Franky Van der Elst : " Il m'est réellement difficile de tirer un maillot du lot parmi la bonne centaine que j'ai échangée durant ma carrière. Il est vrai que j'ai toujours pris un malin plaisir à pousser à l'échange l'une ou l'autre des vedettes d'en face. C'est pourquoi, dans ma collection, figurent pas mal de noms prestigieux comme Zinédine Zidane, Ronald Koeman ou encore Georghe Hagi. Mais si je ne dois citer qu'un seul nom, ma préférence va à Marco van Basten. La scène remonte à l'automne 1987. A l'époque, le Hollandais faisait fureur à la pointe de l'attaque de l'AC M...

Franky Van der Elst : " Il m'est réellement difficile de tirer un maillot du lot parmi la bonne centaine que j'ai échangée durant ma carrière. Il est vrai que j'ai toujours pris un malin plaisir à pousser à l'échange l'une ou l'autre des vedettes d'en face. C'est pourquoi, dans ma collection, figurent pas mal de noms prestigieux comme Zinédine Zidane, Ronald Koeman ou encore Georghe Hagi. Mais si je ne dois citer qu'un seul nom, ma préférence va à Marco van Basten. La scène remonte à l'automne 1987. A l'époque, le Hollandais faisait fureur à la pointe de l'attaque de l'AC Milan. Et il ne demeurait pas en reste non plus avec la Hollande, dont il était alors le capitaine. Pourtant, malgré la présence de bon nombre de joueurs de premier plan chez les Bataves, comme Aron Winter, Frank Rijkaard, Gerald Vanenburg ou Johnny van 't Schip, nous étions parvenus avec les Diables Rouges à contraindre la sélection orange au partage dans la célèbre cuvette de Rotterdam : 0-0. En tant que pare-chocs devant la défense, j'avais eu fort à faire avec le buteur adverse qui n'hésitait jamais à décrocher pour quémander le ballon à ses partenaires. Mais il n'avait jamais trouvé la parade face à la double toile que Georges Grün et moi-même avions tissée ce soir-là. Je pensais, a priori, que mon coéquipier anderlechtois allait réclamer la vareuse de son opposant direct en fin de match. Mais comme il ne semblait pas plus intéressé que ça par cette perspective, je ne me suis évidemment pas fait prier (il rit). Le tout premier maillot que j'ai troqué coïncide avec mon maiden match en équipe nationale. C'était à l'occasion d'un Grèce-Belgique dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du Monde 1986. Près de 20 ans après, je n'ai plus la moindre souvenance de l'identité du joueur que j'ai sollicité à cette fin. En ce temps-là, il est vrai, les noms ne figuraient pas encore sur les équipements. Ce qui complique parfois les choses quand je plonge dans l'armoire aux souvenirs. Car si je n'éprouve aucune difficulté à associer une tenue à un pays, j'ai parfois un trou de mémoire lorsqu'il s'agit de retrouver le nom d'un joueur. Il y a quelques mois, j'ai d'ailleurs fait des recherches à ce propos. Car ma fille Sanne, sacrifiant à la mode, n'avait rien trouvé de mieux que d'enfiler un des anciens maillots que j'avais récoltés. C'était le numéro 19 de l'Argentine, un adversaire que nous avions rencontré en demi-finale du Mundial. Après avoir mené ma petite enquête, je sais qu'il appartenait au back gauche des futurs champions du monde, Julio Olarticoechea. S'il s'était agi du 10, le numéro fétiche de Diego Maradona, je n'aurais pas été exposé au même casse-tête, évidemment. Mais celui-là, comme bien l'on pense, avait déjà été réservé par Jean-Marie Pfaffavant la montée des équipes sur le terrain... A la maison, il n'y a d'ailleurs pas que ma fille qui fait revivre les maillots. Mon fils, Tim, aime aussi parader avec mes souvenirs. A cette nuance près qu'il s'arrange toujours pour enfiler un maillot avec un nom. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fait bel et bien de l'effet auprès de ses potes en portant celui de Zinédine Zidane. Non pas une imitation mais un vrai de vrai, que son père a gagné à la sueur de son front (il rit) ". par Bruno Govers