Il y a deux semaines, le facteur déposa à la rédaction un livre intéressant des Editions de l'Université de Bruxelles : Football et identités, orchestré par Jean-Michel De Waele et Alexandre Husting. Dans la table des matières, quelques thèmes ont retenu notre attention : Du Je au Nous en passant par les Autres, De quel club êtes-vous ?, L'Union européenne contre les identités du football ?... L'actualité n'offre pas assez de répit aux amateurs de foot pour lire cet ouvrage universitaire d'un seul trait.
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Il y a deux semaines, le facteur déposa à la rédaction un livre intéressant des Editions de l'Université de Bruxelles : Football et identités, orchestré par Jean-Michel De Waele et Alexandre Husting. Dans la table des matières, quelques thèmes ont retenu notre attention : Du Je au Nous en passant par les Autres, De quel club êtes-vous ?, L'Union européenne contre les identités du football ?... L'actualité n'offre pas assez de répit aux amateurs de foot pour lire cet ouvrage universitaire d'un seul trait. Le quotidien de ces dernières semaines a été dévoré par les grands crus bordelais d'Anderlecht, la Ligue des Champions, le dynamisme d' Alain Courtois, les projets de construction de nouveaux stades, les éclats de la Coupe de Belgique, etc. Ce copieux menu précédait les desserts de la 24e journée du championnat. Charleroi a étonné tous les palais en proposant un 0-2 garni de crème fraîche à son ancien chef coq, Jacky Mathijssen. La nouvelle cuisine de Thierry Siquet méritait trois étoiles au stade Jan Breydel, le Comme chez soi brugeois. La déception des gastronomes de la Venise du Nord s'expliquait aussi par la méforme de leur équipe. C'est la deuxième défaite consécutive à domicile après celle subie face au Standard. Faut-il revoir certaines recettes ? Michel D'Hooghe, le président brugeois, ne s'énerve pas car il sait qu'on ne présente pas l'addition avant les mignardises et le pousse-café. Le repas n'est pas terminé même si le Standard n'a pas raté son plat à Westerlo. C'était le moment ou jamais de marquer les esprits en reprenant la tête du championnat. Les Liégeois y sont parvenus en signant une deuxième mi-temps comparable à la performance réalisée contre le Cercle Bruges en match retour des quarts de finale de la Coupe de Belgique (4-0 après le 4-1 de l'aller). Michel Preud'homme, dont la sérénité contraste de plus en plus avec les humeurs changeantes de Mathijssen, avait raison d'insister sur la réaction de son effectif après la pause (Westerlo menait alors 1-0) : la profondeur, la vitesse, l'engagement, la taille, l'envie, les qualités des joueurs du banc qui ont bien fini le travail, etc. En plus du résultat final (1-3), du brio de Dieumerci Mbokani, du travail des indispensables Marouane Fellaini et Steven Defour, de la classe d' Axel Witsel ou de la fraîcheur gagnante de Reginal Goreux, il faut retenir la symbiose entre un public et son équipe. Ils partagent le même projet, le même désir, le même rêve, la même ambition, la même fierté d'un maillot. Pour paraphraser le livre édité par De Waele et Husting, à Liège, football et identités font bon ménage. Les auteurs rappellent que le sport moderne est apparu au 19e siècle dans les sociétés occidentales. Le football a tout de suite assumé un rôle important dans l'expression des racines. A qui s'identifient les supporters ? Sont-ils attachés au caractère local de leur équipe, à un style de jeu, à des origines sociales ou historiques, à des affinités historiques ou à sa composition ? Vastes débats. Nous sommes posés ces questions en consacrant une partie importante de ce magazine à l'impressionnant renouveau du foot de Tchantchès. Liège maîtrise son sujet en D3B et les supporters se pressent dans son sillage en se souvenant des grandes heures d'autrefois. Le président Jules Dethier a magnifiquement requinqué les Sang et Marine. Sur cette lancée liégeoise, nous nous promenés dans le centre de la Cité Ardente avec Milan Jovanovic. L'imprévisible dribbleur du Standard a apprécié le contact simple et amical avec des fans aux yeux desquels il fait partie de la famille du club. Peu importe les origines des stars : le football est universel. Ses deux fils, Lazar et Dusan, sont en Serbie pour le moment et la gentillesse des gens a comblé ce vide. Jova se souviendra de la chaleur liégeoise quand le destin l'emportera vers d'autres cieux, loin de Liège, la nouvelle capitale du football belge. Au c£ur d'un terreau liégeois retrouvé, qui couve tant de talents, la fraternité cimente les identités et les diversités. PAR pierre bilic