Cela faisait plus de six ans que le Standard n'avait plus connu une telle victoire. 7-0. De quoi redonner confiance à tout un groupe. De quoi également valider la méthode employée par le staff technique. Par la voix de Sergio Conceiçao, l'entraîneur adjoint, il avait vivement critiqué la nonchalance affichée par le onze de base à Zulte Waregem.
...

Cela faisait plus de six ans que le Standard n'avait plus connu une telle victoire. 7-0. De quoi redonner confiance à tout un groupe. De quoi également valider la méthode employée par le staff technique. Par la voix de Sergio Conceiçao, l'entraîneur adjoint, il avait vivement critiqué la nonchalance affichée par le onze de base à Zulte Waregem. " Une prestation pareille, c'est inadmissible. J'étais gêné dans la tribune. On travaille de la même façon toutes les semaines. Après, tout dépend de la motivation, de la mentalité des joueurs. Parfois, on voit une bonne équipe et des joueurs disent qu'ils peuvent viser quelque chose dans ce championnat. Parfois, on voit des joueurs qui ne respectent pas du tout les consignes de l'entraîneur. Je ne l'accepte pas. On a affaire à des gamins vicieux ! ". Samedi, il est vrai, face à une défense qui ne mérite pas le label D1, le Standard a donc montré un tout autre visage. Appliqué et offensif. Une semaine après avoir subi les critiques du staff. Car, ce n'est pas la première fois, cette saison, que le T1 (ou le T2 à Zulte Waregem) doit avoir des mots très durs pour réveiller son groupe. Après la défaite à Saint-Trond (1-0), le 20 août, Dominique D'Onofrio avait déjà lâché : " Voilà ce qui arrive quand on manque d'humilité, d'engagement et de respect. " Rebelote, un mois plus tard, à Malines (1-0), il reprochait à certains joueurs de ne pas savoir hisser leur niveau de jeu. Dans la foulée, Steven Defour remettait ses coéquipiers à leur place. " Il faut oser aller au charbon et il y a trop de joueurs qui ne sont pas dans ce coup-là ", avait-il lâché. Même discours le 6 novembre, après la claque face à Eupen (1-3). Dominique D'Onofrio : " Trop de joueurs ont fait preuve de suffisance. Faire des cadeaux pareils, c'est inadmissible. On n'a pas eu la niaque, la détermination, l'enthousiasme. Tout le monde parle d'être champion mais aujourd'hui, on est loin de l'être. "Soit quatre matches et quatre grosses colères. Mais la méthode marche puisqu'à chaque fois, le Standard s'est repris en gagnant contre Courtrai (après Saint-Trond), contre Charleroi (après Malines), en Coupe contre Genk (après Eupen) et contre le Lierse samedi dernier. " Il y avait de l'envie, de l'enthousiasme, de la détermination, de l'engagement. Cela signifie quelque chose. Il s'agissait de la réaction que j'attendais ", a dit l'entraîneur des Rouches au soir de la victoire face au Lierse. Ce groupe ne sait pas encore s'autogérer et doit encore être (trop) souvent recadré par son staff ou son capitaine. Pourquoi ? Sans doute car il compte trop peu de leaders, capables en pleine rencontre de tirer la sonnette d'alarme. Sans doute aussi car il y a trop de joueurs qui se reposent sur leurs lauriers après une belle prestation. Mais, jusqu'à présent, le staff a réussi à ramener les joueurs les pieds sur terre. " On ne perd pas ses qualités du jour au lendemain ", reconnaissait Axel Witsel. " On a du talent et il fallait simplement remettre en place la tête de certains joueurs. " Face aux cadors, le Standard ne s'est incliné que contre Genk (4-2). En battant Gand (2-1), Anderlecht (5-1), Genk en Coupe (2-1) et en partageant contre Bruges (2-2), les Liégeois ont prouvé qu'ils avaient le niveau des grandes équipes de notre championnat. Pas question donc d'évoquer encore une année de transition quand on sait battre tous les prétendants au titre. Par contre, la rengaine est toute différente quand on regarde les petites équipes. Le Standard a perdu des plumes deux fois contre Zulte Waregem (loin de disputer la meilleure saison de son histoire), contre Eupen (alors relégable), et à Saint-Trond ! Certains ont donc évoqué une motivation à géométrie variable. Ce qu'a fustigé DD à chaque défaite. Contre le Lierse, le Standard a prouvé qu'il savait également se motiver contre une plus petite équipe en restant concentré 90 minutes durant. Toutes les statistiques ci-dessus doivent cependant être pondérées. Le Standard a certes très bien abordé les matches au sommet mais toutes ces victoires ont eu lieu à domicile (Gand, Genk et Anderlecht). A l'extérieur, les Rouches font plus pâle figure avec une défaite à Genk et un match nul à Bruges. Les gros couacs (mis à part celui d'Eupen) ont eu lieu en déplacement (Zulte, Malines et Saint-Trond). Et si le Standard a montré du caractère en sortant de crise par une victoire, celle-ci a eu lieu à chaque fois à Sclessin ! Ce dont sont conscients les joueurs. " On a affiché une bonne mentalité et un bon état d'esprit. Davantage que reproduire le même jeu, il sera important d'afficher la même mentalité vendredi à Lokeren ", expliquait Witsel. " Car on a un petit souci : cette mentalité-ci, on n'arrive pas à la reproduire à l'extérieur. On doit maintenant chercher à être plus constant dans le jeu et dans la tête. "Le terme est inapproprié mais il est clair que les joueurs liégeois font parfois preuve de nonchalance, en n'arrivant pas à mordre dans le ballon à tous les matches. " On est irrégulier car parfois, on se relâche un peu ", continue Witsel. " Et dès que tu fais cela, tu es mis en difficulté car on est le Standard de Liège. On est attendu un peu partout. "Les critiques de Conceiçao ont fait mal au groupe mais lui ont servi également. " Lundi, tout le monde a fait son autocritique ", dit Cyriac. " On s'est dit toutes les vérités ", ajoute Witsel. " Mais on n'a pas besoin qu'un coach nous le rappelle. On est assez grand et quand cela ne va pas, il faut pouvoir se regarder dans la glace et se remettre en question. "L'excuse sert à chaque revers. L'excuse parfaite en somme. Sauf qu'elle ne tient pas. L'inconstance et l'irrégularité du Standard ainsi que les erreurs individuelles, tout cela serait dû à la jeunesse du noyau ! " Avec ce groupe jeune, je m'attendais à ce manque de constance quand je l'ai repris ", a encore affirmé l'entraîneur du Standard après la victoire du Lierse. Certes, ce groupe manque d'expérience mais à force de dire qu'il est trop jeune, on y croirait presque. Sauf que la moyenne d'âge du onze de base du Standard champion en 2008 ne s'élevait qu'à 23,08 ans. Et celle du onze de base de cette saison ? 22,69 ans. Soit à quelques mois près, la même moyenne ! En Allemagne, championnat bien plus corsé, Dortmund caracole en tête avec un groupe de 24 ans de moyenne d'âge. Et les résultats tendent à prouver que le cru 2010-2011 est capable de résister à la pression (sinon comment expliquer la victoire contre Anderlecht et les victoires nécessaires pour éviter de verser dans la crise ?), et de varier les schémas de jeu. Un groupe inexpérimenté en serait par contre incapable. Au lieu de la jeunesse, on devrait évoquer davantage le manque d'automatismes. Normal puisque le noyau a été complètement chamboulé. C'est là que se situe la différence par rapport au groupe de 2008, qui avait appris à jouer ensemble. Jusqu'à présent, Mémé Tchités'était plus d'une fois érigé en sauveur. C'est lui qui avait débloqué la situation au Germinal Beerschot et à Gand et qui avait donné la victoire en Coupe contre Genk. Son absence fut remarquée à Zulte Waregem et Dominique D'Onofrio, lui-même, a avoué qu'il n'avait pas trouvé la bonne formule lors de cette rencontre. Pourtant, face au Lierse, tant l'occupation de terrain que l'entente entre Cyriac et Luigi Pieroni furent parfaits. Pieroni a particulièrement séduit, lui que l'on disait sur une voie de garage (avec un énième choix de carrière foireux) et en partance pour Saint-Trond. Son gabarit a pesé dans les duels aériens, ouvrant des brèches énormes pour Cyriac, qui en a profité pour marquer son premier triplé belge. La rentrée d' Aloys Nong fut également convaincante. Preuve que le secteur offensif est bien fourni. A l'inverse d'un secteur défensif qui demeure le talon d'Achille de cette équipe. Même si, là aussi, on peut souligner un net progrès : le Standard n'a pas encaissé. Ce qu'il n'a réussi que quatre fois en 19 matches toutes compétitions confondues. Depuis la blessure de Sinan Bolat, aucun des deux remplaçants n'a saisi sa chance. Alors qu'on pensait Srdan Blazic hors concours après ses bourdes à Bruges et en Coupe, le Monténégrin fut titularisé contre le Lierse à la place de Kristof Van Hout. Ce dernier, qui n'a pas démérité, a vu, semble-t-il, son étoile pâlir en bord de Meuse. Plus que jamais, Bolat est donc irremplaçable. Et on cherche encore la bonne formule en attendant son retour. Pour retrouver un peu de calme, le Standard avait besoin de vivre en vase clos. D'où l'utilité d'un silenzio stampa. " Quand tu perds, l'ambiance est toujours un peu plombée. Là, après avoir vidé nos sacs, on a pu préparer la rencontre contre le Lierse dans la sérénité ", glissait Witsel. Mais fallait-il pour autant se couper de la presse ? Selon le club, seul un point presse fut supprimé (celui du lundi, simplement parce que les joueurs s'étaient déjà amplement exprimés sur la débâcle à Zulte Waregem). On ne peut donc pas évoquer un réel boycott de la presse. Seules les demandes concernant le jeune Christopher Verbist, coupable d'une faute sur un des buts de Zulte, ont été rejetées. On peut aisément comprendre que le club le protège et évite de le jeter en pâture aux journalistes, la semaine où il a commis une bévue. Néanmoins, ce calme " médiatique " a eu son utilité et a été utilisé par le groupe pour se ressourcer. " Il est parfois bon que les joueurs puissent rediscuter et se rebooster entre eux ", expliquait-on à Sclessin. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Le Standard trop jeune ? La moyenne d'âge du onze de base est, à quelques mois près, la même que celle du onze de base de l'équipe championne en 2008. "