Frédéric Herpoel n'est pas n'importe qui : il a une carrière de dix ans en D1 derrière le dos et a remporté le titre de Gardien Pro de l'Année lors de notre Gala annuel en 2004. Il a aussi terminé à plusieurs reprises parmi le trio de tête, comme encore l'année dernière lorsqu'il remporta également le Prix du Fair-play de la saison ! Quand un gars pareil parle, on l'écoute. On ne peut donc qu'être interpellé par les interviews qu'il a données la semaine dernière à la Gazette des Sports et au Soir.
...

Frédéric Herpoel n'est pas n'importe qui : il a une carrière de dix ans en D1 derrière le dos et a remporté le titre de Gardien Pro de l'Année lors de notre Gala annuel en 2004. Il a aussi terminé à plusieurs reprises parmi le trio de tête, comme encore l'année dernière lorsqu'il remporta également le Prix du Fair-play de la saison ! Quand un gars pareil parle, on l'écoute. On ne peut donc qu'être interpellé par les interviews qu'il a données la semaine dernière à la Gazette des Sports et au Soir. C'étaient des paroles très fortes où il met, en gros, en question la conduite de son nouveau club, le RAEC Mons. Il parle d'amateurisme à tous les niveaux et de manque de rigueur. Sont remis en question la discipline et l'engagement de quelques joueurs. A un point tel qu'il a caressé l'envie de s'en aller... Avec des déclarations pareilles, il vise non seulement la conduite sportive du noyau mais également le pouvoir décisionnel : le coach José Riga, le directeur technique Géo Vanpyperzeele, le directeur général Alain Lommers et le président Dominique Leone. En plus, Herpoel dit très clairement : " Si le président veut s'en aller, je suis prêt à reprendre les rênes ". Sans avoir les mêmes moyens financiers bien sûr, M. Leone étant un homme d'affaires très bien établi. Le gardien prévient d'ailleurs qu'il ne mettrait jamais de son propre avoir dans le club. On peut dès lors comprendre qu'il ne dirait pas non si un comité de direction le cooptait grand patron. Ce n'est pas une mauvaise idée, même si elle est un peu prématurée et même si Joan Laporta, le président du monstre qu'est le CF Barcelone l'est devenu à 41 ans seulement. Fred n'aura jamais que 34 ans en août prochain et a encore énormément à apporter aux Dragons entre les perches. Samedi dernier, par exemple, contre son ancien club de La Gantoise il livra un très bon match de Coupe malgré la défaite, se trouvant à plusieurs reprises sur la bonne trajectoire et donnant confiance à sa défense, sans conteste le meilleur secteur de l'équipe. S'il reste, il sera avec cette arrière-garde, le socle sur lequel Mons construira son maintien. L'entrejeu montois ne manque pas de possibilités non plus, mais est beaucoup moins stabilisé que la dernière ligne. Et que dire de la première ligne, encore plus friable ? On entend constamment que le club cherche un attaquant efficace, mais la confiance en soi permet aussi de marquer. Mons donne l'impression de changer tellement souvent son fusil d'épaule à mesure que l'on va vers son secteur offensif qu'on comprend l'insécurité de ceux qui doivent faire la différence. Mais une fois encore, les possibilités existent. Sans doute qu'un jour, effectivement, Herpoel en arrivera à occuper un rôle en vue à Mons. En attendant, malgré ses sorties hardies (héroïques) dans la presse, il était bel et bien au poste samedi et capitaine de surcroît. Riga et Vanpyperzeele ont affirmé le week-end dernier que le club parlerait de ces interviews avec Fred car il était sorti de son rôle. Mais Fred a été très clair : si ça ne change pas, il s'en va. Ce qu'il pourrait très bien faire, ayant prouvé qu'il était revenu à son niveau et que Mons étant son premier club de la saison, il pourrait en changer avant fin janvier. Coïncidences plus ou moins amusantes : comme Sergio Brio il y a quatre ans mais dans un autre genre, Herpoel pousse une gueulante... un mois seulement après que le précédant directeur technique, Jean-Paul Colonval, s'en soit allé pour des raisons analogues. C'est un fait : le vécu professionnel du football ne se rattrape jamais et il n'y en a quasi pas à la direction montoise. Comment M. Leone va-t-il résoudre ce défi ? On espère que sera en écoutant Herpoel. Car en sport, depuis qu'un tribunal américain a envoyé l'ex-reine du sprint Marion Jones six mois en prison pour avoir triché et menti, on ne peut plus s'attaquer à celui qui a dit la vérité. PAR JOHN BAETE