Tout le tralala du Soulier d'Or, où on parle de plus en plus de filles et de moins en moins de football, ça a encore quelque chose à voir avec la période où tu l'as gagné ?

Non, plus grand-chose à voir. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'assiste rarement à cette soirée. On pourrait profiter de l'occasion pour monter un bon show, en restant dans les limites. Quand c'est trop, ça ne me donne pas envie d'y aller. J'ai fait le déplacement il y a un an, pas cette année. Il faut trouver un juste milieu. A l'époque où j'ai gagné, c'était peut-être trop sobre. Il n'y avait vraiment pas grand-chose. Ce n'était pas retransmis en direct à la télé. Ça se limitait à 30 ou 40 journalistes et quelques photographes. Et l'organisation de la journée était fort différente de ce qui se fait maintenant. Quand on savait qu'on avait des chances de le remporter, on a...

Non, plus grand-chose à voir. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'assiste rarement à cette soirée. On pourrait profiter de l'occasion pour monter un bon show, en restant dans les limites. Quand c'est trop, ça ne me donne pas envie d'y aller. J'ai fait le déplacement il y a un an, pas cette année. Il faut trouver un juste milieu. A l'époque où j'ai gagné, c'était peut-être trop sobre. Il n'y avait vraiment pas grand-chose. Ce n'était pas retransmis en direct à la télé. Ça se limitait à 30 ou 40 journalistes et quelques photographes. Et l'organisation de la journée était fort différente de ce qui se fait maintenant. Quand on savait qu'on avait des chances de le remporter, on attendait chez soi, près du téléphone. On t'appelait si tu avais gagné, et là, tu devais sauter dans ta voiture et foncer à Middelkerke. Si tu n'étais pas le lauréat, tu n'y allais pas. La présentation de l'événement ne reste pas un grand souvenir pour moi. Par contre, mon Soulier d'Or en lui-même a été une des plus belles réussites de ma carrière. Ce n'est pas nécessaire. On s'étonne que je m'intéresse à des joueurs pareils mais j'ai l'avantage de bien les connaître. J'ai la manière pour les cerner. Certains ont besoin d'un coup de pied aux fesses, d'autres demandent une autre approche. Je sais ce qu'ils ont dans la tête et ce qu'ils peuvent apporter, je suis en mesure de chiffrer leur potentiel maximal. On a là deux exemples typiques de footballeurs dont on parle la plupart du temps en mal, comme si on ne voulait pas tenir compte de ce qu'ils font de bien. C'est plus intéressant de faire venir un Vanden Borre ou un Legear qu'un joueur qu'on ne connaît pas et qui doit tout découvrir. Et pour moi, le fait d'avoir peu de temps de jeu lors des derniers mois n'est pas un inconvénient. Au contraire. Prête-moi Kevin De Bruyne, même s'il n'a pas joué avec Chelsea, je saurai en faire quelque chose... J'ai ressenti une grande joie mais ça n'avait rien à voir avec Anderlecht. Je l'ai dit et répété, tant pis si on ne me croit pas. Pour moi, ce match n'avait rien du tout de spécial, je ne tenais pas plus à le gagner qu'un match contre le Lierse ou Louvain, des concurrents directs. Et qu'on ne vienne pas dire que je suis un type froid, indifférent. Je peux avoir des émotions très fortes mais elles ne sont pas sur le plan du football. Anderlecht fait ce qu'il veut, ce n'est pas mon problème. Je me désintéresse complètement d'une situation comme celle-là. Je ne suis pas là pour juger, que chacun balaie devant sa façade, et pas le trottoir du voisin. On peut toujours discuter de la manière dont Anderlecht s'y est pris. Je sais qu'ils ont déjà contacté Thorgan Hazard en fin de saison passée, avant le fameux match pour le titre. Certains vont venir parler d'éthique. Mais c'est quoi, l'éthique dans le monde du football ? On sait comment ce monde a évolué sur ce plan-là. Je n'ai jamais pensé à ça. Est-ce que j'ai laissé un bon souvenir à Genk ? Je crois ! Est-ce qu'ils penseraient à moi ? Peut-être, oui... probablement non ! Pendant ma période sans boulot, je visais un club à l'étranger. J'ai eu plusieurs offres, je les ai refusées parce qu'on ne me proposait pas ce que j'attendais au niveau de la vie, de la famille ou du sportif. Malines est alors venu, mon feeling était bon, donc j'ai signé. Il ne m'est jamais venu à l'idée de jouer la montre en me disant que je serais peut-être contacté par Genk, Bruges, Gand ou un autre club du même style. PAR PIERRE DANVOYE