Formé à St-Michel, un collège de la région bruxelloise, la carrière du jeune Thomas Chatelle (20 ans) a suivi une courbe progressive: RJ Wavre, FC Malinois, La Gantoise et maintenant Genk où, pour la première fois cette saison, il joue régulièrement en tant que titulaire. Il ne veut pas brûler les étapes.
...

Formé à St-Michel, un collège de la région bruxelloise, la carrière du jeune Thomas Chatelle (20 ans) a suivi une courbe progressive: RJ Wavre, FC Malinois, La Gantoise et maintenant Genk où, pour la première fois cette saison, il joue régulièrement en tant que titulaire. Il ne veut pas brûler les étapes. "Anderlecht s'est déjà intéressé plusieurs fois à moi", révèle-t-il. "La dernière fois, c'était lorsque je militais dans les rangs de La Gantoise. Mais cela n'a jamais été plus loin qu'une simple prise de contact. A ce moment-là, j'avais encore un contrat de trois ans au stade Otten". Il est aussi resté sagement en Belgique là où d'autres sont partis très tôt à l'étranger : "S'exiler n'est pas nécessairement un mauvais choix pour un jeune néanmoins. Tom Soetaers s'est épanoui à Roda JC et Thomas Buffel vient d'être élu meilleur joueur de la D2 néerlandaise. Certains ont échoué, mais Laurent Delorge, par exemple, a eu beaucoup de malchance avec ses blessures. Chaque cas est différent". Thomas Chatelle a opté, durant les premières années de sa carrière, pour des clubs où officiaient des entraîneurs-formateurs: Franky Vercauteren dans les équipes d'âge du FC Malinois, puis Jan Boskamp à La Gantoise. Un choix délibéré? "Dans le cas de Franky Vercauteren, certainement. C'est un entraîneur très perfectionniste qui m'a beaucoup appris. A 16 ans, j'avais déjà effectué quelques apparitions en équipe Première à l'occasion de matches amicaux et on commençait à parler d'un contrat professionnel à Malines. C'est alors que La Gantoise m'a fait une proposition qui cadrait parfaitement avec mes desiderata. Je voulais à tout prix terminer mes deux dernières années d'humanités au Collège St-Michel et les dirigeants gantois ont admis que j'accorde, pendant deux saisons encore, la priorité à mes études. En outre, La Gantoise a organisé un système de navette. C'était un autre avantage pour moi puisque, à cet âge-là, je n'avais forcément pas encore de permis de conduire. Ce sont surtout ces arguments-là qui ont dicté mon choix. Mais la présence de Jan Boskamp m'a effectivement renforcé dans mes convictions. Après ces deux saisons, j'aurais pu poursuivre des études supérieures car j'étais assez bon élève, malheureusement c'était difficilement conciliable avec le football de haut niveau. Je sais que certains sont parvenus à combiner les deux occupations, comme Gunther Jacob (avocat) autrefois et Tjörven De Brul (éducation physique) plus récemment, mais j'ai préféré me consacrer entièrement au football. Entreprendre une carrière de footballeur professionnel a toujours été un rêve, et au fil de ma progression, je me suis aperçu que j'avais les capacités pour le réaliser". Comment comparer Vercauteren et Boskamp?Après La Gantoise, ce fut Genk... où il a rejoint Jan Boskamp. "Entre autres pour retravailler sous sa direction, mais pas uniquement. Il me restait une année de contrat à La Gantoise. A cette période-là, j'avais été loué une demi-saison à Malines afin que je puisse acquérir du temps de jeu. Ce qui m'avait surtout séduit à Genk, c'était l'ambition du club, ses structures et la vision à long terme de ses dirigeants". Peut-on comparer Franky Vercauteren et Jan Boskamp en tant qu'entraîneurs-formateurs? "Ce sont deux personnages au style très différent", estime Thomas Chatelle. "Ils ont tous les deux la passion du travail avec les jeunes, et sont aussi exigeants l'un que l'autre, mais ils expriment ces exigences d'une autre manière. Jan Boskamp, on le connaît: il est très expressif et n'hésite pas à pousser une gueulante. Franky Vercauteren est plus réservé, tout en se montrant sévère et critique à l'égard de ses joueurs. Leur façon d'enseigner le football différait également. C'est logique car j'ai connu ces deux entraîneurs dans des contextes différents. Franky Vercauteren, c'était en équipe d'âge. Son rôle était donc surtout d'enseigner les gestes techniques et le positionnement tactique. Jan Boskamp, c'était en équipe Première. Il avait donc une obligation de résultats. Cela ne l'a pas empêché d'intégrer régulièrement des jeunes dans son effectif". Des jeunes, oui, mais surtout "ses" jeunes, lui reproche Alexandre Di Gregorio à qui il n'a jamais accordé une chance. "Lorsque Jan Boskamp vous apprécie, il vous défend contre vents et marées", affirme Thomas Chatelle. "Lorsque vous ne lui avez pas tapé dans l'oeil, c'est plus difficile. C'est le lot de tout entraîneur d'avoir quelques poulains. Jan Boskamp a lancé pas mal de carrières. Walter Baseggio, Cédric Roussel, Laurent Delorge, Gunther Vanhandenhoven, Pieter Collen, Didier Zokora, Akran Roumani et d'autres encore ont débuté sous sa direction". Thomas Chatelle ne se considère pas comme un Boskamp boy. "Il m'a bien conseillé, mais alors que je l'ai côtoyé dans deux clubs différents, je n'ai pratiquement pas joué sous sa direction. A Gand, j'étais blessé en début de saison et il est parti après quelques mois. C'est lorsque son adjoint, Herman Vermeulen, a repris le flambeau que j'ai régulièrement reçu ma chance en équipe Première. Cela s'est poursuivi sous la direction de Trond Sollied. A Genk, ce fut pareil: j'étais également blessé en début de saison lorsque Jan Boskamp était l'entraîneur. J'avais été opéré à l'épaule en mai de la saison précédente et j'avais entamé la préparation en retard. Par la suite, j'ai souffert de petits problèmes aux adducteurs. J'ai connu une saison 2000-2001 assez difficile, d'autant que l'équipe n'a jamais trouvé son rythme de croisière". Sollied et Vergoossen ont la même rigueurCe qui a d'ailleurs conduit à l'éviction de Jan Boskamp, qui n'aura pas laissé un très grand souvenir au stade Phoenix. "Il avait amené énormément de nouveaux joueurs et la sauce a tardé à prendre", se souvient Thomas Chatelle. "Ce n'était somme toute que logique. Mais je crois que ce grand bouleversement était indispensable. Il fallait définitivement tourner la page avec l'époque d' Aimé Anthuenis afin de repartir sur de nouvelles bases. L'héritage de l'actuel entraîneur d'Anderlecht a été lourd à porter pour ses successeurs. Avant Jan Boskamp, Jos Heyligen l'avait déjà appris à ses dépens. Aimé Antheunis avait été champion et vainqueur de la Coupe de Belgique. C'était difficile de faire mieux. On a beaucoup critiqué Jan Boskamp, mais je constate que beaucoup de joueurs qui brillent actuellement sont ceux qu'il avait amenés au stade Phoenix: Wesley Sonck, David Paas, Didier Zokora, Akran Roumani... Je peux m'inclure dans le lot. Ces joueurs, malheureusement pour Jan Boskamp, ont éclos sous la direction d'un autre entraîneur: Sef Vergoossen". Franky Vercauteren, Jan Boskamp, Trond Sollied et maintenant Sef Vergoossen: à 20 ans, Thomas Chatelle a déjà travaillé sous la direction de plusieurs entraîneurs réputés. "Ils avaient tous des caractères différents et cela m'a sans doute été utile dans mon écolage. Sérieusement, celui que j'apprécie le plus est mon entraîneur actuel. Sef Vergoossen est le plus complet: il allie le travail technique, l'organisation tactique, la psychologie, la préparation physique et même la diététique. C'est un entraîneur ultra-professionnel qui a une vision à long terme. Trond Sollied est sans doute celui qui se rapproche le plus de Sef Vergoossen -il est lui aussi très perfectionniste- mais son approche n'est pas la même. Le Norvégien accorde beaucoup d'importance à l'occupation de terrain. Avec lui, il faut connaître à la perfection la manière de se déplacer et de se positionner en fonction de situations de match déterminées. Il insiste énormément là-dessus et on répète ces phases à longueur de semaines. Vergoossen a son système tactique auquel il ne déroge jamais. C'est le système qu'il a choisi parce qu'il a estimé que c'est celui qui convenait le mieux aux joueurs qu'il avait à sa disposition. Je ne suis pas certain qu'à Roda JC, il faisait évoluer son équipe de la même manière. Je crois d'ailleurs qu'en arrivant à Genk, il avait pensé, dans un premier temps, instaurer un 4-3-3. Puis il s'est rendu compte qu'un 4-4-2 conviendrait mieux. Mais, une fois le système choisi, il demeure immuable. Il y a deux joueurs pour chaque poste, et lorsque le titulaire est indisponible, le réserviste reprend son rôle sans aucun problème. Il sait exactement ce qu'il a à faire et peut s'imbriquer directement dans le dispositif. Cela explique en grande partie pourquoi Genk continue à tourner malgré les défections". Sur le flanc droit, où évolue Thomas Chatelle, la doublure s'appelle Mirsad Beslija. Un sérieux concurrent car le Bosniaque a démontré qu'il était un excellent footballeur. "C'est l'évidence", admet l'international Espoir. "J'ai eu la chance de commencer la saison comme titulaire. La fin d'année 2001 fut plus difficile car j'ai ressenti certains signes de fatigue. Je m'en suis entretenu avec l'entraîneur et nous avons convenu qu'il était préférable que je sois ménagé. Mirsad Beslija m'a relayé avec brio. En ce début d'année 2002, j'ai récupéré ma place". Daniel Devos