La France est sens dessus dessous. Elle se souvenait de l'Appel du 18 juin 1940 du général Charlesde Gaulle, qui refusait la reddition aux Allemands, organisée par le Maréchal Pétain. Au nom de " l'espérance et de l'honneur ", de Gaulle entrait en dissidence et s'établissait à Londres, d'où il allait faire triompher la France Libre. Dans l'Hexagone, depuis des semaines, on évoquait cet épisode glorieux de son histoire. Pendant ce temps-là, en Afrique du Sud, la France prenait la pelle du 17 juin contre le Mexique. On fit la trêve de l'Appel du 18, puis ce fut la pelle du 19 juin avec la une de L'Equipe qui se prenait pour le plus ordurier des tabloïds anglais (titre trash " Va te faire enculer ...

La France est sens dessus dessous. Elle se souvenait de l'Appel du 18 juin 1940 du général Charlesde Gaulle, qui refusait la reddition aux Allemands, organisée par le Maréchal Pétain. Au nom de " l'espérance et de l'honneur ", de Gaulle entrait en dissidence et s'établissait à Londres, d'où il allait faire triompher la France Libre. Dans l'Hexagone, depuis des semaines, on évoquait cet épisode glorieux de son histoire. Pendant ce temps-là, en Afrique du Sud, la France prenait la pelle du 17 juin contre le Mexique. On fit la trêve de l'Appel du 18, puis ce fut la pelle du 19 juin avec la une de L'Equipe qui se prenait pour le plus ordurier des tabloïds anglais (titre trash " Va te faire enculer sale fils de pute " plus NicolasAnelka et RaymondDomenech en photo montage). Et puis la pelle du 20 juin avec les Coqs qui partaient en grève d'entraînement. De quoi ressortir le mot de Charles de Gaulle qui parla de chienlit au moment des barricades de Mai 1968 qui allaient signifier le début de la fin de sa présidence. On sait ce qui s'est passé. Après une remontrance de Domenech à Anelka à la mi-temps du match contre le Mexique, l'attaquant prend la mouche et insulte très vulgairement son coach. Anelka doit rester au vestiaire mais s'entraîne le lendemain. Ce n'est qu'après la une de L'Equipe que la Fédération française de foot (FFF) l'expulse de la sélection, officiellement parce qu'Anelka ne s'est pas excusé ! D'où la rage des joueurs emmenés par le capitaine Patrice Evra qui parla de " traître des vestiaires ". Il n'est jamais bon de sortir certaines choses des vestiaires, où les clashs ont toujours existé, mêlant indistinctement joueurs et entraîneurs. Mais un jour ou l'autre, la vérité éclate. Alex Ferguson - qui a l'habitude d'engueuler copieusement ses joueurs - avait shooté sur une godasse qui blessa DavidBeckham à l'arcade. Sa femme, Posh Spice, ne sourcilla pas et vendit la mèche à la presse. Et très vite, Becks se retrouva au Real Madrid... On a beau vouloir étouffer les conflits, il y a toujours un point de non retour : face aux injures d'Anelka, Domenech aurait sans doute dû le virer directement. Savoir qui a rapporté les mots d'Anelka à L'Equipe est finalement moins important que la volte-face de la FFF (et de Domenech) une fois la vérité connue. Tout l'épisode a souligné avec fracas les maladies multiples d'une sélection : jeu pourri, mésententes, etc. Dommage pour elle de ne pas avoir retenu les deux mots gaulliens " espérance et honneur "... L'Equipe s'est également salement fait critiquer pour sa une. Elle avait le droit de titrer cela, mais choisissait-elle automatiquement entre sensation et information pour autant ? Aurait-elle dû écrire enc... et p... ? Pour simplifier : fait-elle le malheur des bourges et le bonheur des racailles ? L'Equipe a certes manqué d'élégance mais la France est coutumière du fait. Après le coup de boule de Zidane et la main d' Henry, c'est Anelka qui provoque une affaire d'Etat. En visite en Russie, le président NicolasSarkozy a estimé les paroles d'Anelka " inacceptables si avérées "... Ils n'ont pas en commun que le même prénom. Sarko a déjà insulté des gens en public ! Comme Sarkozy, François Mitterrand lisait aussi L'Equipe et LeMonde tous les matins à l'Elysée, mais il était quand même plus classe. C'est ça qui manque aux Bleus aussi. Et dire qu'ils ne sont que le reflet de leur société est un peu court. Yannick Noah, le Français préféré des Français, a dit depuis longtemps que les Bleus faisaient fausse route. En 1998, après la victoire en Coupe du Monde, on disait à tout le monde de faire comme eux. Maintenant, c'est l'inverse. PAR JOHN BAETE"En 1998, après leur victoire en Coupe du Monde, on disait à tout le monde de faire comme les Français. Maintenant, c'est l'inverse."