La troisième fois aura finalement été la bonne pour Zeljko Pavlovic. Courtisé l'année passée par le Club Brugeois, qui voyait en lui le successeur de Dany Verlinden, le keeper croate du LASK Linz avait vu ses espoirs de rallier la Belgique s'en aller à vau-l'eau en raison des 60 millions de francs que ses dirigeants réclamaient en échange de sa liberté. A la fin janvier 2001, suite à l'indisponibilité de Filip De Wilde, ce fut alors au tour d'Anderlecht de se manifester, avant de revenir à la charge la semaine dernière.
...

La troisième fois aura finalement été la bonne pour Zeljko Pavlovic. Courtisé l'année passée par le Club Brugeois, qui voyait en lui le successeur de Dany Verlinden, le keeper croate du LASK Linz avait vu ses espoirs de rallier la Belgique s'en aller à vau-l'eau en raison des 60 millions de francs que ses dirigeants réclamaient en échange de sa liberté. A la fin janvier 2001, suite à l'indisponibilité de Filip De Wilde, ce fut alors au tour d'Anderlecht de se manifester, avant de revenir à la charge la semaine dernière. "J'ai toujours rêvé de jouer dans votre pays", observe le nouveau portier du RSCA. "Tout au long de ma carrière, en vérité, j'ai eu l'occasion de côtoyer des joueurs qui n'ont jamais cessé de vanter les mérites du football belge. Comme l'ancien Bleu et Noir Mario Stanic, que je retrouve toujours avec plaisir en sélection et qui débuta avec moi au Zeljeznicar Sarajevo. Tout comme le Mouscronnois Gordan Vidovic qui, à l'époque, officia comme ultime rempart, au sein de la même entité, devant moi. Sans oublier Suad Katana, qui fut mon coéquipier là-bas lui aussi. Dans ces conditions, il n'est probablement pas étonnant que j'aie imité leur exemple. Même s'il m'a fallu patienter plusieurs années avant d'emboiter leur pas". Précoce, Zeljko Pavlovic (né le 2 mai 1971) le fut pourtant. Il avait tout juste dix-huit ans lorsque son entraîneur au Zeljeznicar le trempa dans le grand bain. C'était à l'occasion d'un match-phare contre l'Etoile Rouge de Belgrade, remporté 3 à 0 par l'équipe de Sarajevo. Du coup, le jeunot était lancé. L'espace de trois saisons, il allait y avoir rang de titulaire indiscutable. Après avoir fourbi ses armes au sein de cette phalange honnête, sans plus, le moment lui parut propice de tenter l'aventure au sommet. Et plus précisément au Dinamo Zagreb, rebaptisé Croatia entre-temps. "J'avais à peine franchi le seuil de la vingtaine et ce saut fut un peu trop présomptueux", se remémore-t-il. "Je ne regrette pas les deux ans passés chez l'incontestable numéro 1 du pays. Mais, en raison de mon jeune âge, j'ai très peu jouer. Au fil des mois, j'ai éprouvé de plus en plus de mal à m'accommoder de cette situation. Et c'est pourquoi j'ai finalement sollicité mon passage auprès du deuxième club de la capitale, le FC Zagreb. Dans cet entourage moins huppé, j'ai pu rebondir pleinement. Et c'est là, incontestablement, que j'ai posé les véritables jalons de ma carrière".En 1996, le "petit Zagreb" réussit un parcours enviable et plusieurs de ses joueurs deviennent objets de sollicitude. A l'image du meneur de jeu d'origine italienne, Giovanni Rosso, transféré en Israël, et qui emmena trois partenaires dans son sillage. Zjelko Pavlovic fut pressenti, lui aussi. Il est vrai que, quelques mois plus tôt, il avait effectué son maiden-match en formation représentative croate face à la sélection israélienne, précisément. Un match qui s'était soldé par la victoire des siens sur le score de 3-0. Mais le football au Moyen-Orient ne lui disait rien qui vaille et il préféra opter pour le FC Linz, en Autriche. "A mes yeux, c'était une opportunité idéale à tous points de vue", dit-il. "Car non seulement ce club, désireux de titiller le Rapid et l'Austria de Vienne, ne manquait pas d'ambitions mais, en outre, il n'était jamais situé non plus qu'à quatre heures de route de Zagreb. Dès lors, mon épouse Snjezana et moi avions régulièrement le loisir de nous ressourcer. De plus, il régnait un esprit de camaraderie sans pareil dans cette équipe. Mon meilleur ami n'était d'ailleurs qu'un certain Didier Frenay, celui-là même qui fut, à présent, à la base de mon passage à Anderlecht". Après un an, les routes de l'ancien Sérésien et de Zeljko Pavlovic se séparèrent déjà. Avec l'attaquant Ewald Brenner, le gardien croate fut effectivement le seul élément de son team à être incorporé au sein du LASK, le club issu de la fusion entre le FC local et l'AK, l'autre club de Linz. Une union peu heureuse puisqu'aujourd'hui, quatre ans après, ce cercle lutte pour son maintien parmi l'élite autrichienne. "Le président, Wolfgang Rieder, avait les yeux plus grands que le ventre", observe Zeljko Pavlovic. "Pour lutter d'égal à égal avec les ténors du pays que sont, outre les deux grands de la capitale, le FC Tirol et le Sturm Graz, il s'était attaché les services de bon nombre d'internationaux, tels le Sud-Africain Brendan Augustine voire les Norvégiens Vidar Riseth et Rune Tangen. Mais les résultats se firent désespérément attendre. Excédé, il se sépara après quelques mois de la plupart de ces joueurs au profit d'une demi-douzaine d'autres. Et ce fut la même rengaine la saison suivante. Cette année, je faisais figure de seul rescapé de 1997. Toujours avec Ewald Brenner. Mais l'équité commande de dire qu'il était revenu au club après avoir milité deux ans au Graz AK". La folie des grandeurs mena le chairman en prison entre-temps. Et son club dans les profondeurs puisque le LASK détient la peu glorieuse lanterne rouge. Avec cinquante buts concédés, Zeljko Pavlovic ne fut guère à la fête au cours du présent exercice. Il y eut toutefois un mieux ces dernières semaines, puisqu'à l'occasion des cinq matches les plus récents, le club de Linz enleva onze des quinze points mis en jeu. "Pour mon ultime année de contrat là-bas, je m'étais toujours juré de quitter le LASK la tête haute", dit-il. "A défaut d'avoir contribué au sauvetage, j'aurai fait en sorte que l'équipe recolle au peloton des menacés où se retrouvent l'Admira Wacker et le CSW Bregenz notamment. Comme il n'y a qu'un seul descendant cette année, tous les espoirs de maintien sont encore permis. Linz a toujours été représenté au plus haut niveau du football autrichien. Je suis convaincu qu'il n'en ira pas autrement lors de la campagne à venir. Sans moi".A près de trente ans, Zeljko Pavlovic avait à coeur d'exprimer ses qualités à un échelon supérieur. Si Anderlecht ne lui avait pas fait un appel du pied, tout porte d'ailleurs à croire qu'il aurait pris le chemin de la capitale la saison prochaine, puisque tant le Rapid que l'Austria Vienne étaient soucieux de l'embrigader."A choisir, je préférais évidemment le Sporting", observe-t-il. "Avec lui, je suis assuré non seulement de jouer les premiers rôles en championnat, mais j'aurai aussi la possibilité de m'illustrer sur la scène européenne. Et comme tout professionnel qui se respecte, il va de soi que j'y aspire. Je me rends parfaitement compte que c'est une tout autre situation qui m'attend, au Parc Astrid, par rapport à ce que j'ai connu à Linz. Mais en matière de pression, l'intensité est au moins aussi grande lorsqu'on lutte pour la survie que quand on joue le titre. Aussi, je ne serai pas trop dépaysé". L'ambition de Zeljko Pavlovic est claire : mettre tout en oeuvre pour s'imposer entre les perches des Mauves. Un statut qui, il l'espère, lui permettra d'émerger également en équipe nationale. Car entre '95, l'année de ses débuts, et aujourd'hui, il n'a été titularisé qu'à une demi-douzaine de reprises. A l'occasion du premier match éliminatoire en vue de la Coupe du Monde 2002, il avait ainsi dû logiquement céder sa place à son grand rival Stipe Pletikosa, de Hajduk Split. Sans compter qu'un troisième larron n'est pas dénué de talent non plus : Vedran Runje, du Standard. "Le nouveau sélectionneur, Mirko Josic, a d'ores et déjà averti qu'il procéderait à l'une ou l'autre expérience lors de la joute amicale que la Croatie disputera contre la Grèce le 25 avril", commente Zeljko Pavlovic. "Je suis à peu près certain que l'une d'entre elles aura trait au poste de gardien. Aussi, si j'ai la chance de jouer contre le Standard, je livrerai selon toute vraisemblance un véritable match dans le match avec Vedran Runje. Ce qui n'est pas pour me déplaire. J'escompte en sortir vainqueur, en tout cas, et constituer le premier choix de l'entraîneur fédéral à l'occasion des deux matches que nous jouerons contre St-Marin et la Lettonie, au mois de juin. Mais mon plus grand souhait, c'est bien sûr de répondre présent lors du match décisif qui opposera la Croatie à la Belgique, en début de saison prochaine. Cette rencontre aura lieu au stade Poljud, à Split, et il m'a toujours réussi". Zeljko Pavlovic, qui joua d'abord dans le champ avant de prendre place au goal, au point de jouer parfois libero à l'entraînement, confesse n'avoir jamais eu de véritable de modèle, comme gardien. "Pour moi, le keeper parfait n'existe tout simplement pas", dit-il. "Même les meilleurs ont toujours quelque chose à envier chez un autre : la technique de Gianluigi Buffon, le jeu au pied de Fabien Barthez, les réflexes d' Oliver Kahn. Le seul avec qui je puisse rivaliser un peu, c'est le gardien de Manchester et de l'équipe de France. Car du gauche ou du droit, à terre ou de volée, les ballons en retrait ne m'ont jamais posé de problèmes". Tout le monde ne peut manifestement pas en dire autant au Sporting... Bruno Govers