F oot 2 Rue, c'est un dessin animé et une BD très populaires auprès des gosses. Le credo de ces gamins des banlieues : " On préfère jouer au foot qu'à la poupée ". Amitié, respect, solidarité mais tirages de maillots autorisés et obstructions conseillées : " Toutes les méthodes sont bonnes pour gagner ". La série préférée d' AlbertCartier ? Ses hommes ont encore fait fort au Standard. Petits accrochages, grosses fautes et cartes, certes, mais aussi organisation presque parfaite, pressing de tous les diables pendant plus de trois quarts d'heure et forte dose d'audace : peu d'équipes sont allées jouer à Sclessin avec trois attaquants. Et il aura fallu un réveil spectaculaire du futur champion pour infliger une première défaite au Mons version Cartier.
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F oot 2 Rue, c'est un dessin animé et une BD très populaires auprès des gosses. Le credo de ces gamins des banlieues : " On préfère jouer au foot qu'à la poupée ". Amitié, respect, solidarité mais tirages de maillots autorisés et obstructions conseillées : " Toutes les méthodes sont bonnes pour gagner ". La série préférée d' AlbertCartier ? Ses hommes ont encore fait fort au Standard. Petits accrochages, grosses fautes et cartes, certes, mais aussi organisation presque parfaite, pressing de tous les diables pendant plus de trois quarts d'heure et forte dose d'audace : peu d'équipes sont allées jouer à Sclessin avec trois attaquants. Et il aura fallu un réveil spectaculaire du futur champion pour infliger une première défaite au Mons version Cartier. Voici comment le coach français a remis les Montois sur la voie du maintien alors qu'ils étaient scotchés à la dernière place (avec 10 points sur 57) quand il les a repris, début février. Le vestiaire de Mons, ce ne sont pas 22 Thomas Chatelle mais un paquet de joueurs qui ont connu les banlieues françaises. Pour diriger des gars pareils, c'est toujours bien d'avoir sillonné la France et côtoyé ses quartiers sensibles. En 15 années et plus de 400 matches de Ligue 1, Cartier a vu du pays. Et ceux qui se souviennent de lui comme joueur en gardent le souvenir d'un défenseur un peu salopard, voire crapuleux. Aujourd'hui, c'est le même homme qui règne à Mons, où on affirme que José Riga était peut-être trop gentleman pour secouer le cocotier. Dès le premier jour, Cartier a fait passer un discours, du style : " Que vous soyez ou non des cadres du groupe, je m'en fous. Les meilleurs, les plus volontaires joueront ". Finalement, aucun cadre ne s'est retrouvé sur le banc, mais il y en a qui ont sacrément élevé leur niveau de jeu. Hocine Ragued et Wilfried Dalmat par exemple. Un jeune joueur s'est montré un peu trop dissipé à l'entraînement et est arrivé une fois en retard : noyau B ! Les compos de Mons n'étaient plus surprenantes avec Riga. Il avait trois catégories de joueurs : les titulaires indiscutables, les jokers et les bannis qui grognaient. Dès le premier match de Cartier, contre Mouscron, il a montré son envie de bouleverser les habitudes. Fadel Brahami a été aligné dès le coup d'envoi, et au back droit -une trouvaille efficace. Cédric Roussel a aussi commencé le match - ce qui lui était souvent interdit avec Riga. Et Ilija Stolica, snobé presque chaque semaine, a été lancé au feu après 67 minutes. A la 69e, il marquait le premier but ! Cartier fait passer un message fort dans le vestiaire : il aura besoin de tout le monde pour sauver le club. Tous les joueurs ont déjà eu leur chance depuis qu'il est là. Et il y en a qui revivent complètement. Mons vit une saison triste mais est déjà presque assuré de terminer en tête de deux classements : les cartes jaunes et les fautes commises... Au moment du limogeage de Cartier, les Hennuyers étaient déjà premiers du classement des avertissements, avec une toute petite avance sur Genk. Entre-temps, ils se sont envolés. Ils en prenaient en moyenne 2 par match avec l'ancien coach, ils en récoltent plus de 3 par rencontre avec le nouveau -5 dimanche à Sclessin ! Adriano Duarte et Ragued en comptabilisent 8 ; Alessandro Cordaro 7, Roberto Mirri et François Zoko 6 ; Daré Nibombé 5. Au niveau des fautes commises aussi, Mons est l'équipe des coups de latte. De 17 par match avec Riga, on est passé à plus de 25 avec Cartier. Foot 2 Rue, oui ! Riga cherchait à gagner avec la manière. La plupart du temps, le style y était mais pas les points. Dès l'arrivée de Cartier, la philosophie a changé : il veut que son équipe soit toujours en D1 la saison prochaine et tout le reste, il n'en a rien à battre. Les spectateurs neutres se régalent moins depuis le changement d'entraîneur. Mais il n'a fallu que deux matches pour que Cartier signe autant de succès que Riga en 19 journées ! Cartier n'essaye pas de déstabiliser l'adversaire en variant les dispositifs : c'est souvent un 4-4-2 - avec seulement deux exceptions en 4-3-3, contre Zulte Waregem et au Standard. Par contre, il ose varier les coups quand il remplit les cases. Brahami au back droit, il a osé parce que ce joueur lui avait déjà donné satisfaction dans ce rôle lors de leur période commune à La Louvière. Au back droit, il a aussi essayé Antti Okkonen, arrivé comme pur médian défensif. Okkonen avait été transféré fin 2007 parce que Ragued était censé partir à la Coupe d'Afrique et que Benjamin Nicaise devait rester longtemps sur la touche suite à une opération. Mais Ragued a finalement décliné sa sélection pour la CAN et Nicaise est vite revenu. Donc, le coach avait trois joueurs semblables pour deux places, et comme ils étaient tous les trois en forme, il a donné une chance à Okkonen en défense. Autre choix étonnant mais payant : Duarte (pur défenseur central) en milieu défensif puis en back droit dans le même match (contre Dender). Les supporters de Mons ont trouvé un nouveau surnom à Mohamed Dahmane : Momodinho... Le gars de Maubeuge nous refait le même coup qu'il y a un an : il offre des victoires à Mons en marquant des buts décisifs - déjà 3 depuis qu'il est qualifié. Pas mal pour un joueur vendu l'été passé à Genk pour un pactole et revenu gratuitement en janvier. Gratuitement... provisoirement. Les tribunaux trancheront. En attendant, Cartier peut compter sur un buteur que Riga n'avait pas. par pierre danvoye