Lui y aurait pensé, samedi soir, quand le stade Jan Breydel s'est coloré de vert et de noir, après la promotion du Cercle Bruges ? En fait, le Cercle est l'association des citoyens catholiques conservateurs et des membres de la classe moyenne habitant au centre de la ville. Qui se serait souvenu que le Cercle avait toujours été une association dotée d'une mission sociale, un vivier de jeunes talents, une association dénuée du désir de se mettre en vitrine et s'abstenant de déclarations fracassantes ? Au beau milieu de la liesse générale, qui s'est rappelé que le Cercle insistait toujours sur son caractère familial et que la modestie était sa marque de fabrique ?
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Lui y aurait pensé, samedi soir, quand le stade Jan Breydel s'est coloré de vert et de noir, après la promotion du Cercle Bruges ? En fait, le Cercle est l'association des citoyens catholiques conservateurs et des membres de la classe moyenne habitant au centre de la ville. Qui se serait souvenu que le Cercle avait toujours été une association dotée d'une mission sociale, un vivier de jeunes talents, une association dénuée du désir de se mettre en vitrine et s'abstenant de déclarations fracassantes ? Au beau milieu de la liesse générale, qui s'est rappelé que le Cercle insistait toujours sur son caractère familial et que la modestie était sa marque de fabrique ? Le Cercle ne se prend toujours pas la tête, il n'est toujours pas chatoyant mais pour ne pas se noyer, il a été obligé de changer de cap et, comme tant d'autres clubs, de placer son sort en des mains étrangères. Les supporters s'en sont accommodés, bien que fort peu de Belges soient encore titularisés. Rarement la joie a été aussi colossale que samedi soir à l'issue du thriller contre le Beerschot-Wilrijk. Le Cercle est sorti de l'enfer. Il doit maintenant étudier avec quels joueurs il va retrouver l'élite la saison prochaine. Avec le soutien de l'AS Monaco, il doit poser les bases d'un long séjour en D1A. Et sans doute avec un entraîneur, Franky Vercauteren, plutôt froid pour une formation toujours chaleureuse. Parfois, les extrêmes se rejoignent pour vivre une belle aventure. Malines n'était que tristesse après sa chute en D1B. Trente ans après son triomphe en Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupes et quinze ans après sa faillite. On a beau regarder avec incrédulité les quatre buts inscrits par Eupen, ce n'est jamais le dernier match qui décide, à lui seul, de la relégation. Cette saison, le FC Malines a été un foyer d'instabilité, avec trois entraîneurs, beaucoup d'erreurs de jugement et une longue quête du bon concept et du bon vécu. De ce point de vue, il ne dénote pas dans une compétition qui a connu douze changements d'entraîneur. Peu de représentants de notre football dégagent autant de nostalgie. Malines dispute ses matches à domicile dans une arène comble et bouillonnante mais il n'y a même pas pris la moitié des points : 19 sur 45. Dimanche dernier, Malines accueillait 16.000 spectateurs, Eupen 4.428. Un monde de différence. Malines réunit les conditions voulues pour revenir rapidement parmi l'élite. Reste à espérer que la direction a tiré des leçons des erreurs commises ces derniers mois et prendra les bonnes décisions pour l'avenir. Elle a le temps. Le championnat de D1B, une série surréaliste qui compte peu de jeunes footballeurs belges, reprend le 11 août, dans cinq mois. L'épilogue du championnat régulier compose des PO1 solides, avec le Standard. Après un départ catastrophique, les Rouches ont eu le mérite de se redresser et, encore plus de conserver leur confiance en Ricardo Sa Pinto envers et contre tout. Ça n'a pas toujours été le cas en bord de Meuse. Samedi, en finale de la Coupe, le Standard peut couronner sa saison contre le RC Genk. On est curieux de voir avec quelle mentalité le club qui remportera la Coupe et le billet pour l'EL qui va de pair abordera les PO1. Le lauréat de la Coupe n'aura plus d'obligation, il pourra réaliser des tests. Il est parfaitement insensé de disputer la finale en mars. C'est de la même eau que la formule actuelle, au sein de laquelle personne ne se passionne pour les PO2. Sauf peut-être pour le derby entre l'Antwerp et le Beerschot-Wilrijk. Une confrontation que beaucoup croyaient, trop tôt, pouvoir suivre au plus haut niveau d'ici quelques mois.