gardien

Une demi-douzaine de gardiens se sont relayés entre les perches pendant cette décade, au nombre desquels trois Hollandais : Leen Barth, Jan Ruiter et Nico De Bree. Si le parcours du premier fut relativement anecdotique, le deuxième contribua sans conteste à quelques beaux succès, notamment en Coupe d'Europe, puisque c'est avec lui dans le but que le Sporting a conquis son premier trophée européen : la Coupe des Coupes, en 1976, au Heysel, face à West Ham. Malgré tout, si je ne dois retenir qu'un nom, c'est celui de son successeur qui me vient à l'esprit : Nico De Bree. Transféré du RWDM, à la demande de l'entraîneur Raymond Goethals, c'était un tank. Quand il sortait de son goal, il faisait automatiquement le vide dans les 16 mètres, tant il en imposait par son physique et sa prestance. Sans compter que techniquement, il valait le coup d'£il aussi.
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Une demi-douzaine de gardiens se sont relayés entre les perches pendant cette décade, au nombre desquels trois Hollandais : Leen Barth, Jan Ruiter et Nico De Bree. Si le parcours du premier fut relativement anecdotique, le deuxième contribua sans conteste à quelques beaux succès, notamment en Coupe d'Europe, puisque c'est avec lui dans le but que le Sporting a conquis son premier trophée européen : la Coupe des Coupes, en 1976, au Heysel, face à West Ham. Malgré tout, si je ne dois retenir qu'un nom, c'est celui de son successeur qui me vient à l'esprit : Nico De Bree. Transféré du RWDM, à la demande de l'entraîneur Raymond Goethals, c'était un tank. Quand il sortait de son goal, il faisait automatiquement le vide dans les 16 mètres, tant il en imposait par son physique et sa prestance. Sans compter que techniquement, il valait le coup d'£il aussi. Les seventies ont marqué le début d'une nouvelle ère car les Georges Heylens, Jean Plaskie, Julien Kialunda et Jean Cornélis, qui avaient contribué à écrire quelques-unes des plus belles pages défensives du club, étaient alors arrivés en fin de cycle. A leur place, le RSCA a fait la part belle à un autre quatuor articulé autour de Gilbert VanBinst, Hugo Broos, Erwin Vandendaele et Jean Thissen. Gille et Jeannot étaient des gars intraitables sur l'homme, capables d'appuyer judicieusement la man£uvre aussi en temps voulu. A cet égard, il est bon de rappeler que deux des quatre buts inscrits par Anderlecht en finale de la CE2 1978, contre l'Austria Vienne, à Paris, portaient la griffe de Van Binst. Quant à l'autre, on se souviendra qu'il fut à deux doigts d'offrir à la Belgique un succès mémorable face aux Pays-Bas à Deurne, en 1972, en préliminaires de la Coupe du Monde 74. Hélas, son envoi puissant aboutit sur le poteau et le match se solda par un nul vierge. Dans ce secteur aussi, deux générations se sont succédé. Le début des années 70 était encore placé sous le signe des anciens : Jean Dockx, Jan Verheyen, Paul Van Himst et, dans une moindre mesure, Werner De Raeve. Par la suite, Ludo Coeck, FrankieVercauteren, Arie Haan et moi-même, dans un rôle d'ailier en décrochage, avons pris le relais. Comparaison n'est évidemment pas raison mais au niveau du talent pur, je crois quand même pouvoir dire que la deuxième vague était plus forte encore que la première. Pour moi, en tout cas, Ludo Coeck est le meilleur pare-chocs défensif qu'Anderlecht ait jamais connu. Arie Haan, de son côté, venait en droite ligne de l'Ajax Amsterdam, ce qui veut tout dire. Quant à Frankie Vercauteren, c'était ni plus ni moins un assistant de rêve, sur l'aile gauche, pour Robby Rensenbrink. Ce qui ne gâte rien : tout le monde, dans cette ligne médiane, savait absolument tout faire. Rarement une ligne entière aura été aussi complète que celle-là ! Un joueur se singularisait par sa classe insolente : Robby Rensenbrink. A mes yeux, il était l'égal d'un Johan Cruijff, la grande gueule en moins. Si le Sporting est parvenu à se hisser trois fois de rang en finale de la Coupe des Coupes, inscrivant au passage deux succès à son nom dans cette épreuve en 1976 et 1978, c'est dans une large mesure à cet ailier de génie qu'il le doit. Il n'en reste pas moins qu'à ses côtés aussi, il y avait pas mal de beau monde. Je ne parlerai pas de moi, mais des autres : Jan Mulder, le plus Belge des Néerlandais, ainsi que ses compatriotes Peter Ressel et Ruud Geels. Mais le plus pointu de tous, dans son rôle de centre-avant, demeure, à mes yeux, le Hongrois AttilaLadinszky. Il ne faisait, certes, jamais rien comme les autres, aussi bien sur le terrain qu'en dehors des stades. Mais quel puncheur ! Au risque de me tromper, le Sporting n'a plus jamais compté dans ses rangs, depuis lors, un attaquant de ce calibre. Même ErwinVandenbergh ou LucNilis ne soutiennent pas la comparaison. Des quatre entraîneurs que j'ai connus au RSCA, à savoir Georg Kessler, UrbainBraems, Hans Croon et Raymond Goethals, c'est à coup sûr Hans Croon qui m'a marqué le plus. Avec lui, le Sporting s'est réellement écarté pour la toute première fois du ronron habituel. Par sa manière de faire et sa vision du football, le Hollandais avait 20 ans d'avance sur son temps. C'était un digne précurseur de Tomislav Ivic, en quelque sorte. Dommage pour lui que la mayonnaise ait tardé à prendre lorsqu'il prit la relève d'Urbain Braems en 1975. La direction lui avait, en effet, déjà trouvé un successeur, en la personne de Raimundo au moment où l'équipe trouva enfin son rythme de croisière sous ses ordres, réalisant finalement le doublé Coupe des Coupes-Coupe de Belgique en 1976. Il ne sera finalement resté qu'un an à la tête du groupe. Mais le premier succès européen du club, c'est lui qui peut le revendiquer. Et il le méritait plus que tout autre.