Depuis dimanche, l'Union a retrouvé la D2 et beaucoup de Bruxellois s'en réjouissent. Après Anderlecht et le FC Brussels, c'est une saison faste pour la capitale qui s'achève.
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Depuis dimanche, l'Union a retrouvé la D2 et beaucoup de Bruxellois s'en réjouissent. Après Anderlecht et le FC Brussels, c'est une saison faste pour la capitale qui s'achève. L'Union n'était pourtant pas citée parmi les favoris au départ. Les observateurs pointaient plus volontiers Overpelt-Lommel et Louvain comme principaux candidats au titre. " Et à juste titre ", concède Jacques Urbain (54 ans), l'entraîneur des Jaune et Bleu. " Le club limbourgeois alignait encore plusieurs joueurs qui avaient connu la D1 avec Lommel. Et les Louvanistes affichaient clairement leurs ambitions, eux aussi. On citait également Walhain et même, parfois, les Francs Borains. L'Union devait vivre ce que l'on a coutume d'appeler une saison de transition. Elle avait perdu quelques-unes de ses pièces maîtresses, comme NicolasFlammini (FC Brussels), AxelVergeylen (Louvain) ou DenisJanssens (Enghien). Les joueurs devaient aussi s'adapter aux méthodes d'un nouvel entraîneur, moi en l'occurrence. La volonté du club de progresser à moyen terme, dans un contexte de sagesse financière, était évidente, mais personne n'escomptait un succès à aussi court terme ". Qu'est-ce qui a permis, dès lors, la concrétisation rapide d'un objectif à moitié avoué ? " La sauce a pris directement. Une bonne mentalité s'est rapidement instaurée dans le groupe. Et les joueurs ont d'emblée adhéré à mon système de jeu, ou plutôt, à ma philosophie de jeu qui était pourtant très différente de celle qui avait eu cours les saisons précédentes au Parc Duden, où l'individualisme était davantage de mise. Au départ, beaucoup me considéraient essentiellement comme un formateur. Sans renier cette caractéristique, je suis également un compétiteur. L'un de mes soucis fut d'améliorer le rendement de l'équipe en déplacement. Des défaites ont encore été essuyées en début de saison, à Namur et à Tongres par exemple, mais quelques très belles performances ont été signées par la suite hors de nos bases, comme les victoires 1-4 à Louvain et 1-2 à Overpelt-Lommel. L'Union ne possédait sans doute pas le meilleur effectif de la série, mais celui dont les qualités ont été les mieux exploitées ". Un joueur symbolise, par son évolution, la philosophie de Jacques Urbain : FrancisMangubu. " Ceux qui me l'ont présenté étaient excessivement enthousiastes à son sujet parce que, défensivement, il était intransigeant dans le marquage à la culotte. Moi, un joueur qui se contente de suivre son adversaire direct jusqu'aux toilettes, cela ne m'intéresse pas. Il doit apporter davantage. Dans ma philosophie, la notion de participation est essentielle. Et Francis Mangubu l'a très bien compris : au fil de la saison, il a pris de plus en plus d'initiatives ". SanharibMalkiSabah fut une révélation. " Il était suspendu, voici dix jours, contre Louvain, et cela s'est ressenti. Son volume de jeu et ses qualités offensives ont manqué au groupe. Je peux moins facilement le remplacer qu'un défenseur, par exemple, car dans la ligne arrière, je dispose de cinq joueurs pour quatre places ". Autre révélation : ChristianKinkela, arrivé à mi-saison en provenance de France et déjà convoité par plusieurs clubs de l'élite. " Je l'ai découvert alors qu'il effectuait des tests au FC Brussels. C'est un flanc droit offensif, alors que le club voisin cherchait plutôt un arrière droit. J'ai sauté sur l'occasion. Il a été formé au Red Star de Paris et on remarque directement qu'il a été bien éduqué, footballistiquement et humainement. Il s'est rapidement intégré dans le groupe, auquel il a apporté de la vivacité et des possibilités d'infiltration. En venant en Belgique, il cherchait surtout à se montrer ici et je crois qu'il y est parvenu. Tant mieux si l'Union peut lui permettre de donner une nouvelle impulsion à sa carrière ". Arrivé au mois d'août, alors que les entraînements avaient déjà repris : DavidRimbold, que l'on avait connu jadis au RWDM. " On avait eu des vues sur lui dès qu'on a appris qu'il ne poursuivrait pas son expérience en Allemagne. Mais il a longtemps joué avec un statut de professionnel et on ne pouvait pas s'autoriser un joueur de ce type à l'Union. Entre autres, pour ne pas nuire à l'homogénéité du groupe. On peut accepter qu'un patron gagne plus qu'un ouvrier, mais pas qu'un joueur gagne deux ou trois fois plus qu'un autre. Le club a aidé David Rimbold à trouver un boulot et le joueur a accepté de changer de statut, pour mieux se fondre dans le groupe. Il a apporté sa créativité du pied gauche et sa présence devant le but ". Les habitués du Parc Duden soulignent volontiers la régularité dont a témoigné YvesCums tout au long de la saison. " Il m'a effectivement procuré beaucoup de satisfactions. Précédemment, si chacun s'accordait à lui reconnaître des qualités de footballeur, beaucoup s'offusquaient de son... manque de régularité. Je lui ai signalé qu'à mes yeux, un joueur de son calibre devrait être en mesure d'apporter davantage, et visiblement, le message est passé. Je lui ai demandé de jouer le rôle de dynamo dans le secteur offensif et il l'a joué à merveille. Il m'a simplement déçu pendant une mi-temps : la deuxième contre Diegem, lorsque nous avons été battus 1-2 à domicile. Il n'était pas le seul : ce jour-là, j'ai eu l'impression de coacher l'équipe du CPAS de Saint-Gilles. Mais qu'est-ce qu'une mi-temps sur tout un championnat ? Vu sous l'angle positif, cela signifie que l'équipe a donné satisfaction pendant... 29 matches et demi ". Aujourd'hui, la légendaire Union Saint-Gilloise sourit de nouveau. " Visiblement, cela fait plaisir à beaucoup de monde de retrouver en D2 un club au passé aussi glorieux ", constate Jacques Urbain. " Et je dois reconnaître que, moi aussi, je suis très heureux d'avoir contribué à redonner des couleurs à ce club historique. Monter avec l'Union Saint-Gilloise, cela prend une autre dimension qu'avec un club plus anonyme. Au Parc Duden, Monsieur Tout-le-Monde côtoie le ministre CharlesPicqué ou d'autres personnalités dans la tribune. Cette saison, on a même eu droit à la visite du Prince Laurent. Le passé glorieux de l'Union Saint-Gilloise est encore très présent dans les esprits. On rencontre encore beaucoup de nostalgiques. Il faut respecter ce qui a été fait jadis, mais il faut vivre avec son temps. On ne progresse pas en regardant les photos du bon vieux temps qui tapissent les couloirs du stade. Il faut exploiter la notoriété du club pour aller de l'avant. Je constate avec plaisir qu'à côté du petit groupe de fidèles, beaucoup de sympathisants commencent à revenir. Lors du dernier match à domicile contre Louvain, on avait accueilli entre 3.000 et 3.500 personnes. Pour la D3, c'est bien ". Daniel Devos