Frank Dauwen (48 ans) parle avec un enthousiasme mêlé de nostalgie de son séjour de deux ans à Jeddah, en Arabie saoudite, où il a assuré la coordination sportive d'Al-Ahli. Il évoque sa vie dénuée de soucis, les habitudes des restaurants (" quand on n'est pas accompagné de sa femme, on est dirigé vers une autre section du restaurant "), de l'alcool, des infrastructures fantastiques. " Al-Ahli possède un stade flambant neuf de 72.000 places. " Même ses dribbles constants entre les exigences des cheiks et les décisions purement sportives le font sourire.
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Frank Dauwen (48 ans) parle avec un enthousiasme mêlé de nostalgie de son séjour de deux ans à Jeddah, en Arabie saoudite, où il a assuré la coordination sportive d'Al-Ahli. Il évoque sa vie dénuée de soucis, les habitudes des restaurants (" quand on n'est pas accompagné de sa femme, on est dirigé vers une autre section du restaurant "), de l'alcool, des infrastructures fantastiques. " Al-Ahli possède un stade flambant neuf de 72.000 places. " Même ses dribbles constants entre les exigences des cheiks et les décisions purement sportives le font sourire. La passion avec laquelle Dauwen parle de son séjour dans le désert arabe est étonnante. En vingt ans, il n'a connu que trois clubs : le Lierse de 1985 à 1990, Gand de 1990 à 2000 puis Westerlo de 2000 à 2003 comme joueur avant de passer dix ans dans le staff technique du club campinois. " Pendant ma carrière, j'ai en effet été très fidèle. J'ai refusé une offre de Strasbourg parce que je trouvais la France trop éloignée. La situation est différente maintenant que les enfants sont grands. " Sa fille Louise joue en D1 au VC Moldavo, soit dit en passant. Au printemps 2013, quelques semaines après avoir effectué un pas de côté à Westerlo, alors en D2, il a répondu à l'appel de Jan Van Winckel. " Directeur technique, il pouvait former lui-même un staff pour les équipes d'âge ", explique Dauwen. " Il a pensé à moi grâce à Bart De Roover, un ancien coéquipier qui est resté un ami. J'ai signé un contrat de deux ans en Arabie. Il est arrivé à terme l'été dernier et n'a pas été prolongé car le club a dû fermer le robinet. La situation avait changé entre-temps : Vitor Pereira, l'ancien entraîneur du FC Porto, a amené avec lui tout un staff portugais. Il a réduit les responsabilités des Belges. Les derniers mois, j'étais le seul Belge et, socialement, ça faisait une fameuse différence. " Dauwen est donc revenu à Eindhout, près de Westerlo, auprès de sa femme et de ses enfants. Il rêve de reprendre du collier, c'est manifeste. Van Winckel vient d'être nommé directeur technique de la fédération saoudienne, ce qui lui ouvre de nouvelles perspectives. " On a déjà discuté mais ça peut encore traîner. J'ai également négocié avec l'ASV Geel pour y devenir T1 mais les négociations ont échoué in extremis. " Dauwen a été formé par Westerlo, qui évoluait alors en provinciales. A 14 ans, le directeur technique du Lierse, Marcel Vets, l'a découvert à l'occasion d'un tournoi scolaire. Deux ans plus tard, le frêle médian effectuait ses débuts en équipe première. " Sous la direction de Johan Boskamp, qui n'a jamais hésité à donner leur chance aux jeunes. " Ensuite, il a retrouvé le Néerlandais à Gand, dont Dauwen était le super transfert en 1990. " Pour 46 millions de francs, soit plus d'un million d'euros ", précise-t-il. " Anderlecht et le Club Bruges s'étaient également intéressés à moi mais le montant les avait rebutés. John Cordier, le président de Malines, et Jean Van Milders, son homologue gantois, ont fait de mon transfert une affaire d'honneur. " Il a vécu de grands moments au stade Artevelde sous la férule de René Vandereycken, avec une troisième place en 1991 et les quarts de finale de la Coupe UEFA contre l'Ajax. Dauwen a également pris du plaisir à travailler avec Trond Sollied. " Sollied et Vandereycken avaient une approche radicalement différente, l'un entraînant la possession du ballon, l'autre ce qu'il fallait faire en perte de balle, mais ils ont tous les deux obtenu des résultats. Vandereycken était toujours positif envers ses joueurs dans la presse mais en interne, il était très sévère. " Plusieurs opérations au genou, notamment aux ligaments croisés, ont empêché le médian d'éclater vraiment parmi l'élite, même s'il a collectionné une vingtaine de sélections en équipe nationale et qu'il a disputé trois matches. " J'aurais pu jouer plus mais j'ai été barré par Franky Van der Elst... Il n'était jamais blessé ", sourit Dauwen. PAR MATTHIAS STOCKMANS" J'ai été barré par Franky Van der Elst en équipe nationale : il n'était jamais blessé. " - FRANK DAUWEN