Belgique-Serbie n'aura peut-être pas le même impact que mai '68 ou la révolte des yéyés mais le succès de l'équipe nationale (3-2) permet d'entrevoir l'avenir avec plus de confiance. Sous les pavés, la plage, quoi. Les Diables ont fait preuve de cran et d'esprit d'équipe. C'est la conséquence, certes, de choix enfin offensifs et équilibrés de René Vandereycken. Cela faisait longtemps qu'on attendait un onze national avec deux attaquants chargés de dynamiter les casemates adverses. Mais il faut remonter plus loin pour comprendre les raisons de ce réveil encourageant si on songe à la campagne de qualification de la Coupe du Monde 2010. C'est un Belge, Georges Lemaître, qui lança la théorie de l'univers en expansion. Ce chanoine, astronome et physicien carolo (était...

Belgique-Serbie n'aura peut-être pas le même impact que mai '68 ou la révolte des yéyés mais le succès de l'équipe nationale (3-2) permet d'entrevoir l'avenir avec plus de confiance. Sous les pavés, la plage, quoi. Les Diables ont fait preuve de cran et d'esprit d'équipe. C'est la conséquence, certes, de choix enfin offensifs et équilibrés de René Vandereycken. Cela faisait longtemps qu'on attendait un onze national avec deux attaquants chargés de dynamiter les casemates adverses. Mais il faut remonter plus loin pour comprendre les raisons de ce réveil encourageant si on songe à la campagne de qualification de la Coupe du Monde 2010. C'est un Belge, Georges Lemaître, qui lança la théorie de l'univers en expansion. Ce chanoine, astronome et physicien carolo (était-il supporter des Zèbres ou des Dogues ?), est le père du big-bang qui changea tout il y a plus de 13 milliards d'années. Sans cette gigantesque explosion au c£ur d'une époque dense et chaude, la Terre n'aurait jamais tourné autour du Soleil. La vie ne se serait pas manifestée sur notre planète. Une déflagration aussi puissante a secoué la galaxie du foot belge quand nos Espoirs prirent part à l'Euro 2006 aux Pays-Bas. Comme Lemaître, Jean-François de Sart est un homme discret qui connaît tous ses dossiers. Il impose une marque de fabrique, un style de jeu, un esprit d'équipe, une volonté de dépassement de soi, une façon tranquille de régler les problèmes qui surgissent dans une vie de groupe. Les supporters belges ont applaudi à deux mains tout en encourageant les jeunes sur les pelouses de l'autre pays du fromage. Leurs galons olympiques ne pouvaient pas rester sans lendemain. Si VDE a lancé Kevin Mirallas dans le bain, c'est parce que ce dernier a éclaté en Hollande. Cela lui a permis de prendre plus d'assurance à Lille et de mériter un rendez-vous au plus haut niveau avec les Serbes. Ce rajeunissement, exigé par le public et la presse, doit se poursuivre et il s'agira de faire confiance à des promesses à l'arrière droit ou sur la gauche de la ligne médiane. Il n'y a rien à faire, on ne peut plus changer de cap : les Diables Rouges doivent être la plus belle MAISON DES JEUNES du football belge. Les clubs se réveillent et investissent désormais dans la formation. Il fallait un changement de culture car cette activité avait été réduite à l'état de friches industrielles. Quelques générations spontanées ont signé des miracles. Des joueurs sont arrivés de nulle part et ont malgré tout signé une belle carrière : Michel Renquin, Philippe Albert, Mbo et Emile Mpenza, Daniel Van Buyten, Luigi Pieroni, Gaby Mudingayi, François Sterchele... Avec une formation à la française ou à la hollandaise, ces gars-là, et on peut en citer d'autres, auraient été beaucoup plus haut. Cela n'intéressait pas les clubs qui ont longtemps préféré thésauriser facilement en devenant une base de lancement pour des joueurs étrangers. C'était un gros business car la Belgique a été la première à recruter en Europe de l'Est, dans le Grand Nord, en Afrique, en Amérique latine. Ces sources ne se sont pas taries mais il y a d'autres explorateurs : les bons joueurs ne doivent plus nécessairement passer par la Belgique. Nos clubs sont dès lors obligés d'en revenir aux produits du cru tout en ne refusant pas de réaliser de bonnes affaires internationales. Le Standard a investi massivement dans les installations de l'Académie Robert Louis-Dreyfus. Cette réflexion a eu un impact sur l'équipe Première. Avec Steven Defour (19 ans), Marouane Fellaini (19 ans), Axel Witsel (18 ans) et Salim Toama (28 ans), le club liégeois a la plus jeune ligne médiane d'Europe (moyenne de 21ans). Le public devine que cette équipe ne gagnera pas la Ligue des Champions mais apprécie ces jeunes, libérés depuis le départ des vieilles barbes, qui permettent à leur club de pratiquer pour le moment le meilleur jeu de D1. On ne peut plus ignorer le big-bang engendré par les Espoirs que ce soit avec les Diables Rouges ou sous les couleurs de leurs différents clubs. PAR pierre bilic