A 34 ans, DidierDheedene vit sans doute ses derniers mois à l'Austria Vienne. Pour autant que le club autrichien ne le retienne pas. " Il y a quelques mois, j'ai eu un petit différend avec le mécène du club : FrankStronach, un richissime homme d'affaires, patron de la firme Magna spécialisée dans les pièces automobiles qu'il vend essentiellement aux Etats-Unis et au Canada, et qui investit chaque année 30 millions d'euros dans l'Austria. J'avais demandé une prolongation d'un an au maximum, mais j'ai découvert que le club avait ajouté, de façon unilatérale, une option d'un an. Celle-ci sera levée si je joue un certain nombre de matches cette saison. Cela ne m'a pas plu, mais j'ai bon espoir que cela s'arrange. Si l'option n'est pas levée, je serai libre en juin. Je pourrai même, déjà, théoriquement signer ailleurs en janvier. Cette saison-ci, sauf circonstances imprévisibles, sera ma dernière à l'étranger. J'ai vécu de très beaux moments, mais j'estime qu'il est désormais temps pour moi de rentrer au pays. Je ne compte pas nécessairement raccrocher les crampons. Au contraire, je me sens encore bien et je n'exclus pas la possibilité d'encore fouler les pelouses jusqu'à 38 ans. A l'image de NicoVanKerckhoven : dans un bon petit club, où l'on peut continuer à se montrer raisonnablement ambitieux et faire profi- ter ses coéquipiers de l'expérience acquise ".
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A 34 ans, DidierDheedene vit sans doute ses derniers mois à l'Austria Vienne. Pour autant que le club autrichien ne le retienne pas. " Il y a quelques mois, j'ai eu un petit différend avec le mécène du club : FrankStronach, un richissime homme d'affaires, patron de la firme Magna spécialisée dans les pièces automobiles qu'il vend essentiellement aux Etats-Unis et au Canada, et qui investit chaque année 30 millions d'euros dans l'Austria. J'avais demandé une prolongation d'un an au maximum, mais j'ai découvert que le club avait ajouté, de façon unilatérale, une option d'un an. Celle-ci sera levée si je joue un certain nombre de matches cette saison. Cela ne m'a pas plu, mais j'ai bon espoir que cela s'arrange. Si l'option n'est pas levée, je serai libre en juin. Je pourrai même, déjà, théoriquement signer ailleurs en janvier. Cette saison-ci, sauf circonstances imprévisibles, sera ma dernière à l'étranger. J'ai vécu de très beaux moments, mais j'estime qu'il est désormais temps pour moi de rentrer au pays. Je ne compte pas nécessairement raccrocher les crampons. Au contraire, je me sens encore bien et je n'exclus pas la possibilité d'encore fouler les pelouses jusqu'à 38 ans. A l'image de NicoVanKerckhoven : dans un bon petit club, où l'on peut continuer à se montrer raisonnablement ambitieux et faire profi- ter ses coéquipiers de l'expérience acquise ". Le défenseur anversois, qui a commencé sa carrière au Beerschot mais est passé au Germinal Ekeren lorsque les Mauves ont été déclarés en faillite et relégués en D3, défend les couleurs de l'Austria Vienne depuis trois ans et demi, après un passage d'une saison à Munich 1860, alors encore en Bundesliga : " Une carrière n'est complète qu'avec un chapitre étranger. Je suis content d'avoir vécu cela. Mon palmarès est très intéressant : trois titres (un avec l'Austria et deux avec Anderlecht) et trois coupes (deux avec l'Austria et une avec le Germinal Ekeren... contre Anderlecht). Un joueur comme moi pouvait difficilement espérer davantage. Je n'avais pas un talent inné mais j'étais un grand travailleur. Et c'est ça qui m'a permis de réussir ". Didier Dheedene n'a pas oublié Anderlecht. " Je suis arrivé au Parc Astrid à 25 ans et j'y ai passé quatre années formidables. Je suis reconnaissant au club de m'avoir soutenu lorsque j'ai souffert de problèmes privés. Je remercie également ses dirigeants de ne pas m'avoir mis des bâtons dans les roues lorsque la possibilité d'un beau transfert à Munich 1860 s'est présentée ". C'était au terme de la formidable campagne de Ligue des Champions 2000-2001, qui avait également permis à JanKoller, TomaszRadzinski et BartGoor de s'illustrer et de briguer un transfert lucratif étranger. Beaucoup de supporters anderlechtois évoquent encore cette campagne avec un brin de nostalgie, surtout après les neuf défaites d'affilée que leur club favori vient de subir dans les matches de poules de la Ligue des Champions. " Peut-on comparer les époques ?", se demande Didier. " Ce que je peux dire, c'est que trois facteurs essentiels peuvent expliquer nos succès de l'époque. 1° Un remarquable entraîneur, AiméAnthuenis, qui savait comment il devait gérer son groupe. 2° Un groupe de joueurs solidaires, qui s'entendaient parfaitement, sur et en dehors du terrain. 3° Des joueurs capables de forcer la décision comme Koller et Radzinski, éventuellement WalterBaseggio sur un coup de patte. Le Polonais et le Tchèque étaient très complémentaires : le premier courait derrière tous les ballons perdus et le second ramassait tout de la tête, sans négliger son travail défensif. Derrière, on était solides également, grâce au boulot ingrat des YvesVanderhaeghe, GlenDeBoeck ou BertrandCrasson. J'ai continué à suivre les évolutions de mon club à la télévision. Lors du dernier match, le Betis Séville m'est apparu supérieur, techniquement et en rapidité d'exécution. On sentait que cette équipe évolue chaque week-end dans l'un des meilleurs championnats du monde. Mais j'ai, malgré tout, trouvé les critiques trop dures car le Sporting a livré une bonne prestation. Il a encaissé un but assassin au moment où il commençait à prendre le dessus. Ce facteur chance, que l'on ne peut pas négliger, constitue une différence avec le Sporting de l'an 2000. Cette campagne inoubliable avait été entamée par une cinglante défaite 5-1 à Manchester United. Cette saison, pour leur entrée en lice, les Bruxellois se sont inclinés 1-0 à Chelsea. Dans l'absolu, ils ont fait mieux. Et si l'envoi d' AnthonyVandenBorre avait heurté le poteau intérieur au lieu de revenir dans le jeu, ils auraient même pu revenir avec un point. Ensuite ? En 2000, on avait accueilli le PSV Eindhoven pour le deuxième match. Ce fut très mauvais de la part des deux équipes, mais on a gagné 1-0 avec un peu de chance. Souvenez-vous, aussi, du match contre la Lazio. On avait été enfoncés pendant 85 minutes, mais on a gagné 1-0 en toute fin de rencontre. Cette saison, le ballon ne roule pas pour les Mauves. Si NenadJestrovic avait trompé la vigilance du gardien espagnol après une minute de jeu, au lieu de voir son tir renvoyé par la barre transversale, on aurait assisté à un tout autre match ". Et l'équipe nationale ? " Anthuenis ne porte pas la moindre responsabilité dans l'échec des Diables Rouges. D'abord, comme il l'a souvent répété lui-même, il a souffert de l'absence de trop de joueurs clefs. Comme EmileMpenza, que j'estime personnellement très important ; WesleySonck, qui était le buteur attitré avant sa blessure ; ou encore BartGoor et EricDeflandre, suspendus pour une longue période. Trop de joueurs clefs se sont aussi retrouvés sur le banc dans leur club. Comme ThomasBuffel, relégué sur une voie de garage à Feyenoord avant de rejoindre les Glasgow Rangers. Or, on a besoin d'être dans le rythme à 100 % pour rivaliser avec des adversaires qui n'étaient tout de même pas les premiers venus. Aujourd'hui, beaucoup d'internationaux sont redevenus titulaires et MboMpenza a retrouvé la forme, mais c'est trop tard. A ceux qui affirment qu'Aimé Anthuenis aurait dû choisir d'autres joueurs, je réponds que le réservoir belge n'est pas aussi étendu. Et puis : c'est peut-être un cliché, mais il n'y a plus de petits pays. Les Pays-Bas ont partagé 2-2 en Macédoine et le Portugal a fait de même au... Liechtenstein. Alors, perdre des points contre la Lituanie ou la Bosnie-Herzégovine, c'est vrai que c'est regrettable, mais cela arrive à d'autres ". La dernière sélection de Dheedene remonte au déplacement en Egypte : le fameux 4-0 de février dernier de funeste mémoire : " Je n'avais pas joué, mais j'avais effectué le voyage. Si le futur sélectionneur m'appelle encore, je ne refuserai pas mais à 34 ans, je comprends parfaitement que j'ai fait mon temps ". Reste donc à se concentrer sur l'Austria Vienne, qui occupe actuellement la tête du classement du championnat d'Autriche : " Le titre est devenu un must après notre élimination au premier tour de la Coupe de l'UEFA, des £uvres du Viking Stavanger. Malgré notre première place, je n'oserais pas affirmer qu'on pratique un très beau football. En outre, l'équipe est minée par les blessures. Heureusement, on a un noyau de 24 ou 25 joueurs d'un niveau relativement équivalent, ce qui permet de compenser les absences. L'entraîneur PeterStögel applique le principe de la rotation et cela ne me plaît pas trop. J'estime qu'une bonne équipe doit s'appuyer sur des automatismes ". DANIEL DEVOS, ENVOYÉ SPÉCIAL à VIENNE