereycken recruta ZvonkoMilojevic. Or j'attendais ma chance derrière Filip De Wilde puis De Vlieger. Or, on ne m'accordait qu'une confiance mesurée. Johan Boskamp venait de débarquer à Gand. Il cherchait un gardien. Je remercie Vandereycken... En agissant de la sorte, il m'a obligé à me secouer, à aller voir si mon bonheur ne se trouvait pas ailleurs. Comme il m'avait bien connu à Anderlecht, le Hollandais me contacta. Boskamp avait recruté Nico De Bree en tant que coach des gardiens. Lui aussi me connaissait car il était là quand je suis arrivé à Anderlecht à 11 ans. Nico insista pour que je reste. La présence des deux Hollandais à Gand m'incita d'autant plus à signer. Les Buffalos avaient embrigadé une cohorte de nouveaux joueurs : Stijn Vreven, Anders Nielsen, Filip Fiers, DanielCamus, Thomas Chatelle, etc. Le club avait encore des côtés amateurs. Un joueur avait des chaussettes blanches à l'entraînement, un autre des jaunes. Le Bos régla ces petits problèmes en quelques jours. Je me sentais bien, heureux d'être soutenu par un coach croyant en moi. J'espérais le remercier lors de notre match de championnat à Anderlecht. Hélas, alors que Gand tenait le bon bout, je me suis loupé sur un tir lointain de Didier Dheedene. C'était pour ma pomme : j'étais anéanti. Mais je me suis repris. Je sais encore ce que je me suis dis : -Tu as déçu un coach qui a misé sur toi. Maintenant, tu vas te bouger et bosser encore plus. J'ai puisé une énorme force intérieure dans cette adversité. Je me suis dit que cela ne m'arriverait plus jamais. J'avais la rage et j'ai progressé à chaque match. J'étais devenu un autre. Cette épreuve m'a endurci. Plus rien ne fut comme avant. Au match retour, j'ai même égalisé à la fin du match en montant dans le rectangle adverse. Les choses étaient remises en place. J'étais lancé, sûr de moi, sur la bonne voie. La maturité avait fait son oeuvre. Avant cela, j'étais catastrophé, rayé de la carte, abattu après une telle bourde. Il faut savoir se relever pour avancer. Pour un jeune gardien de but, comme pour un joueur du champ, le principal est de jouer. J'ai eu cette chance à Gand. Boskamp ne m'a pas remplacé parce que j'avais gaffé à Anderlecht. Sa confiance à l'égard de mon potentiel avait probablement été secouée mais elle restait intacte. La Gantoise a tout doucement pris sa place derrière le top 3 du football belge. C'est une grande ville qui mérite un club ambitieux. J'étais bien parti et je suis heureux d'aider les Buffalos. La saison suivante, Boskamp céda sa place à son adjoint, Herman Vermeulen, suite à des problèmes avec la direction. Puis, Trond Sollied déposa ses bagages à Gand où il fit du très bon travail. Le noyau n'était plus le même. Gand avait vendu pas mal de jeunes afin de résoudre ses gros problèmes financiers. La courbe du progrès était cependant prise. Elle m'a notamment mené vers l'équipe nationale où j'ai retrouvé De Vlieger. A la fin de la saison passée, les joueurs de la D1 m'ont élu Gardien de l'Année. Cela revêt évidemment beaucoup d'importance pour moi. Je suis fier de ce trophée, de mes présences dans le noyau de l'équipe nationale. Tout cela prouve que mon travail a payé. Je dédie évidemment ces satisfactions à Johan Boskamp sans lequel mon parcours aurait été totalement différent. La saison 1997-1998 restera la plus importante de ma carrière. Ce fut une année-charnière. J'avais enfin négocié le virage qui me permettait de devenir un des gardiens de l'élite. J'avais fait un énorme bond en avant. L'avenir m'appartenait.J'avais déçu Boskamp. Je devais ME BOUGER ENCORE PLUS