En début de saison, Samir Beloufa avait formé avec Alexandre Teklak une paire d'arrières centraux intraitables. Lors des cinq premières journées, les Hurlus avaient préservé leurs filets inviolés (si l'on excepte le penalty contesté à Lokeren), ce qui leur avait valu un bilan de 11 points sur 15. Depuis que La Louvière a trouvé le secret pour percer ce qu'Albert Cartier avait qualifié de " défense coffre-fort ", le secteur arrière de l'Excelsior Mouscron a perdu de son assurance. Et comme, devant, les attaquants marquent très difficilement, les résultats ont suivi une courbe descendante.
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En début de saison, Samir Beloufa avait formé avec Alexandre Teklak une paire d'arrières centraux intraitables. Lors des cinq premières journées, les Hurlus avaient préservé leurs filets inviolés (si l'on excepte le penalty contesté à Lokeren), ce qui leur avait valu un bilan de 11 points sur 15. Depuis que La Louvière a trouvé le secret pour percer ce qu'Albert Cartier avait qualifié de " défense coffre-fort ", le secteur arrière de l'Excelsior Mouscron a perdu de son assurance. Et comme, devant, les attaquants marquent très difficilement, les résultats ont suivi une courbe descendante. Voici deux semaines, c'est sur une nouvelle défaite à domicile face à Charleroi que les hommes de Philippe Saint-Jean ont bouclé la 13e journée de compétition. Depuis, ils ont eu le temps de réfléchir à leur situation avant la reprise en championnat, programmée à Bruges dimanche prochain. Samir Beloufa, lui, s'est offert une escapade dans le Midi de la France : mercredi passé, il jouait un match amical avec l'Algérie, contre le Sénégal, à Toulon. Samir Beloufa : Cela ne m'a pas fait de tort, en tout cas. Je considère toujours le fait d'endosser le maillot de l'équipe nationale comme un honneur. En outre, comme on dispute de bons matches, ce genre d'expérience ne peut m'être que profitable. D'un autre côté, c'est l'Excelsior qui me paie toute l'année et garde ma priorité. Il faut essayer de surmonter la petite crise actuelle et prendre un maximum de points avant la fin de l'année, afin d'aborder la trêve l'esprit un peu plus serein. Ce ne sera pas évident de ramener quelque chose de Bruges, dimanche prochain. Mais les deux rencontres suivantes, à domicile contre le Cercle Bruges et contre Mons, seront cruciales. On aura intérêt à faire un 6 sur 6, tout en sachant que les Dragons, eux aussi, ont un urgent besoin de rentrer quelques provisions pour l'hiver. Pour l'instant, on n'arrive pas à trouver le chemin des filets. C'est surtout à ce niveau-là que ce situe le problème. Connaissant les difficultés qu'on éprouve pour marquer, on sait que chaque but encaissé est une petite catastrophe. En outre, il faut avouer que le ballon ne roule pas pour nous. Lors du dernier match de championnat, Charleroi ne s'était quasiment pas créé la moindre occasion. Le seul tir cadré des Zèbres a échoué au fond de nos filets. C'était du 100 % de réussite pour eux. Et ce n'est pas la première fois que cela arrive. On n'a pas trop la chance de notre côté. Encore que, personnellement, je ne crois pas à la chance. La chance, il faut la forcer. Mais il est clair qu'avec l'accumulation des défaites, on a pris un coup au moral. Non, parce que jusque-là, on n'avait pas eu des masses d'occasions franches, et je crois qu'on aurait pu jouer jusqu'au lendemain matin sans parvenir à marquer. Contre Ostende et contre le Lierse, c'était à peu près le même genre de match. Sauf que là, on avait eu des occasions, mais sans parvenir à les concrétiser. Il faut se remettre au travail et, surtout, éviter de penser à cette malchance qui nous poursuit, car cela nous crisperait encore davantage. Sans doute, mais chaque match a sa vérité. Ce n'est pas parce qu'à tel ou tel match, on a manqué de réalisme devant le but, que ce sera encore le cas lors des suivants. Il faut reprendre confiance. Surtout, j'insiste, ne pas se mettre à douter. C'est logique : parler, travailler, c'est très bien, mais si les victoires n'arrivent pas, on n'avance pas. On peut travailler de façon impeccable à l'entraînement, mais si cela ne se traduit pas par des résultats en match, le moral ne remontera pas. Il faut espérer un déclic, qui pourrait nous relancer dans le bon chemin : celui que l'on avait emprunté en début de saison. Si on a réussi à bien jouer et à gagner en début de saison, cela signifie qu'on en est capable. C'est la première défaite à La Louvière qui nous a fait mal. On savait qu'elle allait survenir un jour, mais malgré tout, on a été confronté à une situation qu'on n'avait pas encore connue jusque là. A cette première défaite en a succédé une deuxième, contre Gand, puis une troisième, au Standard. L'élan était brisé. Pour repartir du bon pied, il n'y a pas 36 solutions : il faut gagner. Une équipe qui marque difficilement ? Si ce n'était que cela, cela irait encore. Mais on ne marque pas, tout simplement. Oui, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Il faut reconnaître que, ces dernières semaines, on défend beaucoup. Généralement, ce n'est pas nous qui faisons le jeu et qui dominons les débats. Or, lorsqu'on est contraint de défendre, on finit généralement par encaisser. Je n'ai pas eu de chance sur ce coup-là. Le ballon aurait pu tomber à gauche ou à droite de Cadu, mais il lui tombe dans la course. J'aurais peut-être pu transmettre le ballon en retrait à Francky Vandendriessche, mais dans l'action, tout se passe tellement vite que l'on n'a pas le temps de réfléchir. J'essaye de ne pas trop y penser dans les minutes qui suivent, car sinon, d'autres erreurs pourraient s'enchaîner. Mais c'est sûr qu'après le match, on y pense. Surtout moi, qui ai joué au Germinal Beerschot. Les supporters ne m'ont d'ailleurs pas oublié et m'encouragent depuis deux ans, à chaque fois que je retourne au Kiel. Je reconnais mon erreur, mais je ne vais pas me taper la tête au mur. Cela arrive dans le football. Je ne suis pas infaillible. Si l'on veut. Mais l'équipe ne gagne pas. Alors, cela me fait une belle jambe. C'est sûr qu'en début de saison, on avait trouvé des automatismes à force de jouer toujours avec le même quatre arrière. Mais, personnellement, cela ne me pose aucun problème de jouer avec Geoffrey Claeys, plutôt qu'avec Alexandre Teklak, dans l'axe central. J'accomplis exactement le même boulot. Et, d'ailleurs, j'avais joué toute la saison dernière avec Geoffrey. Cela s'était très bien passé et ce n'est certainement pas là que se situe le problème. Oui, c'est difficile à expliquer. Je constate simplement que, défensivement, on court beaucoup. Et je ne parle pas uniquement des défenseurs : tout le monde court beaucoup derrière le ballon. Il faudrait peut-être davantage poser le jeu. Car, lorsqu'on court beaucoup, on s'épuise et on n'a sans doute plus la fraîcheur nécessaire devant le but. Ce n'est pas à moi qu'il incombe d'analyser les problèmes et de trouver des solutions. C'est plutôt le rôle de l'entraîneur. Effectivement, c'est nécessaire dans ce système-là. Je ne pense pas que nos piètres résultats soient la conséquence d'un choix tactique. C'est d'abord dans la tête : il faut se persuader qu'on est capable de gagner, et faire le maximum pour y parvenir. Adopter un dispositif plus défensif, ce serait la pire des solutions. Il faut, au contraire, continuer à exercer un pressing haut, chercher à inscrire un deuxième but lorsqu'on a ouvert la marque, et surtout, ne pas reculer. Rester 90 minutes acculé devant son but ne mènerait à rien : à forcer de plier, on finirait par rompre. En ce qui me concerne, cela ne me pose aucun problème. J'ignore si d'autres joueurs préféreraient un entraîneur plus agressif : je ne peux pas répondre à leur place. Un Luigi Pieroni, capable d'inscrire un but à n'importe quel moment, était précieux. On encaissait aussi des buts la saison dernière. Mais on pouvait réagir et scorer de l'autre côté. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pas spécialement ce joueur-là, mais il nous manque un joueur de ce type-là. On ne peut pas vivre avec des regrets. Lou a fait son chemin en signant à Auxerre, tant mieux pour lui. Je ne jette pas la pierre aux attaquants actuels. Ils font leur boulot. Mais il ne faut pas être un expert pour constater qu'ils propulsent très rarement le ballon au fond des filets. Daniel Devos