La première impression est toujours la bonne. Sauf pour Christof Dierick. Zélé, l'arbitre de Mouscron-Malines du 14 août dernier donnera trois chances aux Malinois pour tromper la vigilance d' Hervé Koffi aux onze mètres. Une fois à droite, une fois à gauche et finalement crucifié en plein centre, le Burkinabé finit par rendre les armes, mais la première en match officiel de Koffi au Canonnier aura marqué les esprits. En deux horizontales bien senties devant William Togui puis Nikola Storm sur penalty, le gardien prêté par le LOSC confirmait déjà un haut potentiel aperçu en ouverture à l'Antwerp (1-1).
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La première impression est toujours la bonne. Sauf pour Christof Dierick. Zélé, l'arbitre de Mouscron-Malines du 14 août dernier donnera trois chances aux Malinois pour tromper la vigilance d' Hervé Koffi aux onze mètres. Une fois à droite, une fois à gauche et finalement crucifié en plein centre, le Burkinabé finit par rendre les armes, mais la première en match officiel de Koffi au Canonnier aura marqué les esprits. En deux horizontales bien senties devant William Togui puis Nikola Storm sur penalty, le gardien prêté par le LOSC confirmait déjà un haut potentiel aperçu en ouverture à l'Antwerp (1-1). " Et en préparation, c'était déjà pareil ", valide Beni Badibanga. " En fait, il me fait le coup à chaque match. Il y a une action chaude, je me dis que c'est mort, je me replace déjà pour aller vers le centre, parce que je suis sûr que ça va faire but et finalement, il a un arrêt incroyable, qui fait que le ballon ne rentre pas. Hervé, c'est un vrai chat ! " L'été n'est pas encore terminé que le Canonnier semble déjà avoir oublié Jean Butez. L'exploit n'est pas mince et entretient la rivalité entre deux gardiens, dont l'histoire est intimement liée ces dernières années. Et qui dit beaucoup des relations de voisinage entre le LOSC et l'Excel. Au moment de se saluer dans le rond central du Bosuil le 8 août dernier, Jean Butez, nouveau venu à l'Antwerp, et Hervé Koffi ne font pas que s'échanger des banalités d'usage. En même temps que le premier félicite le second pour son match majuscule, il se remémore aussi sans doute l'instant de leur première rencontre. C'est en juillet 2017 que les deux portiers se croisent pour la première fois dans les couloirs du Domaine de Luchin. Arrivé sur le tarmac français quelques heures plus tôt seulement en provenance de l'ASEC Mimosas, en Côte d'Ivoire, le jeune Koffi, vingt ans à l'époque, s'apprête à passer un premier test grandeur nature. Opposé à Butez au cours d'un match d'entraînement qui n'en a que le nom, le Burkinabé y gagnera finalement le droit de postuler à la succession de Mike Maignan, annoncé sur le départ cet été-là, dans les cages lilloises. Sur le carreau, Butez n'a d'autre choix que de partir chercher du temps de jeu de l'autre côté de la frontière, à Mouscron. Un désaveu pour Butez, une demi-opportunité pour Koffi, contraint d'évoluer dans l'ombre de Maignan, finalement resté à Lille malgré l'appel de l'étranger. " Du coup, pendant sa première saison, avec Marcelo Bielsa puis Christophe Galtier, on croisait les doigts chaque semaine pour que ce soit Hervé qui joue avec la réserve à la place d' Adam Jakubech ( aujourd'hui prêté à Courtrai, ndlr). Tout simplement parce qu'il était bien meilleur que le Slovaque ", se souvient Jean-Michel Vandamme, ancien directeur sportif du LOSC. " Le problème, c'est que Fernando Da Cruz a rarement pu compter sur Hervé parce qu'il était systématiquement repris avec l'équipe première, où il avait les faveurs de Marcelo Bielsa, puis de Galtier, pour être le numéro 2 de Maignan. " Hervé Koffi jouera finalement quatre matches de Ligue 1 cette saison-là. Dont un qui aurait pu tout changer. Lors de la troisième journée de championnat, contre Caen, Maignan est suspendu. Et à l'époque, Koffi est encore considéré comme un concurrent crédible pour le Français. La preuve, c'est Bielsa himself qui la livre à l'avant-veille de la réception des Normands au Stade Pierre Mauroy en ce 18 août 2017. " C'est un gardien élastique, très souple, explosif aussi ", déclare alors l'Argentin en conférence de presse. " De plus, il très athlétique, je crois qu'il a les qualités nécessaires pour être titulaire. " Dans les faits, Koffi ne fait pourtant pas grand-chose pour confirmer la confiance de son coach. Hésitant sur le premier but du Stade Malherbe, Koffi l'est encore sur le second, signé Ivan Santini (0-2). " Il était très fort à l'entraînement, mais en match, il était encore capable d'avoir des absences ", rembobine Jean-Michel Vandamme. " Il a fait quelques bourdes qui lui ont coûté cher et une partie de sa réputation. " Dont une faute de main éliminatoire contre Bordeaux (2-1) en fin de saison, alors que les Dogues, entre-temps repris par Christophe Galtier, sont encore englués dans la lutte pour leur survie en Ligue 1. Pas plus rassurant contre Guingamp (2-2) ou Marseille (5-1) dans la foulée, Hervé Koffi recule dans la hiérarchie. Un an plus tard, ses oublis lui vaudront finalement son ticket pour la Liga Nos et Belenenses. Prêté au Portugal, Koffi se relance à coup d'arrêts improbables. Et rappelle aux décideurs lillois tout le potentiel d'un gardien qui leur avait tapé dans l'oeil trois ans plus tôt lors de la CAN 2017. Luis Campos, directeur du recrutement du club lillois et à l'origine de l'arrivée de Koffi en France, se souvient. " À l'époque, c'est mon ami Paulo Duarte ( entraîneur du Bukina Faso entre 2016 et 2019, ndlr) qui m'avait appelé pour me dire de venir le voir au Burkina parce qu'il avait un énorme gardien sous la main. Il ne m'a pas fallu deux voyages pour voir que c'était un crack. Un gardien à l'ancienne, mais avec une vraie marge de progression. " Bondissant sur sa ligne, Koffi ressert en Wallonie picarde les mêmes sucreries dans le jeu qui avaient déjà fait de ce fils d'un ancien international burkinabé et d'une maman propriétaire d'un salon de coiffure l'anti-héros des Étalons à l'occasion de cette fameuse CAN 2017. Emmené aux tirs au but en demi-finale contre l'Égypte, le gardien s'était alors avancé pour prendre sa chance en qualité de quatrième tireur. Un coup de folie qui précipitera finalement l'élimination des siens. Pas suffisant pour freiner l'allant lillois. Convaincue de l'intérêt de miser sur ce gardien téméraire, la doublette Luis Campos -Gérard Lopez doublera la concurrence hexagonale pour s'offrir le droit de rêver à un nouveau gros coup sur le marché des transferts. " Dans un projet sportif collectif comme celui du LOSC, il y a des projets individuels ", théorise Campos. " Le sien progresse de semaine en semaine et s'intégrera un jour dans un projet encore plus ambitieux. Il a le talent pour. " Et Luis Campos, l'homme derrière l'explosion de Kylian Mbappé, a un oeil souvent avisé.