Dejan Veljkovic a dénoncé des dizaines de personnes dans le cadre du dossier Mains Propres, qui traite des malversations et du match-fixing dans le football professionnel belge. En échange, l'agent échappe à une lourde sanction, à moins qu'il n'ait pas dit la vérité. Les avocats des parties adverses sont aux aguets. La semaine dernière, ils étaient collés à leur écran télé quand la VRT a diffusé une longue interview du Serbe dans l'émission Pano.
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Dejan Veljkovic a dénoncé des dizaines de personnes dans le cadre du dossier Mains Propres, qui traite des malversations et du match-fixing dans le football professionnel belge. En échange, l'agent échappe à une lourde sanction, à moins qu'il n'ait pas dit la vérité. Les avocats des parties adverses sont aux aguets. La semaine dernière, ils étaient collés à leur écran télé quand la VRT a diffusé une longue interview du Serbe dans l'émission Pano. Les propos tenus par Veljkovic sur son rôle dans la falsification du match Malines - Waasland-Beveren du 11 mars 2018 sont frappants. Veljkovic prétend s'être contenté d'interroger Dirk Huyck, le président de Waasland-Beveren sur la composition de l'équipe, à la demande de Thierry Steemans, alors directeur financier de Malines. Pendant cette réunion au Freethiel, on a pu parler d'argent. Veljkovic a déclaré avoir été briefé par Steemans à propos d'un deal déjà existant entre Malines et Waasland-Beveren. Ainsi, si le KaVé n'était pas relégué, il ne pourrait pas disputer ses matches de play-offs 2 dans son stade à cause de travaux. Il jouerait donc ses matches à domicile au Freethiel et paierait un loyer. "Steemans a parlé d'un montant de 200.000 euros", selon Veljkovic. Le Serbe a donc fait comprendre à Huyck que son club ferait une bonne affaire si Malines n'était pas rétrogradé. Mais, a poursuivi Veljkovic: "Je ne lui ai pas proposé d'argent." Les journalistes de Pano ont laissé passer la déclaration, mais elle ne correspond pas à ce que le quotidien Het Laatste Nieuws a écrit le 20 octobre 2018: "Huyck a confirmé aux enquêteurs avoir été approché en prévision du match contre Malines. Veljkovic a offert 200.000 euros pour ce match." Naturellement, les avocats peuvent contrer cette phrase en disant qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on écrit. Le cas échéant, ils peuvent aussi avancer que Veljkovic faisait de fait référence au loyer et que Huyck avait tout compris de travers. Fin de la discussion? Pas tout à fait. Le 24 octobre 2018, le journal Het Nieuwsblad a écrit que la location s'élèverait à 20.000 euros par match. Malines allait disputer cinq matches à domicile en PO2. Ce qui fait un total de 100.000 euros, et non 200.000. Il y a encore les PV des écoutes téléphoniques, notamment celle du GSM de Veljkovic. La police fait mention d'une réunion entre Veljkovic et Steemans. Elle a eu lieu le 1er mars 2018, quatre jours avant la première visite de Veljkovic à Huyck. "Dejan a obtenu le feu vert", relève la police. "Dejan dit que la personne avec laquelle il a discuté a donné un ordre de paiement de 100." La police établit aussi un rapport sur la communication téléphonique de Huyck du 5 mars 2018 avec Olivier Swolfs, le directeur financier du Freethiel: "Huyck dit que Dejan vient de sortir (...) Ils veulent payer une partie officiellement et une partie à Dirk, en tant que président." Pendant la procédure disciplinaire concernant ce match, l'avocat de Huyck a également affirmé que Veljkovic avait couché une offre sur papier mais que le président de Waasland-Beveren l'avait repoussée. Pendant cette même procédure, l'avocat de Waasland-Beveren a déclaré que la location du stade s'élevait à 27.500 euros. Mais cinq fois 27.500, ça ne fait pas non plus 200.000. Ce qui est essentiel, c'est de savoir si Veljkovic a également dit aux enquêteurs s'être contenté de demander la composition d'équipe. C'est aux enquêteurs qu'il est tenu de dire la vérité. S'il leur a tenu les mêmes propos, on peut se demander comment tout recadrer. Veljkovic a-t-il effectué un saut subtil dans ses déclarations en parlant "d'un paquet de 200.000 euros" alors qu'officiellement, il s'agissait de 100.000 euros avec en plus un "ordre de 100" non officiel? "On ne peut pas expliquer ce genre de finesse dans un reportage", réagit l'avocat de Veljkovic, Kris Luyckx. "Ce sera au juge de le faire." Il pourra également vérifier quels montants ont été réellement mentionnés dans le contrat de location entre les deux clubs.