On ne pionce pas (plus) à l'Union Belge. Longtemps, on a reproché aux patrons de notre foot de vivre à du 3 à l'heure avec 2 de tension. Comme quand il fallait réagir aux débordements du week-end, puis sanctionner - éventuellement -. Ça prenait... on ne sait même plus combien de temps. C'était in-ter-mi-na-ble. Mais ça, c'était avant.
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On ne pionce pas (plus) à l'Union Belge. Longtemps, on a reproché aux patrons de notre foot de vivre à du 3 à l'heure avec 2 de tension. Comme quand il fallait réagir aux débordements du week-end, puis sanctionner - éventuellement -. Ça prenait... on ne sait même plus combien de temps. C'était in-ter-mi-na-ble. Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui, dès le lundi, les décisions tombent. Dimanche 3 février, Standard - Anderlecht électrique et houleux. Avec son lot de gars qui pètent les plombs. Lundi 4, mail de la fédé. On y lit par exemple : " Le football, c'est l'émotion. " Allusion à l'accrochage Michel Preud'homme / équipe arbitrale. Le communiqué explique que " l'exclusion est suffisante " parce que, oui, " le football, c'est l'émotion. " Et aussi parce que " Mr Preud'homme n'a insulté personne " et " Mr Preud'homme a exprimé ses émotions de façon strictement verbale, sans gestes ou actes violents (il n'a ni touché l'arbitre, ni lancé d'objets). " Un Preud'homme qui monte dans les tours en plein match dans un stade qui est un booster d'émotions, un Laszlo Bölöni qui perd le contrôle dans une ambiance à peine plus cool du côté d'Anvers, un Felice Mazzù transporté par la chaleur carolo, ça fait partie du jeu, du paysage, du spectacle. Après tout, c'est plus chouette à voir qu'un Ivan Leko frigide ou un Bernd Storck impassible. C'est même (en partie) pour ça que certains mordus de foot vont au stade. RememberRicardo Sa Pinto : un vrai fou furieux, mais qu'est-ce qu'il nous a amusés pendant une saison de folie. Et donc, tout ça, on peut l'accepter parce que c'est de l'émotion pure dans des moments où il est difficile de ne pas être émotionné. Par contre, ces derniers jours, on a eu droit à des déferlements d'émotions bien moins justifiables - voire impardonnables. Retour au clasico. Quand Christian Luyindama prend le micro et va narguer les supporters d'Anderlecht (" Puta Anderlecht ") en n'oubliant pas d'y joindre l'indispensable doigt d'honneur qui est sans doute sa cerise sur le saka saka (plat congolais traditionnel...), ça c'est impardonnable. Le plus dingue dans l'histoire, c'est que le Standard risque plus gros que son ex-joueur. Le club s'expose à des sanctions, pour lui c'est moins sûr. Il est entre-temps retranché à Istanbul, cool à l'aise. Luyindama n'a aucune excuse parce que lui, ce dimanche-là, il n'avait pas joué et n'avait donc pas la circonstance atténuante de l'adrénaline et des hormones en sortie. Même raisonnement pour les supporters de l'Antwerp qui, samedi soir, ont bombardé Marko Miric de gobelets de bière quand il est sorti sur blessure. Des supporters probablement positifs à toutes sortes de contrôles s'ils avaient été contrôlés... mais pas d'excuse d'adrénaline ou d'hormones pour eux. On sort d'ailleurs d'un week-end où pas mal de supporters ont pété les plombs. Lu en grand titre sur un site, samedi matin : Des supporters d'Anderlecht attaqués à coups de bâton par des hooligans du Standard lors d'un festival gastronomique. Vous avez bien lu ! Ça s'est passé en périphérie de Bruxelles et les hooligans s'en sont aussi pris à... une ambulance et ses ambulanciers. Le compte rendu sur le web se conclut par ceci : La carrosserie de leur véhicule a été endommagée. Les ambulanciers sont parvenus à prendre la fuite. On vit dans un monde (du football) formidable. Quelques heures plus tard, les fans de l'Atlético bombardaient Thibaut Courtois de rats en peluche (le rat est associé au traître là-bas) lors du derby de Madrid. Avant de salir la plaque à son effigie à l'extérieur du stade. Dans l'interview qu'il nous a donnée tout récemment, en évoquant le derby, Courtois nous avait dit : " Si les supporters de l'Atlético réagissent par rapport à moi, s'il y a encore plus de bruit que d'habitude... enchanté, j'aime ça, c'est génial. " Oui mais bon !