Les trois Belges d'Amsterdam nous reçoivent malgré un agenda chargé. Nous avons introduit notre demande d'interview fin août...
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Les trois Belges d'Amsterdam nous reçoivent malgré un agenda chargé. Nous avons introduit notre demande d'interview fin août... Wesley Sonck : Puis-je répondre à sa place ? Il a simplement la malchance d'être confronté au meilleur, à sa position. Jelle a 19 ans mais possède toutes les qualités requises à l'arrière gauche. Il ne doit pas se tracasser. Après tout, il est à l'Ajax. Jelle Van Damme : D'une certaine façon oui. De l'autre, je trouve qu'on doit placer la barre plus haut chaque année. J'apprends à tous les entraînements. Leur niveau est parfois supérieur à celui des matches. Je m'entraîne avec des joueurs de talent, alors qu'en match, nos opposants ont parfois moins de qualités. Mais comme Wesley le dit : j'ai simplement la malchance que Maxwell joue à ma place. En fait, on l'a transformé en arrière gauche mais il est fantastique. Tom Soetaers : Il est un des meilleurs du club, techniquement et par sa vision du football. Tout semble facile pour lui. Van Damme : Je pourrai mieux vous répondre dans un semestre. Sonck : Pas seulement pour lui mais aussi pour nous. A l'entraînement, quand nous disputons un petit match, il ne perd jamais le ballon. Il est le joueur le plus instinctif avec lequel j'ai joué. Vista, labeur, il a tout pour devenir un grand. Van Damme : Pourvu qu'il parte vite (il rit) ! Soetaers : D'ici là, O'Brien sera de retour (il rit aussi) ! Van Damme : Pour le moment, je me sens bien à l'arrière gauche. J'ai besoin de plus d'expérience pour briguer une position centrale car là, le moindre contact raté, le premier contrôle bâclé vous exposent à encaisser un but. Soetaers : Le niveau requiert de moi une adaptation mais le système et le reste sont assez similaires à ce que j'ai connu à Roda. Seulement, tout va plus vite. Je suis au bout du rouleau après 70 ou 80 minutes et je suis souvent remplacé, d'ailleurs. Mon adaptation suit son cours. VanDamme : Pour moi, le changement a été très brutal. J'avais à peine 17 ans et je n'avais guère joué au Germinal Beerschot, qui n'est déjà pas un grand club en Belgique. Je ne comprenais même pas que je jouais à l'Ajax. Pourtant, je me suis adapté assez rapidement. Sonck : Le niveau et le rythme ne me posent pas vraiment problème. Ce serait plutôt le système. J'en suis à ma septième saison au plus haut niveau. J'en ai disputé six dans un système à deux attaquants. Je dois donc m'habituer à évoluer seul en pointe, avec le soutien de deux ailiers. Van Damme : J'ai joué davantage la saison passée et les gens me demandent maintenant : - Comment était le week-end ? Tu as joué ? Je ne me mets pas martel en tête. Désolé mais je n'ai que 19 ans. Pour certains, figurer dans l'équipe de base de l'Ajax semble couler de source mais c'est quand même quelque chose. Puis-je partir, maintenant ? Soetaers : C'est comme ça. Quand c'est mauvais, c'est mauvais. Koeman m'avait demandé la veille si j'étais en état de jouer et j'ai répondu par l'affirmative. Il a fait preuve de classe en m'alignant encore la semaine suivante. Ce n'est pas comme en Belgique, où on tourne autour du pot en vous disant : -C 'était bien, garçon, pour affirmer le contraire dans votre dos. Ici, les gens sont honnêtes. On apprend ce qu'est la franchise. Soetaers : Maxwell a déjà évolué à ma position. Je veux dire par là que si vous n'êtes pas suffisant, le club trouvera toujours quelqu'un pour vous remplacer. En revanche, le fait d'être le seul extérieur gaucher constitue un avantage car ma tâche est avant tout de réaliser de bonnes actions et de bonnes passes. C'est sans doute pour ça que j'ai déjà bien joué. Ce n'est d'ailleurs pas difficile quand on est entouré de bons footballeurs. Sonck : Non. L'entraîneur voulait me faire jouer. Je devais plutôt évoluer comme avant en décrochage et converger vers l'axe, afin que l'Ajax ait deux hommes devant le but, quand Tom effectuait une percée à gauche. De temps en temps, quand j'y bénéficiais d'espaces, je suis allé sur la ligne. Quand on entame quatre des cinq matches de compétition, parler de défaite.... Et puis, de quelle lutte parlait Mulder ? Il n'y en a aucune. L'entraîneur choisit simplement les joueurs qui conviennent le mieux, selon lui, à certains matches. Sonck : Non, mais j'avais cru, sans doute naïvement, que nous jouerions à deux en pointe. Avec un attaquant grand et solide comme Zlatan, flanqué d'un petit, très vif. Mais bon, l'Ajax a sa tactique et je dois m'y adapter. Sonck : C'est un bon garçon, calme, mais un peu spécial quand même, comme tout le monde le sait (il rit). Il a tous les atouts nécessaires à un attaquant. Technique, vitesse, puissance... En plus, contrairement à ce qu'il dit, il ne court pas mal du tout. Il est parfois un peu trop capricieux dans ses actions. Comme il réalise parfois des choses inattendues, il peut être difficile de jouer avec lui. Soetaers : Pour moi aussi car une fois, il m'insulte parce que je n'étais pas là quand il a tiré, mais sur l'action suivante, il joue en profondeur alors que vous êtes derrière lui. Il est difficile de s'adapter. Ça fait évidemment partie de son charme à son poste : il est imprévisible. Sonck : C'est la différence par rapport à Genk, évidemment. Je dois m'y faire. La première année, à Genk, je ne recevais pas non plus tous les ballons. Ici, il y a cinq ou six joueurs très importants. Il est donc logique que le ballon soit cédé sur l'aile plutôt qu'à moi. De toute façon, on insiste beaucoup sur le fait qu'il faut écarter le jeu au maximum. Sonck : Il ne me l'a pas dit et c'est justement le problème de ce déchaînement de passions. Koeman n'a pas émis de critiques. Je sais ce qu'il m'a dit dans le vestiaire. Ça reste entre nous. Quand Sef Vergoossen me conseillait de faire attention, en me disant que mon comportement n'était pas correct, j'obtempérais. Ici, en trois mois, jamais je n'ai été aussi calme. Si on ne peut pas crier une fois pendant le match... A certains moments, il faut se faire remarquer. - Dites, je suis là. Ne m'oubliez pas. Faire banquette n'est pas honteux. Zlatan sait jouer ! Mais c'est un fait : j'ai l'habitude de jouer, je n'ai jamais connu pareille concurrence. Soetaers : On sait en arrivant ici qu'on sera confronté à 24 bons footballeurs. Ce ne sont pas les meilleurs qui jouent mais ceux qui s'intègrent le mieux au système, à ce moment, qui semblent bien dans leur peau ou qui sont particulièrement affûtés à l'entraînement. Ici, faire banquette quelques matches n'a rien de honteux. Je trouve Wesley bien. En Belgique, on s'imagine que Sonck va marquer trois buts par match, puisque les Néerlandais ne savent pas défendre. Ça ne marche pas comme ça. On présente les choses trop simplement. Sonck : C'est le principal changement pour moi car les gens disent vraiment ce qu'ils pensent. Des gamins de 19 ans n'ont absolument pas le moindre respect pour leurs aînés. Du moins, c'est mon impression. C'est différent en Belgique. Au Germinal Beerschot, il y a quatre ou cinq ans, quand les anciens disaient quelque chose, j'obtempérais, même si je me posais parfois des questions. Soetaers : Je me suis vite adapté. Peu de choses ont changé pour moi, si ce n'est que j'évolue pour une plus grande équipe, que la pression s'est accrue et qu'on joue plus vite. On m'avait mis en garde contre la mentalité des Amstellodamois mais ça va encore. Je ne me suis pas encore effarouché d'une remarque. Je pensais que j'allais d'abord faire banquette mais j'ai disputé tous les matches de championnat. Sonck : Je suis déjà bien content d'avoir vécu une bonne préparation, sans me blesser. Ce genre de choses arrivent à des joueurs qui atteignent un niveau qu'ils ne sont physiquement pas à même de supporter. Que peut-on espérer d'une première saison ? Je dirais : voyons combien de matches je vais jouer. Jusqu'à présent, je joue beaucoup. Le système dans lequel nous évoluons me convient plutôt bien, même si je sais que je peux faire nettement mieux. A Genk, nous nous trouvions les yeux fermés. Je ne suis ici que depuis trois mois. Mes coéquipiers doivent encore me découvrir : quand faut-il me servir dans les pieds, quand faut-il agir en profondeur ? Sonck : Je suis toujours tenté de le faire car à Genk, Dagano restait souvent en pointe alors que je redescendais chercher le ballon. Il m'arrivait d'aider les autres à faire circuler le ballon. C'était dangereux : prendre le ballon, l'envoyer sur les flancs et courir. Ici, les distances sont nettement plus courtes. Sonck : On ne peut que s'améliorer, à terme. On s'entraîne à un tel niveau que procéder en une, voire deux touches de balle devient un automatisme. Beaucoup de gens m'ont déjà demandé si j'avais progressé. Après trois mois, c'est un peu ridicule, évidemment. Mais je pense avoir déjà accompli un pas dans la bonne direction, si on replace ce cap dans le long terme. Sonck : Je serai toujours modeste. Je ne ferai jamais le fanfaron. La TV nous a demandé lequel de nous trois jouerait contre Bruges. Nous avons répondu que nous l'ignorions mais que nous espérions jouer. C'est un discours réaliste. Un Néerlandais dirait qu'il pense bien jouer. Donc, je ne pense pas que je vais changer sur le plan humain. Soetaers : Je ne pense pas que ça nous change. Je mène la même vie qu'à Roda JC. Elle est simplement un peu plus chargée. Soetaers : En Ligue des Champions, on ne peut pas faire de différence entre Bruges, Milan ou le Celta. Il s'agit de gagner ses matches à domicile. Peu importe comment. Il faut accrocher la deuxième place, derrière Milan. Sonck : La seule touche spéciale pour nous, Belges, c'est que nous connaissons les joueurs brugeois. Nous ne les sous-estimons pas puisque nous les connaissons. Bruges a beaucoup de qualités et un large noyau. Sonck : Deux ou trois fois. C'est typique de lui. Soetaers : Quelques fois aussi. Je le respecte beaucoup. Il me rappelle toujours la tarte. Je lui en dois une depuis un anniversaire à Roda. Je ne la lui ai toujours pas offerte. Il faut absolument que je m'acquitte de cette dette (il rit). " Je serai toujours modeste " (Wesley Sonck)