Pendant un an, Frédéric Deborsu et Michel Renard ont suivi le comité de candidature belgo-hollandais pour l'organisation de la Coupe du Monde 2018 à la trace. Le reportage est à voir ce mercredi sur la RTBF dans Questions à la une.
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Pendant un an, Frédéric Deborsu et Michel Renard ont suivi le comité de candidature belgo-hollandais pour l'organisation de la Coupe du Monde 2018 à la trace. Le reportage est à voir ce mercredi sur la RTBF dans Questions à la une. Frédéric Deborsu : Notre candidature pèse moins lourd que la concurrence. L'Angleterre est le pays du foot, la Russie celui du pétrodollar et le duo Espagne-Portugal s'appuie sur un champion du monde en titre. La Belgique a des points faibles épinglés dans le dernier rapport de la FIFA : pas assez d'hôtels de qualité, aucun stade de prêt sur les sept alors que les Néerlandais en ont cinq, etc. Nous sommes un petit pays et nous générerons moins de bénéfices que les Anglais ou le duo ibérique. Mais plus, quand même, que les Russes. L'entente s'est dégradée au fur et à mesure. Alain Courtois a bien bossé. Mais il a été un peu isolé par nos voisins, de peur qu'il ne leur fasse de l'ombre. C'était avant tout un mariage de raison. Les Belges avaient besoin de la réputation footballistique des Néerlandais, eux de notre capacité de lobbying. Nous sommes le petit. Personne ne croit en nous ou ne nous craint. Notre candidature a de bons arguments écologiques pourtant et, sur le plan technique, le dossier de candidature est bon. Dans les coulisses, des gens comme Jacques Rogge, Herman Van Rompuy, Louis Michel, etc. ont usé de leur influence. C'est un peu l'argument des naïfs. Qui va voter pour nous au premier tour ? Les Sud-Américains choisiront l'Espagne et le Portugal. Les Nord-Américains, ce sera l'Angleterre. Les Russes ont le soutien des Asiatiques. On espère compter sur l'Afrique et certains pays d'Asie comme le Qatar. Si on parvient au second tour, tout est jouable. On pourrait récupérer des voix grâce à des connexions : João Havelange au Brésil, etc. Le Bid était d'ailleurs là-bas la semaine dernière. Non, les votants s'en foutent car c'est d'abord vu comme une candidature néerlandaise. Ils veulent savoir ce qu'ils pourront obtenir en échange d'une voix. Beaucoup de choix sont opérés en dernière minute. Pour les JO de 2012 à Londres, c'est le lobbying final de Tony Blair qui avait fait la différence. On avait évoqué la présence à Genève des familles royales belge et néerlandaise. Cela aurait constitué un gros argument de séduction. Finalement, ce sera Yves Leterme. Il est beaucoup moins connu que Vladimir Poutine et David Cameron et son champ d'action est plus limité... PAR SIMON BARZYCZAK