A 31 ans, vous êtes un jeune retraité du foot...
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A 31 ans, vous êtes un jeune retraité du foot... J'ai un problème de bassin, qui crée des déséquilibres du côté de mes adducteurs et de mes abdominaux. Durant ma carrière, j'ai souvent bien joué une moitié de saison avant d'être blessé la seconde partie. Or, en quittant Westerlo pour Cardiff, j'ai opté pour le championnat le plus exigeant physiquement, avec un match tous les trois jours. J'ai été opéré deux fois et puis j'ai dit stop. Vous n'aviez pas envie de continuer à un niveau inférieur ? Non, car même dans les séries provinciales, le foot reste intense et je ne pouvais plus me donner à fond. Kristof Sas, médecin, m'a dit que je risquais des séquelles. Aujourd'hui, je joue au padel. C'est moins exigeant. Outre la consultance pour RTL, vous développez un projet d'accompagnement des joueurs. De quoi s'agit-il ? Je viens de me lancer comme indépendant et je couvre la Belgique, la France et l'Angleterre. En Angleterre, mon meilleur ami était régulièrement sollicité par des banquiers, des agents immobiliers... Je lui servais de filtre. Dans le même temps, j'ai été frappé par le sort de nombreux footballeurs qui avaient gagné beaucoup d'argent et se retrouvaient ruinés. Un joueur est conditionné à penser à court terme. C'est difficile de faire comprendre à un jeune de 22 ou 23 ans qu'il doit ouvrir un compte épargne et penser à son futur. Vous avez commencé comme consultant dans Super Sunday sur LN24... J'ai d'abord hésité car je ne me sentais pas légitime. J'ai été blessé pendant les trois quarts de ma carrière, je n'ai pas le même palmarès que d'autres consultants... Mais je me suis pris au jeu. Après tout, on passe bien du temps à débattre devant sa télé avec ses amis. En télé, il faut juste éviter de dire trop de conneries... (il rit) Etre consultant m'aide à sortir de ma zone de confort. Le stress est aussi présent qu'avant un match. Mais c'est comme quand on entre sur la pelouse : en plateau, il disparaît. A RTL, vous retrouvez Mbaye Leye... J'ai grandi au Sénégal et il m'a pris sous son aile à Zulte Waregem. Il était l'un de mes modèles quand il jouait et, maintenant, c'est comme consultant que je l'apprécie. Il s'exprime bien, ses idées sont claires et il a une analyse pointue. En France, j'aime bien Habib Beye (Canal+). En Angleterre, j'ai été impressionné par Thierry Henry qui décrypte une situation de manière simple dans une langue qui n'est pas la sienne. Là-bas, les consultants, c'est une véritable industrie ! (il rit)