Entraîneur adjoint et responsable des jeunes d'Anderlecht, Franky Vercauteren n'est pas un tendre ! Son exigence et sa rigueur en ont laissé plus d'un sur le carreau. Avare de compliments, il inspire autant la crainte que le respect. Sans doute estime-t-il que des garçons qui veulent évoluer au plus haut niveau doivent être émotionnellement solides. Et la sévérité reste, selon lui, la meilleure manière de les préparer.
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Entraîneur adjoint et responsable des jeunes d'Anderlecht, Franky Vercauteren n'est pas un tendre ! Son exigence et sa rigueur en ont laissé plus d'un sur le carreau. Avare de compliments, il inspire autant la crainte que le respect. Sans doute estime-t-il que des garçons qui veulent évoluer au plus haut niveau doivent être émotionnellement solides. Et la sévérité reste, selon lui, la meilleure manière de les préparer. A Anderlecht, on a coutume de dire : -Si Franky t'a dit que c'est bien, alors c'est que c'est très bien ! Il doit cette réputation à sa manière d'évaluer ses jeunes espoirs. L'ex-capitaine du Sporting a plus souvent tendance à mettre l'accent sur les lacunes que sur les points forts. D'où le reproche, que lui adressent certains, d'être trop négatif. En réalité, il sait aussi souligner les progrès mais considère qu'il faut à tout prix éviter que les jeunes soient trop vite contents d'eux-mêmes. D'où des analyses froides, lucides et donc déstabilisantes. Il estime, avec raison, qu'un grand garçon doit être capable d'accepter aussi bien les louanges que les critiques ! Dorer la pilule ne sert à rien sinon à tromper le jeune. Franky n'y va donc pas par quatre chemins : la vérité en pleine face ! Ou bien le gars accepte les observations comme un électrochoc bienfaisant et se remet en question ou bien il se décourage ou se rebelle et s'exclut automatiquement de l'élite du club ! Ceux qui ont bien connu Franky joueur retrouveront sa mentalité à travers sa méthode. Sa carrière personnelle fut le fruit d'un travail incessant et d'une continuelle remise en question. Son cousin François Sterk me rappelait récemment que, lors d'un match de jeunes, Raymond Goethals lui avait proposé de jouer le jeu d'un scout qui serait venu visionner Franky pour juger de l'opportunité de le recruter. Le rapport n'aurait pas été exceptionnel : pas très rapide, un dribble moyen, pas ou peu de jeu de tête, un jeu défensif suffisant dans le positionnement mais faible à la récupération (Anderlecht jouant en surclassement chez les jeunes, on ne le lui avait jamais appris) et une frappe précise mais d'intensité moyenne. Deux qualités transcendaient cependant ce profil de passeur : un sens inné de la lecture anticipative du jeu et un caractère râleur de battant. Son pied gauche magique et son fameux centre banane ne sont pas des cadeaux du ciel. Il a bossé comme un fou pour accroître ses points forts et compenser ses points faibles. Voilà comment, avec Robby Rensenbrink, il forma une des meilleures paires d'Europe à partir d'un bagage de départ qui n'avait pourtant rien d'extraordinaire. A l'image du regretté Jean Dockx, Franky se contentera-t-il de rester un éternel second ? Il n'est guère bavard sur son avenir. De nature secrète et réservée, il n'aime pas parler de lui mais son profil de formateur le destine bien à un rôle d'adjoint et de superviseur du centre de formation. Le poste d'entraîneur de l'équipe Première est, qu'on le veuille ou non, un poste aléatoire voire un véritable siège éjectable. Je le crois très capable de l'occuper avec succès mais il est difficile de s'y maintenir plus de trois ou quatre saisons sans changer d'air. Pouvez-vous imaginer Franky autre part qu'au Sporting ? Je le vois mieux assurer, en accord avec ses dirigeants, la continuité d'une philosophie de jeu à partir des jeunes vers l'équipe Première. Pour qu'Anderlecht retrouve enfin son style propre ! Ses premiers dividendes palpables sont là : Anthony Vanden Borre, Jonathan Legear, Anatoli Gerk et bien sûr Vincent Kompany dont l'avis sur Vercauteren vaut son pesant d'or : -Le rencontrer fut l'étape la plus importante de ma carrière. Franky est le passage obligé pour tout jeune qui veut arriver en équipe fanion au Sporting. Il m'impressionnera toujours par la justesse de son jugement et de ses conseils. n André RemyPOUR AMENER DES GARçONS AU PLUS HAUT NIVEAU, la sévérité reste, selon lui, la meilleure manière